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La paix suspendue au retrait ukrainien : entre ultimatum du Kremlin et incertitude diplomatique

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La paix suspendue au retrait ukrainien : Vladimir Poutine fixe une ligne rouge. La Russie, affirme-t-il, ne mettra fin aux hostilités qu’à cette condition. Sinon, l’armée russe prendra les territoires par la force.

Cette formule, brutale et sans détour, résonne comme une menace symbolique : celle d’un conflit où la paix n’est pas négociée mais imposée, où la force devient l’ultime langage de souveraineté.

La présidence ukrainienne a de son côté formellement exclu tout renoncement à des territoires, affirmant que le seul sujet réaliste était un cessez-le-feu sur la ligne de front.

– Washington révise son plan de paix –

Ces déclarations du président russe interviennent alors que Washington a présenté, la semaine dernière, un plan pour mettre fin à la guerre déclenchée en 2022. D’abord jugé favorable aux exigences du Kremlin, le texte a été révisé ce week-end, après consultations avec Kiev. Il doit désormais être soumis à Moscou.

« Si les troupes ukrainiennes quittent les territoires occupés (par l’Ukraine selon lui, ndlr), nous cesserons les hostilités. Si elles ne partent pas, nous les chasserons par la force militaire », a déclaré M. Poutine lors d’une conférence de presse à Bichkek, au Kirghizistan.

M. Poutine n’a pas précisé s’il visait uniquement Donetsk et Lougansk, jugés prioritaires par le Kremlin. Il n’a pas non plus indiqué si Kherson et Zaporijjia, dans le sud de l’Ukraine, étaient inclus dans ses objectifs.

La Russie avait revendiqué en septembre 2022 l’annexion de ces quatre territoires qu’elle ne contrôle pas entièrement.

Le plan originel en 28 points des États-Unis prévoyait que Kiev cède Donetsk et Lougansk à Moscou. Mais l’Ukraine, soutenue par les Européens, a considérablement amendé ce texte.

La nouvelle mouture reste confidentielle. Elle abandonne les conditions maximalistes. Mais elle ne propose aucune issue pour les territoires occupés par la Russie. Selon des sources à Kiev, citées par l’AFP, le texte reflète un recul stratégique, sans offrir de véritable ouverture.

L’émissaire américain Steve Witkoff se rendra la semaine prochaine à Moscou pour discuter du plan américain avec les responsables russes.

– Kiev ne renoncera à « aucun territoire » –

Jeudi, Andriï Iermak, chef de cabinet du président ukrainien, a déclaré dans une interview au média américain The Atlantic qu’aucun retrait n’était envisageable.

« Tant que Zelensky est président, personne n’espère que nous renoncerons à des territoires. Il ne renoncera à aucun territoire », a dit ce proche de Volodymyr Zelensky.

« Aujourd’hui, la seule discussion réaliste consiste à fixer la ligne de contact entre les deux armées », a-t-il tranché.

Sur Telegram, Vladimir Poutine a indiqué que le « travail conjoint des délégations ukrainienne et américaine » sur le plan se poursuivrait « à la fin de cette semaine ». Cette précision souligne la continuité des discussions et fixe un horizon immédiat.

Jeudi, Vladimir Poutine a jugé que le plan américain pouvait « servir de base à de futurs accords » entre Moscou et Kiev. Mais aussitôt, il a fixé ses conditions. L’un des « points clés » des discussions avec Washington, a-t-il précisé, serait la reconnaissance du Donbass et de la Crimée comme territoires russes. Ainsi, le Kremlin place d’emblée la barre haut et verrouille le cadre des négociations.

« Nous avons besoin d’une reconnaissance (internationale), mais pas de la part de l’Ukraine », a-t-il ajouté.

– Moscou menace de représailles économiques –

Vladimir Poutine assure que la Russie n’a aucune intention d’attaquer l’Union européenne. Mais il avertit : en cas de saisie des avoirs russes gelés en Europe, Moscou prendra des « mesures de rétorsion » économiques.

Jeudi, Guido Crosetto, ministre italien de la Défense, a affirmé que les véritables intentions de Vladimir Poutine dans ces négociations seront bientôt visibles.

« Nous verrons dans les semaines à venir si Poutine a une réelle intention de paix. Cela ne prendra pas longtemps pour le comprendre », a-t-il déclaré.

« Nous espérons que cette fois la Russie voudra vraiment s’asseoir à la table et négocier. Je ne suis pas optimiste », a-t-il ajouté, notant que la Russie recrutait encore des troupes et augmentait ses investissements militaires.

Source: Agence France-Presse

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