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Femmes battantes : Du commerce de rue à la beauté esthétique

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Trans Afrique

À quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes, portraits croisés de deux Camerounaises évoluant dans le secteur informel, issues de générations différentes mais unies par une même volonté : gagner dignement leur vie grâce au travail.

À première vue, tout semble opposer mama Ngassa Marie-Thérèse et Sifoora Grasse.
L’une vend des beignets dans deux petits sceaux au bord de la route dès l’aube. L’autre reçoit ses clientes sur rendez-vous obtenus via WhatsApp. Pourtant, derrière ces réalités différentes se cache une même détermination : atteindre l’autonomie financière.

Installée à un carrefour, lieu dit « Jardin Logbaba », Mama Ngassa tire ses revenus de la vente de beignets de maïs et de manioc.  Cette maman de deux enfants nous confie  que chaque nuit elle se réveille à 2 heures du matin pour préparer sa marchandise avant de rejoindre son point de vente au lever du jour.

Ce commerce lui permet d’assurer les besoins quotidiens de ses enfants et d’éviter le recours aux crédits alimentaires chez le boutiquier du quartier. Lorsque les ventes sont bonnes, elle peut rentrer chez elle avant la mi-journée. Malgré la modestie des revenus, elle contribue également aux dépenses familiales aux côtés de son époux, ouvrier dans une usine locale.

Son ambition est de disposer d’un stock permanent de matières premières à savoir sacs de maïs et manioc, huile de palme, afin de stabiliser son activité.

Alors que certaines femmes, comme Ngassa, continuent de vivre du commerce de proximité, d’autres se tournent vers les métiers de services et le numérique. Cela montre comment l’entrepreneuriat féminin évolue au Cameroun.

À seulement 20 ans, Sifoora Grasse représente une autre facette de l’entrepreneuriat féminin. Prothésiste ongulaire qui vit au quartier « Bois des singes »  à Douala, elle a lancé son activité après une formation suivie en juin 2025. Son investissement initial avoisinait 170 000 francs CFA, consacré à l’achat du matériel professionnel.

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Contrairement au commerce traditionnel, sa clientèle provient presque entièrement des réseaux sociaux. WhatsApp constitue son principal outil de promotion et de prise de rendez-vous. « Gagner mon propre argent représente l’indépendance », explique la jeune fille entrepreneure, qui parvient aujourd’hui à subvenir seule à ses besoins.

Si Mama Ngassa affronte la fatigue physique et l’instabilité des ventes, Sifoora fait face à une forte concurrence et à la dévalorisation des prix dans son secteur. Toutes deux s’accordent toutefois sur un point, celui de la réussite exige patience et discipline.

Pour la jeune prothésiste, chaque femme devrait apprendre un métier manuel afin de réduire sa vulnérabilité économique. De son côté, la vendeuse de beignets insiste sur la ténacité nécessaire pour survivre dans le petit commerce. Au-delà des différences d’âge et d’activité, ces deux parcours illustrent l’autonomie économique des femmes au Cameroun, du petit commerce de rue aux services portés par le numérique.

Mama Ngassa rêve de développer son commerce. Sifoora quant à elle ambitionne d’ouvrir un « beauty bar » et de former d’autres jeunes filles. Deux trajectoires distinctes, mais une même aspiration : bâtir un avenir sans dépendre de personne.

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