SM Aboubakary Abdoulaye a été élu président de la chambre haute avec un suffrage valablement exprimé de 100 % de voix.
Celui élu au Sénat avec un suffrage exprimé de 100 % est un vieux routier de la politique. Aboubakary Abdoulaye accède ainsi à la tête de la chambre haute, au terme d’un parcours captivant qui mêle autorité traditionnelle. Expérience administrative et long compagnonnage institutionnel.
Issu d’une grande lignée peule, ce chef traditionnel est né le 21 décembre 1961 dans la région du Nord. Le fils du lamido de Rey Bouba a passé son enfance dans un univers. Où l’autorité traditionnelle structure la vie sociale et politique. C’est à la faveur du décès de son frère qu’il accède en 2006 au trône.
Figure majeure du pouvoir coutumier
Devenant ainsi le lamido de Rey Bouba. Celui-ci trône à la tête d’un vaste territoire estimé à près de 36 000 km². Classée parmi les plus influentes d’Afrique centrale, cette chefferie traditionnelle fait de lui une figure majeure du pouvoir coutumier.
Aussi est-elle respectée pour son rôle dans la régulation sociale. Il en va de même de la médiation et la stabilité locale. « À la croisée de la tradition et de l’État moderne. Il incarne dès lors une double légitimité qui va marquer toute sa trajectoire publique » .
Le lamido de Rey Bouba a été formé à l’École nationale d’administration et de magistrature. Aboubakary Abdoulaye entame sa carrière comme administrateur civil. Pendant sa carrière riche, il se démarque dans l’appareil étatique.
Au ministère de l’Agriculture, où il occupe les fonctions de secrétaire général puis de secrétaire d’État chargé de l’Agriculture. Il fait montre d’abnégation. Y étant, il contribue à la mise en œuvre des politiques publiques orientées vers le développement rural. Un secteur stratégique pour l’économie camerounaise.
Les grandes questions nationales
Ensuite, il prendra la présidence du conseil d’administration de la Mission d’aménagement et d’équipements des territoires urbains et ruraux (Maetur). Il s’agit d’un organisme clé dans la planification urbaine et l’aménagement du territoire.
Cette nomination fait suite à son expertise dans les questions agricoles et territoriales. En 2013, il est nommé sénateur pour la région du Nord. Sous la bannière du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc).
Quelque temps plus tard, il est désigné premier vice-président du Sénat. Poste qu’il occupe pendant plusieurs années aux côtés de Marcel Niat Njifenji. Il assure à plusieurs reprises l’intérim du président, participant à la continuité des travaux parlementaires.
Sur les grandes questions nationales, notamment la crise dans les régions anglophones, il adopte une posture ferme. « J’appelle solennellement ces pays à soutenir sincèrement le Cameroun. Dans le combat qu’il mène pour rétablir la paix », déclarait-il en 2020, appelant également les organisations internationales à rompre le silence face aux violences.
















