pixel

Trafic maritime dans le détroit d’Ormuz : 95% de chute depuis le blocus iranien

Date:

Pages jaunes
Trans Afrique

Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz s’est effondré depuis que les forces iraniennes ont fermé ce passage stratégique dans le cadre du conflit israélo-palestinien. Les frappes américano-israéliennes contre l’Iran du 28 février ont déclenché le conflit et provoqué le blocage de cette artère commerciale mondiale. En dix-neuf jours, seules 116 traversées ont été enregistrées sur ce détroit de 167 kilomètres qui assurait, en temps de paix, le transit d’un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Trafic maritime dans le détroit d’Ormuz : une paralysie quasi totale en chiffres

Les données compilées par la société d’analyse Kpler dressent un constat sans appel. Entre le 1er et le 19 mars, les transporteurs de marchandises n’ont effectué que 116 traversées du détroit d’Ormuz. Ce volume représente une baisse de 95% par rapport aux niveaux enregistrés en temps de paix.

Cette chute brutale traduit directement l’ampleur du blocage imposé par les forces iraniennes. Depuis le 28 février, la voie commerciale longue de 167 kilomètres est largement fermée aux navires commerciaux étrangers. Le conflit a été déclenché par les frappes américano-israéliennes contre l’Iran à cette date.

Sur les 116 traversées recensées, 71 ont été réalisées par des pétroliers. Plus de la moitié de ces navires transportaient une cargaison au moment du passage, d’après les mêmes données de Kpler. La grande majorité naviguait vers l’est, en direction du détroit.

En temps de paix, ce passage assurait le transit d’un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux. L’effondrement actuel du trafic maritime détroit Ormuz se mesure directement à ce chiffre de référence.

Pavillons iraniens, grecs et chinois : qui circule encore

La composition du trafic résiduel reflète les équilibres géopolitiques en jeu. Les navires iraniens dominent le trafic résiduel. La majorité des bâtiments qui franchissent encore le détroit sont iraniens ou battent pavillon iranien. C’est Bridget Diakun, analyste chez Lloyd’s List Intelligence, qui l’affirme.

Quelques autres pavillons parviennent malgré tout à circuler. Les navires grecs représentaient 18% des traversées enregistrées ces derniers jours. Les navires chinois en assuraient 10%, a précisé Bridget Diakun lors d’un point presse jeudi.

Lors de la conférence de presse, Richard Meade, rédacteur en chef de Lloyd’s List, a listé les navires encore en mouvement. « Le trafic est principalement assuré par des vraquiers, des pétroliers et des porte-conteneurs. » Il a aussi relevé « une légère augmentation du nombre de méthaniers en circulation la semaine dernière ».

Le bilan d’ensemble reste sévère. « Bien que l’Iran continue de contrôler le détroit et d’exporter son pétrole, le trafic reste globalement au point mort », a résumé Richard Meade.

Un trafic maritime dans le détroit d’Ormuz aux mains des flottes sanctionnées

Le profil juridique des navires en circulation révèle une dimension supplémentaire du problème. Depuis le début du conflit, des sanctions américaines, européennes ou britanniques frappent plus d’un tiers des navires qui transitent par le détroit. Ce constat ressort d’une analyse des données de passage réalisée par l’AFP.

Pour les pétroliers et les méthaniers spécifiquement, la proportion dépasse la moitié. Ces navires spécialisés dans les hydrocarbures circulent donc majoritairement sous régimes de sanctions.

Depuis le 16 mars, la tendance s’est encore accentuée. « Tout navire se dirigeant vers l’ouest appartient à la flotte parallèle, qu’il s’agisse de méthaniers ou de pétroliers… ils dominent largement le trafic », a expliqué Bridget Diakun lors du point presse de Lloyd’s.

La « flotte parallèle » regroupe les navires qui opèrent hors des circuits commerciaux officiels. Ces navires évitent les régimes de sanctions occidentaux. Ils naviguent dans l’opacité.Sa domination progressive illustre la fermeture effective du détroit aux acteurs commerciaux conventionnels.

Ce que disent les experts du secteur maritime

Les cabinets d’analyse maritime multiplient les points de situation pour documenter une crise en évolution rapide. Lloyd’s List a confirmé jeudi que certains navires bénéficiaient d’un transit conditionné par les autorités iraniennes.

Au moins neuf navires ont emprunté un « couloir » apparemment approuvé par l’Iran, situé près de l’île de Larak, au large des côtes iraniennes.

Les autorités iraniennes ont inspecté ces navires avant de les laisser poursuivre leur route, selon Lloyd’s List.

Le cabinet de conseil maritime Clarksons l’a confirmé dans une note. Certains navires transitent avec l' »approbation » de l’Iran. Ces navires empruntent un itinéraire inhabituellement proche des côtes iraniennes. Les navires indiens et pakistanais sont particulièrement concernés.

La banque JPMorgan a publié lundi un rapport sur les flux énergétiques dans le détroit. La destination est claire. La majeure partie du pétrole qui traverse encore le détroit file vers l’Asie. La Chine en est le principal destinataire, selon les analystes des matières premières de JPMorgan.

Pétrole iranien et négociations diplomatiques : les enjeux d’une crise mondiale

Le pétrole en transit est quasi exclusivement d’origine iranienne. Selon les analystes de JPMorgan, 98% du trafic pétrolier observable dans le détroit provient d’Iran. Le volume atteignait une moyenne de 1,3 million de barils par jour au début du mois de mars.

La Chine est le premier importateur mondial de pétrole. Le blocage du détroit la frappe donc de plein fouet. Ses grands pétroliers sont immobilisés dans la région. Cichen Shen, rédacteur en chef Asie-Pacifique chez Lloyd’s List, a trouvé des indices en ligne : Pékin travaille sur un plan de sortie.

Les négociations diplomatiques s’intensifient. Chine, Inde, Pakistan, Irak, Malaisie : plusieurs gouvernements ont engagé des discussions directes avec Téhéran. Objectif commun — coordonner le passage de leurs navires avec les Gardiens de la révolution iraniens. C’est Richard Meade, rédacteur en chef de Lloyd’s List, qui le confirme.

L’Iran conserve la maîtrise totale des accès au détroit. Téhéran maintient ses exportations pétrolières, conditionne chaque autorisation de transit et impose ses inspections aux navires souhaitant franchir le passage.

Les grandes puissances consommatrices ont ouvert des négociations directes avec les Gardiens de la révolution. L’objectif est simple : garantir leurs approvisionnements en énergie. Aucun intermédiaire. Téhéran fixe les conditions.

Source : Agence France-Presse

- Pub -
Pages jaunes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Partager :

spot_imgspot_img

Populaires

Dans la même catégorie
Associé

Moyen-Orient renforce la Chine face aux États-Unis à l’approche du sommet Xi-Trump reporté

Le Moyen-Orient renforce la Chine dans sa rivalité directe...

Guerre Iran Golfe Persique : l’escalade atteint les infrastructures énergétiques mondiales

La guerre Iran Golfe Persique a franchi un nouveau...

Impasse militaire en Iran : Washington et Israël face à une guerre sans sortie

L'impasse militaire en Iran s'impose trois semaines après le...