La Belgique a demandé à l’Union européenne d’envisager des sanctions contre le Rwanda, accusé de violer la souveraineté de la République démocratique du Congo (RDC) en soutenant les combattants du M23 qui se sont emparés de Goma.
Interrogé jeudi par des députés à la Chambre, Bernard Quintin, ministre belge des Affaires étrangères, a dit avoir appelé cette semaine ses homologues européens à prendre des « mesures concrètes » contre Kigali.
Il a cité plusieurs leviers d’action notamment celui du partenariat UE-Rwanda sur les matières premières critiques (un protocole d’accord avait été singé en février 2024, ndlr), ou la possibilité aussi de « suspendre le dialogue sécuritaire avec le Rwanda ».
« Il faut trouver un compromis au niveau européen parce que c’est à ce niveau-là que nous aurons un impact significatif », a plaidé Bernard Quintin.
Autre biais: « la Facilité européenne pour la paix dite +Cabo Delgado+ », à savoir un accord au terme duquel les Vingt-Sept de l’UE se sont engagés à soutenir financièrement le déploiement de troupes rwandaises pour lutter contre des groupes jihadiste dans cette province du Mozambique.
Est de la RDC: le M23 veut « rester » à Goma et « continuer » jusqu’à Kinshasa
La Belgique n’avait pas soutenu la nouvelle aide de 20 millions d’euros octroyée en novembre. Elle s’était abstenue lors d’un vote au Conseil de l’UE.
A propos des matières premières critiques, un des grands enjeux du conflit dans l’est de la RDC, le protocole d’accord signé l’an dernier avec Kigali avait suscité la colère du président congolais Félix Tshisekedi.
« C’est comme si l’Union européenne nous faisait la guerre par procuration », avait-il lancé, « tout le monde sait que le Rwanda n’a même pas un gramme de ces minerais dits +critiques+ dans son sous-sol ».
Le gouvernement de Kinshasa accuse le Rwanda de vouloir faire main basse sur les ressources, minières de l’Est congolais, une des raisons pour lesquelles, selon lui, Kigali soutient la rébellion du M23, qui vient de s’emparer de Goma, la capitale du Nord-Kivu, avec l’aide de forces rwandaises.
Depuis le début de l’offensive pour la prise de Goma il y a quatre jours, les combats y ont fait plus de 100 morts et près d’un millier de blessés. Ils ont aggravé une crise humanitaire chronique dans la région où selon l’ONU, plus de 500.000 personnes ont été déplacées depuis début janvier.
Source: Agence France-Presse
















