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Visite pape Léon XIV en Guinée équatoriale : le gouvernement nie tout prélèvement sur salaire

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La visite pape Léon XIV en Guinée équatoriale, prévue en avril, a déclenché une polémique. Le gouvernement de Malabo a publié vendredi un communiqué pour démentir des déductions imposées aux fonctionnaires. Des témoignages recueillis par l’Agence France-Presse dressent pourtant un tableau contraire.

La visite pape Léon XIV au cœur d’une controverse officielle

Le gouvernement de Guinée équatoriale a réagi vendredi 27 mars 2026. Un communiqué officiel dément formellement tout prélèvement de fonds sur les salaires des fonctionnaires.Ces prélèvements auraient servi à financer les préparatifs de la venue papale, attendue en avril.

La visite pape Léon XIV est présentée par Malabo comme un moment historique pour le pays. Ce mot, « historique », figure dans le communiqué officiel. Les préparatifs mobilisent les administrations depuis plusieurs semaines.

Des témoignages rassemblés par l’AFP contredisent la version officielle. Plusieurs fonctionnaires et étudiants affirment avoir subi des déductions financières. Ces déclarations ont été recueillies indépendamment auprès de victimes directement concernées.

L’AFP a collecté ces informations directement auprès des personnes touchées. Fonctionnaires et étudiants ont témoigné séparément. Leurs récits concordent sur les deux pratiques dénoncées : prélèvements sur salaire et achat de tenues imposé.

Des prélèvements sur salaires et des tenues imposées aux fonctionnaires

L’Agence France-Presse a recueilli plusieurs témoignages concordants. Ils décrivent deux pratiques distinctes : des déductions sur les salaires de fonctionnaires et l’achat forcé de tenues à l’effigie du pape. Des étudiants de l’université et des employés de l’État sont directement concernés.

Ces pratiques ont « provoqué l’indignation chez les victimes », selon les informations de l’AFP. Les personnes touchées ont témoigné de pressions institutionnelles pour participer financièrement à l’événement. Aucune d’entre elles n’a souhaité s’exprimer publiquement.

Les témoignages ne précisent pas les montants exacts. L’AFP mentionne des « différentes sommes » déduites sans consentement. Si ces faits se confirment, les agents auraient financé de force un événement d’État.

Les tenues imposées portent l’effigie du pape Léon XIV. Leur achat aurait été présenté comme obligatoire auprès des étudiants de l’université. Cette mesure s’ajoute aux prélèvements salariaux pour alimenter la polémique.

Les préparatifs ont ainsi généré une tension entre discours officiel et vécu des agents concernés. D’un côté, des fonctionnaires et des étudiants témoignent de contraintes financières. De l’autre, un gouvernement affirme un enthousiasme populaire spontané.

Contexte : un régime autoritaire en place depuis 1979

La Guinée équatoriale est un pays d’Afrique centrale. Teodoro Obiang Nguema Mbasogo le dirige depuis 1979. Il dirige le pays d’une main autoritaire et tolère peu la liberté d’expression.

Ce contexte politique pèse sur la circulation d’une information indépendante. Les fonctionnaires et étudiants qui ont témoigné auprès de l’AFP l’ont fait sans vouloir s’exposer publiquement. Dans un pays peu enclin à la liberté d’expression, toute parole critique comporte des risques réels.

La structure du pouvoir est marquée par une dimension familiale. Teodoro Nguema Obiang Mangue, vice-président, est le fils du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Ce lien père-fils structure le sommet de l’exécutif équatoguinéen.

C’est dans ce cadre que la polémique sur les prélèvements prend toute sa portée. Les sources de l’AFP ont pris un risque mesuré en témoignant. Leur indignation était suffisamment forte pour les décider à parler malgré tout.

Le gouvernement a choisi de répondre par un communiqué publié le jour même. Le vice-président a prolongé ce démenti sur le réseau social X. Ces deux réponses simultanées illustrent l’importance accordée à la maîtrise du récit autour de la visite pape Léon XIV.

Réactions et citations : le gouvernement et le vice-président démentent

Le communiqué gouvernemental est explicite. Il affirme que les informations publiées « ne reflètent pas avec précision la réalité des préparatifs en cours pour la visite historique de Sa Sainteté le pape Léon XIV ». Le texte ne laisse aucune ambiguïté.

Malabo dresse un tableau radicalement différent. Selon les autorités, la « population participe activement aux préparatifs, accueillant avec enthousiasme et profonde émotion la prochaine arrivée de Sa Sainteté, dans un climat de respect, d’unité, d’espoir et de coexistence pacifique ». Cette description contraste directement avec les témoignages recueillis par l’AFP.

Ces deux versions s’opposent de façon irréductible. Les témoignages décrivent l’indignation de victimes. Le gouvernement affirme un élan populaire spontané et unanime.

Sur le réseau social X, le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue a renforcé le démenti. Dans un message public, il a qualifié les informations sur les prélèvements de « fausse ». Cette prise de position directe illustre la sensibilité politique de la controverse.

La mobilisation d’un communiqué officiel et d’une déclaration du vice-président souligne l’enjeu de la visite pour les autorités. Deux niveaux de l’exécutif ont répondu le même jour. Aucun des deux n’a apporté de preuves documentaires pour appuyer son démenti.

Conséquences et suite attendue : la visite pape Léon XIV confirmée en trois étapes

Malgré la polémique, le programme officiel de la visite reste inchangé. Le pape Léon XIV séjournera trois jours en Guinée équatoriale. Son itinéraire couvre trois villes : Malabo, Mongomo et Bata.

Le 21 avril, le pape sera à Malabo, la capitale. Il rencontrera des représentants du monde de la culture ainsi que des travailleurs d’un hôpital psychiatrique. La journée s’achèvera par une réunion privée avec les évêques équatoguinéens.

Le 22 avril, le pape quittera la capitale pour Mongomo, dans l’est du pays. Il y visitera un centre de formation qui porte le nom du pape François, son prédécesseur décédé en 2025. Cette étape constitue un hommage à l’ancien pontife.

Depuis Mongomo, le pape Léon XIV rejoindra Bata, sur la côte atlantique. Deux moments y sont prévus : une visite auprès des détenus de la prison locale, puis un recueillement devant le monument dédié aux victimes d’une explosion de caserne. Cette catastrophe, survenue le 7 mars 2021, avait coûté la vie à 108 personnes.

Ce geste mémoriel clôture l’itinéraire officiel. La visite pape Léon XIV mêle ainsi rencontres institutionnelles, présence auprès des détenus et hommage aux victimes d’une catastrophe. Son programme de trois jours embrasse des réalités très diverses du pays.

Source : Agence France-Presse

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