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Israël intensifie les opérations au Liban : un pont stratégique détruit et une invasion terrestre annoncée

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Trans Afrique

Israël intensifie les opérations au Liban en frappant le pont de Qasmiyeh et en annonçant l’élargissement de ses manœuvres terrestres pour les jours à venir. Le président libanais Joseph Aoun parle d’« escalade dangereuse » et de « prélude à une invasion ». Le commandement militaire israélien est sans ambiguïté : l’opération est de longue haleine.

Le pont de Qasmiyeh, premier acte d’une offensive annoncée

Dimanche 22 mars, quatre frappes israéliennes ont visé le pont de Qasmiyeh, dans le sud du Liban. Le pont, situé sur la principale route côtière reliant la région de Tyr au reste du pays, a été rendu impraticable. Des images de l’AFP ont montré de la fumée s’élever au-dessus du site après les impacts.

Les dégâts ne se limitent pas à la structure. Selon l’agence nationale d’information libanaise (Ani), les frappes ont également endommagé les réseaux électriques de la zone. Des commerces, des vergers et des parcs situés à proximité ont subi de graves dégâts.

Cette frappe s’inscrit dans une stratégie déjà engagée. Le mercredi précédent, l’armée israélienne avait annoncé la destruction de deux ponts sur le fleuve Litani, qui traverse le Liban à une trentaine de kilomètres de la frontière avec Israël. Le pont de Qasmiyeh porte à trois le nombre de ponts détruits sur cet axe en l’espace d’une semaine.

Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, avait formalisé l’objectif plus tôt dans la journée. Il a déclaré avoir ordonné de « détruire immédiatement tous les ponts au-dessus du fleuve Litani qui servent à des activités terroristes, afin d’empêcher le passage du Hezbollah et d’armes vers le sud ».

Israël intensifie les opérations au Liban : les annonces du commandement

Peu après les frappes sur Qasmiyeh, l’armée israélienne a officialisé l’élargissement de son action. Le porte-parole militaire, Effie Defrin, a indiqué que les opérations terrestres intensifiées débuteraient « dans la semaine ». « Nous commencerons à consolider notre emprise. Nous allons étendre notre contrôle sur le terrain et nos manœuvres pour empêcher des tirs directs », a-t-il précisé.

Le chef d’état-major, le lieutenant-général Eyal Zamir, a fixé le cadre stratégique. « L’opération contre l’organisation terroriste Hezbollah ne fait que commencer.« Il s’agit d’une opération de longue haleine et nous y sommes préparés », a martelé le chef d’état-major. Il a fixé une condition sans équivoque : « Nous n’arrêterons pas avant que la menace ne soit repoussée loin de la frontière et qu’une sécurité à long terme soit assurée aux habitants du nord d’Israël. »

Israël Katz a complété ces annonces sur un autre front. Le ministre a déclaré que l’armée allait aussi « accélérer la destruction des maisons libanaises dans les villages de contact » à la frontière, « afin de contrer les menaces qui pèsent sur les communautés israéliennes ». Selon l’Ani, des maisons ont déjà été détruites dans le village de Taybeh.

Un conflit ouvert depuis le 2 mars

Israël intensifie opérations Liban dans un contexte de guerre ouverte entre les deux pays, entamée début mars. Le Hezbollah est entré dans le conflit le 2 mars pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué lors des frappes israélo-américaines sur Téhéran.

Depuis cette date, Israël mène une campagne de frappes aériennes massives sur l’ensemble du territoire libanais. L’armée a également progressé au sol dans une zone tampon le long de la frontière.
Le bilan, en moins de trois semaines, dépasse le millier de morts et le million de déplacés.

Sur le terrain, les affrontements se poursuivent dans plusieurs localités du sud. Le Hezbollah a revendiqué des tirs contre des soldats israéliens à Khiam, ville frontalière en proie à des combats depuis plusieurs jours.

Le mouvement a également visé Maroun al-Ras et Marwahin. L’Ani a signalé des frappes israéliennes dans ces mêmes secteurs. L’agence a aussi rapporté des impacts à Naqoura, sur la côte, et dans la vallée de la Bekaa, à l’est du pays.

Le 8 mars, des tirs du Hezbollah ont tué deux soldats israéliens dans le sud du Liban, à proximité immédiate de la frontière.
Cette date marque l’une des premières pertes militaires israéliennes depuis l’ouverture du conflit.

Beyrouth condamne, Aoun parle de prélude à l’invasion

Le président libanais Joseph Aoun n’a pas tardé à réagir après la destruction du pont de Qasmiyeh. Il a « condamné le ciblage et la destruction par Israël d’infrastructures et d’installations vitales » du pays.

Dans un communiqué officiel, il a qualifié ces attaques d’« escalade dangereuse » et de « violation flagrante de la souveraineté du Liban ». Plus directement encore, il les a décrites comme « un prélude à une invasion terrestre ».

Ces déclarations ont précédé de peu l’annonce officielle par l’armée israélienne de l’intensification de ses opérations. La séquence — frappe, condamnation, confirmation — illustre la rapidité avec laquelle le conflit évolue sur le terrain diplomatique comme militaire.

Première victime civile israélienne depuis le début de la guerre

Dimanche, les services de secours israéliens ont annoncé la mort d’un civil près de la frontière nord. « Deux véhicules se sont entièrement embrasés après un impact direct dans le kibboutz de Misgav Am : les pompiers ont dégagé une victime décédée sur les lieux », ont-ils précisé.

Il s’agit de la première victime civile côté israélien sur la frontière nord depuis l’ouverture du conflit début mars. Le Hezbollah a revendiqué avoir ciblé des soldats dans ce secteur. L’armée israélienne a ouvert une enquête pour déterminer si ce décès est lié à un tir de ses propres soldats ou à une frappe du mouvement chiite.

Conséquences et suite attendue : une semaine décisive

L’annonce d’une intensification terrestre « dans la semaine » constitue un tournant. Jusqu’ici, les avancées israéliennes au sol restaient concentrées dans la zone tampon frontalière. L’élargissement annoncé du contrôle « sur le terrain » va au-delà de ce périmètre.

La destruction systématique des ponts au-dessus du Litani poursuit un objectif logistique précis : couper les axes d’approvisionnement du Hezbollah dans le sud. Cette stratégie, combinée aux destructions de maisons dans les villages frontaliers libanais, dessine une pression militaire croissante sur une zone déjà fortement éprouvée.

Le président Aoun a interprété ces évolutions comme le signe d’une invasion imminente. Aucune médiation diplomatique n’avait été annoncée au moment de la publication de cet article. Le lieutenant-général Zamir l’a posé en termes clairs : l’opération est « de longue haleine ». Le commandement israélien dit y être « préparé ». Au Liban, le bilan humain et matériel continue de s’alourdir.

Source : Agence France-Presse

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