La décision de la Confédération africaine de football de retirer le titre 2025 au Sénégal continue de provoquer de vives réactions. parmi elles, celles de la légende camerounaise Roger Milla et du président Patrice Motsepe. Entre indignation et défense institutionnelle, le débat s’intensifie.
La décision rendue le 17 mars dernier par la Commission d’Appel de la Caf n’en finit pas de faire réagir. En retirant le titre de champion d’Afrique 2025 au Sénégal pour l’attribuer au Maroc, l’instance a déclenché une vague d’indignation sur le continent. Dans plusieurs pays, anciens joueurs, observateurs et supporters dénoncent une mesure jugée inédite et incompréhensible.
Parmi les voix les plus critiques figure Roger Milla. L’ancienne gloire du football africain n’a pas mâché ses mots. Il parle d’une décision « honteuse » et totalement inédite. Selon lui, une telle mesure fragilise la crédibilité de la Coupe d’Afrique des nations. Il s’interroge aussi sur les conséquences concrètes. « Que fait-on avec les médailles ? On les redonne ? C’est une façon de demander aux footballeurs de ne plus accorder de considération à la Can. Ça ne s’est jamais fait ! »
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Réponse officielle
Face à la polémique, le président de la Caf, Patrice Motsepe, a pris la parole. Il reconnaît d’emblée sa « profonde déception » face aux incidents ayant marqué la finale. Selon lui, ces événements compromettent les efforts menés pour renforcer l’intégrité et la crédibilité du football africain.
Il insiste toutefois sur un point essentiel, l’indépendance des organes judiciaires. La divergence entre la Commission de discipline et la Commission d’appel est, selon lui, la preuve d’un fonctionnement autonome. Il rappelle que ces instances sont composées de juristes reconnus, issus de toutes les régions du continent. « « L’élément le plus important concernant ce qui s’est produit lors de ce match est que cela compromet le travail considérable accompli par la Caf pendant de nombreuses années pour garantir l’intégrité, le respect, l’éthique, la bonne gouvernance ainsi que la crédibilité des résultats de nos matches de football. Les événements et incidents survenus lors de la finale de la Can Maroc 2025 mettent en lumière le travail qu’il reste à accomplir face aux soupçons et au manque de confiance. Il s’agit d’un héritage du passé.
Lorsque je suis devenu président, l’une des préoccupations majeures concernait l’impartialité, l’indépendance et le respect des arbitres ainsi que des commissaires de match et beaucoup de progrès importants ont été réalisés, mais il subsiste encore une certaine méfiance en raison de cet héritage. C’est une problématique qui existe depuis de très nombreuses années et que nous continuons de traiter car cela est essentiel. Un autre point important mis en évidence par les incidents de cette finale concerne l’indépendance et le respect de nos instances judiciaires », déclare Patrice Motsepe.
« La Caf est engagée à garantir la qualité de ses actions »
Dans la sélection des membres de nos instances judiciaires, nous avons adopté une approche différente, distincte de celle qui prévalait auparavant. Nous avons invité chaque association membre ainsi que chacune des six zones régionales de la Caf à proposer des noms de juges reconnus et d’avocats respectés, car il est essentiel que les décisions de notre Commission de discipline, la Commission de discipline de la Caf, ainsi que celles de la Commission d’Appel de la Caf soient perçues avec le respect et l’intégrité qui sont fondamentaux pour nous. Ainsi, si vous examinez la composition de ces instances, vous constaterez qu’elles regroupent certains des juristes et magistrats les plus respectés du continent ».
Patrice Motsepe poursuit: Nous devons encore continuer à traiter les perceptions et les préoccupations liées à l’intégrité. Il s’agit d’un travail de longue haleine. À la Caf, nous sommes très clairement pleinement engagés à garantir non seulement la qualité de nos actions, car nous avons mis en place les meilleures pratiques, mais aussi à identifier des juges et des avocats issus de chaque région, de chaque zone et des 54 pays africains afin de nous assurer qu’il s’agit de personnes intègres disposant d’une expérience reconnue.
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« Nous respecterons la décision du Tas »
L’indépendance se reflète également dans les décisions prises par les deux instances. La Commission de Discipline de la Caf a rendu une décision. La Commission d’Appel de la Caf a adopté une position totalement différente. J’ai également été informé que le Sénégal envisage de faire appel, ce qui est très important. Chacune des 54 nations africaines a le droit d’exercer les recours nécessaires pour défendre ses intérêts. Non seulement au plus haut niveau en Afrique, au sein de la Caf. Mais également devant la plus haute juridiction, le Tribunal Arbitral du Sport. Et nous nous conformerons et respecterons la décision qui sera prise au plus haut niveau.
Un principe essentiel est qu’aucun pays africain ne sera traité d’une manière plus privilégiée. Plus avantageuse ou plus favorable qu’un autre pays du continent africain. Nous prenons très au sérieux ce qui s’est produit lors de la finale disputée au Maroc pendant la TotalEnergies Caf Coupe d’Afrique des Nations, Maroc 2025. Nous avons déjà engagé des mesures importantes afin de veiller à ce que les domaines identifiés comme présentant des insuffisances et nécessitant des améliorations fassent l’objet des réformes nécessaires ». conclut Patrice Motsepe.
Au-delà de l’émotion, c’est la portée symbolique qui inquiète. Pour plusieurs observateurs, cette décision pourrait durablement entamer la valeur sportive de la Can. Elle introduit un précédent qui pourrait peser sur les futures compétitions.
















