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Trump hésite à frapper l’Iran : tensions maximales et incertitude stratégique à Washington

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Sous pression internationale et alors que Trump hésite à frapper l’Iran, la tension grimpe au Moyen-Orient. Le président américain affiche son mécontentement envers Téhéran mais retarde toujours une décision sur d’éventuelles frappes. Pendant ce temps, Washington évacue une partie de son personnel diplomatique et les négociations s’enlisent, tandis que les capitales étrangères redoutent un embrasement régional.

Trump menace, mais ne tranche pas

Donald Trump laisse planer l’incertitude. Vendredi, le président américain a exprimé sa frustration envers l’Iran, tout en assurant n’avoir pris « aucune décision finale » sur d’éventuelles frappes militaires. Une ambiguïté calculée, alors que les États-Unis renforcent massivement leur présence au Moyen-Orient et recommandent à une partie de leur personnel diplomatique de quitter Israël.

« Je ne suis pas content quant au fait qu’ils (les Iraniens) ne veulent pas nous donner ce que nous devons avoir », a déclaré Donald Trump devant des journalistes. Il a ajouté « ne pas être très content de la manière des Iraniens de négocier », au lendemain d’une troisième session de pourparlers à Genève sous médiation omanaise.

Pourtant, malgré ce ton dur, il temporise. « Nous n’avons pas pris une décision finale », insiste-t-il. Une phrase qui maintient la tension, alors que Washington déploie dans la région son dispositif militaire le plus important depuis des décennies.

En parallèle, les États-Unis ont recommandé vendredi au personnel non essentiel de leur ambassade à Jérusalem de quitter Israël, invoquant « des risques pour leur sécurité » et précisant que cette mesure s’applique « tant que des vols commerciaux sont disponibles ».

Le secrétaire d’État Marco Rubio doit se rendre lundi en Israël, frappé en juin par l’Iran en représailles d’une attaque israélienne sur son territoire, a confirmé le département d’État.

Dans ce climat électrique, deux porte-avions américains, dont le Gerald Ford, le plus grand au monde, ont été dépêchés dans la région. Le navire est attendu au large d’Israël après avoir quitté la Crète jeudi.

Un Moyen-Orient sous tension

Sur le terrain, la nervosité est palpable. À Téhéran, les habitants oscillent entre défiance et inquiétude. Hamid Beiranvand, employé de 42 ans, affirme qu’« il ne faut faire aucune concession » aux Américains, même s’il dit préférer éviter la guerre et souhaite la levée des sanctions internationales qui étranglent l’économie iranienne.

Ali Bagheri, 34 ans, partage ce désir d’« ouverture économique ». Mais il se montre pessimiste : « Avec les demandes américaines, je ne pense pas qu’on parviendra à un résultat. »

Les exigences de Washington restent inchangées. Les États-Unis accusent l’Iran — qui dément — de vouloir se doter de l’arme nucléaire. Ils réclament une interdiction totale de l’enrichissement d’uranium, ce que Téhéran refuse catégoriquement, invoquant son droit au nucléaire civil. Washington veut également limiter le programme balistique iranien, un sujet que l’Iran exclut d’aborder.

Vendredi, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a appelé les États-Unis à éviter « toute exigence excessive ». Une mise en garde qui tranche avec l’optimisme qu’il affichait la veille à l’issue des pourparlers.

Les inquiétudes dépassent largement les frontières iraniennes. Le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, Volker Türk, s’est dit « extrêmement inquiet du risque d’escalade militaire régionale ».

La Chine a conseillé à ses ressortissants de quitter l’Iran « dès que possible ». Londres a annoncé le retrait de son personnel diplomatique du pays, avant de déplacer certains agents hors de Tel-Aviv face au risque d’une aggravation « rapide » de la situation. Berlin a déconseillé « de toute urgence » à ses ressortissants de se rendre en Israël. Turkish Airlines a annulé ses vols de vendredi soir vers Téhéran.

Des négociations fragiles, un compte à rebours lancé

Malgré la montée des tensions, Oman, médiateur clé, continue d’afficher un certain optimisme. Jeudi, Mascate évoquait « des progrès significatifs » dans les discussions. Abbas Araghchi parlait lui aussi de « très bons progrès ».

Une nouvelle session doit se tenir « très bientôt », après des discussions « entre équipes techniques » prévues lundi à Vienne, en présence d’« experts » de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Vendredi, le chef de la diplomatie omanaise, Badr al-Busaidi, a même assuré sur X que « la paix est à portée de main », affirmant s’être entretenu à Washington avec le vice-président JD Vance.

Mais le temps presse. Le 19 février, Donald Trump a donné un ultimatum de « 10 à 15 jours » pour décider si un accord était possible ou s’il recourrait à la force. Le compte à rebours est désormais bien engagé.

Les deux pays avaient repris des pourparlers l’an dernier, après une interruption provoquée par la guerre israélo-iranienne de douze jours en juin, conflit auquel Washington s’était brièvement joint.

Les tensions actuelles trouvent aussi leur origine dans la répression sanglante, en janvier, d’un vaste mouvement de contestation en Iran. Donald Trump avait alors promis de venir « en aide » aux manifestants.

Une région au bord de l’embrasement

L’ensemble dessine un tableau instable : négociations fragiles, ultimatum américain, déploiement militaire massif, évacuations diplomatiques, inquiétudes internationales. Chaque acteur avance avec prudence, mais la marge d’erreur se réduit.

Washington veut maintenir la pression sans déclencher une guerre ouverte. Téhéran refuse de céder sur ses lignes rouges. Les alliés occidentaux se préparent au pire. Les populations, elles, oscillent entre peur et résignation.

Dans ce contexte, la phrase de Donald Trump — « Nous n’avons pas pris une décision finale » — sonne autant comme une menace que comme une porte entrouverte. Une manière de maintenir l’Iran sous pression tout en laissant une chance aux négociations.

Mais le temps joue contre la diplomatie. Et chaque jour qui passe rapproche un peu plus la région d’un point de rupture.

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