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Sénégal et les emprunts secrets démentis : Dakar conteste les révélations du Financial Times sur 650 millions d’euros

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Trans Afrique

Le gouvernement sénégalais a publié mardi soir un démenti officiel face aux révélations du Financial Times. Le quotidien britannique affirmait que le Sénégal avait discrètement contracté 650 millions d’euros en 2025 auprès de deux institutions financières internationales, sans divulgation publique. Au Sénégal les emprunts secrets démentis surviennent dans un contexte de finances publiques sous pression extrême.

Le Financial Times met en cause deux prêts non divulgués

Le Financial Times a publié lundi une information qui a immédiatement mis Dakar sous pression. Selon le journal, le Sénégal a discrètement emprunté des centaines de millions de dollars à des institutions financières internationales en 2025. Ces transactions n’auraient pas été portées à la connaissance du public.

La publication de ces révélations intervient dans un contexte particulièrement sensible. Le pays traverse une période de turbulences financières sévères. Les craintes d’un défaut de paiement avaient plané sur le Sénégal au début de l’année, avant que Dakar n’honore une échéance importante mi-mars.

Ces allégations touchent directement la crédibilité du gouvernement en place depuis avril 2024. Ce même gouvernement accuse l’ex-président Macky Sall, dont le mandat a duré de 2012 à 2024, d’avoir dissimulé les véritables données budgétaires du pays. Se retrouver à son tour accusé de manque de transparence constitue un revers politique et financier significatif.

Le Sénégal et les emprunts secrets démentis : deux opérations au cœur de la controverse

Deux transactions précises sont au centre du dossier révélé par le Financial Times. La première a été conclue en mai 2025 avec Africa Finance Corporation, institution financière panafricaine dont le siège est au Nigeria. Cet accord a permis au Sénégal de mobiliser jusqu’à 350 millions d’euros.

La seconde opération a suivi en juin 2025. Dakar a signé un accord distinct avec First Abu Dhabi Bank, banque émiratie établie à Abou Dhabi. Ce prêt porte sur 300 millions d’euros supplémentaires. Les deux contrats arrivent à échéance en 2028, selon le Financial Times.

Le total de ces deux opérations atteint 650 millions d’euros. Ces fonds ont permis au Sénégal de disposer de liquidités pour faire face à ses obligations financières et aux charges courantes de fonctionnement de l’État.

Des « swaps » : des instruments financiers complexes et peu transparents

Ces deux prêts ne prennent pas la forme d’emprunts obligataires classiques. Ils sont structurés comme des « swaps », outils financiers complexes et peu transparents par nature. Ce mécanisme accorde au créancier une priorité de remboursement en cas de défaillance de l’emprunteur.

Le recours à ces instruments soulève des questions légitimes sur la lisibilité de la dette sénégalaise. Un swap n’apparaît pas nécessairement dans les données agrégées de la dette publique présentées aux marchés. Cette opacité structurelle justifie en partie les interrogations du Financial Times.

Le taux d’intérêt appliqué à ces deux opérations s’établit à 7,1 %. Dakar défend ce niveau comme « beaucoup plus avantageux » que les conditions disponibles sur les marchés financiers internationaux, où les emprunteurs africains font face à des marges élevées.

Dakar réfute et revendique la conformité aux règles de marché

Le ministère des Finances sénégalais a réagi mardi soir par un communiqué officiel. Les autorités affirment que ces opérations « s’inscrivent dans le cadre de la stratégie de diversification des sources et des instruments de mobilisation des ressources ». Aucune irrégularité n’est reconnue.

Le gouvernement rejette également l’accusation de dissimulation. Ces transactions ont été conduites, selon Dakar, « conformément aux règles de transparence du marché ». Le démenti est sans équivoque sur ce point.

Ces Sénégal emprunts secrets démentis illustrent cependant l’écart entre la communication officielle et la perception des marchés. Dakar doit aujourd’hui justifier publiquement des opérations que le Financial Times qualifie de non divulguées. Cette situation révèle une fragilité de communication autour de la gestion de la dette publique.

Un héritage financier lourd et contesté

Pour comprendre la situation actuelle, il faut remonter au changement de gouvernement d’avril 2024. Les autorités accusent l’ex-président Macky Sall d’avoir dissimulé les véritables données budgétaires et d’endettement du pays. Cette accusation a conduit à une révision profonde des indicateurs économiques officiels.

Le déficit budgétaire affiché atteint désormais près de 14 % du PIB selon les nouvelles données. La dette du secteur public et parapublic est estimée provisoirement à 132 % du PIB à fin 2024. Ces chiffres représentent un niveau d’endettement considérable.

Ils justifient la nécessité pour le gouvernement de trouver des sources de financement diversifiées. Rembourser une dette colossale tout en assurant les dépenses courantes de l’État impose une recherche active de liquidités. Les deux swaps révélés par le Financial Times s’inscrivent dans cette logique, selon Dakar.

Une note dégradée et un FMI toujours en attente

Les conséquences sur la notation souveraine du Sénégal sont directes et documentées. L’agence Standard & Poor’s a abaissé d’un cran la note de la dette à long terme du pays en novembre. La notation atteint désormais « CCC+ ». S&P motive cette décision par des « finances précaires ».

Cette dégradation alourdit encore les conditions d’accès aux marchés. Les investisseurs institutionnels considèrent tout emprunteur noté « CCC+ » comme un débiteur à très haut risque. Des marges d’intérêt élevées s’appliquent en conséquence, ce qui alourdit le coût global de la dette.

Malgré ces pressions, le Sénégal a réussi à honorer mi-mars une échéance internationale de 471 millions de dollars. Cette performance a temporairement dissipé les craintes d’un défaut de paiement exprimées par plusieurs observateurs économiques dans les semaines précédentes.

Le Sénégal et les emprunts secrets démentis : l’enjeu décisif des négociations avec le FMI

Du côté du Fonds monétaire international, la situation reste suspendue. L’institution a gelé son programme d’aide de 1,8 milliard de dollars, soit 1,6 milliard d’euros, conclu en 2023. Le FMI attend des réponses et des engagements fermes des nouvelles autorités sénégalaises avant tout déblocage.

Des négociations en vue d’un nouveau programme ont débuté mi-octobre. Plusieurs visites d’experts du FMI au Sénégal ont permis d’examiner l’état réel des finances publiques. L’issue de ces discussions reste ouverte à ce stade.

Le gouvernement maintient une position ferme sur la restructuration de la dette. Se réclamant du souverainisme, l’exécutif sénégalais exclut toute restructuration, une solution pourtant préconisée par de nombreux experts. Cette ligne limite les options disponibles pour alléger le poids de la dette dans les années à venir.

L’issue des négociations avec le FMI reste déterminante pour la stabilité financière du pays. Un nouveau programme d’aide conditionnerait l’accès à des financements concessionnels essentiels. Les Sénégal emprunts secrets démentis de ce mardi soir rappellent que la gestion de cette crise demeure au cœur des tensions entre Dakar et ses partenaires financiers internationaux.

Source : Agence France-Presse

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