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La Guerre Iran Israël et Ormuz : Larijani éliminé, Israël promet de traquer Mojtaba Khamenei

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La Guerre Iran Israël et Ormuz, dix-huitième jour de conflit. Israël annonce avoir tué Ali Larijani, présenté comme le dirigeant de facto du régime de Téhéran, et jure d’éliminer le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei. Pendant ce temps, Donald Trump fait volte-face sur sa demande de soutien militaire à l’OTAN, et le détroit d’Ormuz demeure partiellement bloqué.

Guerre Iran Israël et Ormuz : Ali Larijani annoncé mort par Tel Aviv

Israël a annoncé mardi avoir tué Ali Larijani, le puissant chef de la sécurité iranienne. Les responsables israéliens le décrivaient comme le véritable pivot du régime de Téhéran depuis le début des hostilités.

Un responsable militaire israélien, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a été explicite. « Il était le dirigeant de facto du régime iranien, surtout depuis deux semaines. » Il a ajouté : « Même avant, il était considéré comme celui qui prenait les décisions et tirait les ficelles. »

Vendredi encore, Ali Larijani apparaissait en pleine rue à Téhéran. Entouré d’une foule de partisans du pouvoir, il s’était exprimé devant les caméras de la télévision d’État. « Le problème de Trump, c’est qu’il ne comprend pas que le peuple iranien est une nation forte, une nation déterminée », avait-il déclaré.

Quatre jours plus tard, Israël annonçait sa mort.

L’Iran n’a pas confirmé son décès à l’heure de publication. Téhéran a en revanche reconnu la mort du dirigeant de la milice Bassidj, Gholamréza Soleimani, qu’Israël avait également dit avoir tué dans une frappe sur la capitale iranienne. La milice Bassidj est insérée dans toutes les institutions et l’ensemble des strates de la société iranienne.

Israël a aussi annoncé avoir visé Akram Al-Ajouri, l’un des principaux chefs du Jihad islamique palestinien, qui séjournait selon lui en Iran. Tel Aviv n’a pas précisé s’il avait été tué.

Ces noms s’ajoutent à une longue liste de responsables iraniens dont les États-Unis et Israël ont annoncé la mort depuis le déclenchement du conflit. Cette liste inclut le guide suprême Ali Khamenei lui-même, tué dès le premier jour de la guerre, le 28 février.

Mojtaba Khamenei, nouvelle cible déclarée d’Israël

L’armée israélienne a franchi un cap supplémentaire mardi. Elle a juré de « traquer, trouver et neutraliser » Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême défunt et son successeur désigné à la tête de la République islamique.

Mojtaba Khamenei a pris les rênes du régime il y a plus d’une semaine. Il n’est pas réapparu en public depuis. Selon des responsables américains et israéliens, il aurait été « défiguré » ou blessé à la jambe lors de l’attaque qui a tué son père.

Donald Trump a déclaré ne pas savoir si le nouveau guide suprême était « mort ou pas ». Son statut exact reste incertain au dix-huitième jour du conflit.

Guerre Iran Israël et Ormuz : le détroit sous blocus sélectif

La paralysie du détroit d’Ormuz demeure l’un des enjeux économiques centraux de ce conflit. En temps de paix, environ 20 % du brut mondial et près de 20 % du gaz naturel liquéfié (GNL) échangés dans le monde y transitent. Aujourd’hui, seule une fraction des navires parvient à le franchir. L’économie mondiale en ressent déjà les effets.

La société de renseignement maritime Windward décrit une situation de « blocus sélectif ». Ses données de suivi montrent que l’Iran autorise plusieurs navires « alliés » à passer, tout en bloquant le reste du trafic commercial.

Le président du Parlement iranien a prévenu sur X que le détroit d’Ormuz « ne retournerait pas » à son fonctionnement d’avant-guerre. Aucun détail n’a été fourni sur les conditions d’un éventuel retour à la normale.

Trump recule sur l’OTAN, un responsable du renseignement démissionne

Donald Trump avait réclamé l’appui militaire de ses alliés pour débloquer ce passage stratégique. Il a finalement fait marche arrière.

« La plupart de nos alliés de l’OTAN nous ont fait savoir qu’ils refusaient de s’impliquer dans notre opération militaire contre le régime terroriste iranien », a-t-il écrit sur son réseau Truth Social, qualifiant ce refus d' »erreur vraiment stupide. »

Sa conclusion s’est voulue sans appel : « Nous n’avons plus besoin et nous ne voulons plus de l’aide des pays de l’OTAN. NOUS N’EN AVONS JAMAIS EU BESOIN. » Le Japon, l’Australie et la Corée du Sud figurent également parmi les pays ayant décliné ses demandes d’assistance.

La veille, lundi, Trump avait pour la première fois publiquement reconnu avoir été « choqué » par la riposte iranienne. « Personne ne pensait qu’ils allaient frapper » dans le Golfe, avait-il admis.

Une fracture est également visible au sein de l’administration américaine. Joseph Kent, haut responsable du renseignement, a démissionné pour marquer son désaccord avec l’opération israélo-américaine. Sur X, il a justifié son départ : l’Iran « ne représentait aucune menace imminente » pour les États-Unis.

La Turquie, de son côté, a condamné les « assassinats politiques perpétrés par Israël » en Iran. Ankara les a qualifiés de contraires au droit de la guerre.

Guerre Iran Israël et Ormuz : le conflit s’étend à toute la région

Au dix-huitième jour, la guerre ne se limite plus à ses fronts d’origine.

En Irak, des groupes pro-iraniens revendiquent quotidiennement des attaques de drone contre des intérêts américains et des sites pétroliers. En retour, des opérations américaines ou israéliennes frappent ces mêmes groupes. Des assaillants ont attaqué l’ambassade des États-Unis à Bagdad à plusieurs reprises. De fortes explosions ont retenti à nouveau mardi soir dans la capitale irakienne.

Les puissantes Brigades du Hezbollah pro-iraniennes ont fustigé la « présence américaine malveillante » en Irak. Elles réclament le départ de l’ensemble des « soldats étrangers du pays. »

Au Liban, les frappes israéliennes sont quotidiennes. Les autorités libanaises recensent 912 morts depuis le 2 mars, dont 111 enfants. Mardi, trois soldats de l’armée libanaise ont été tués dans le sud du pays. L’armée libanaise est pourtant restée à l’écart du conflit direct entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.

Dans le Golfe, l’Iran poursuit ses tirs sur ses voisins. L’Iran concentre l’essentiel de ses attaques sur les Émirats arabes unis : il a tiré au total 1 900 missiles et drones sur ce seul pays.L’Iran vise à la fois des intérêts américains et des infrastructures civiles.

En Iran même, la délégation du Comité international de la Croix-Rouge s’est alarmée du « lourd tribut » payé par la population civile et les infrastructures du pays.

Les autorités iraniennes ont appelé la population à descendre dans les rues contre les « complots » ennemis, peu après l’annonce israelienne de la mort de Larijani. Ces rassemblements se sont tenus à la veille de Norouz, le Nouvel an persan, habituellement consacré aux festivités.

La télévision d’État a montré de nombreux manifestants brandissant des drapeaux iraniens. Sur la place Punak de Téhéran — théâtre, en janvier, de manifestations antigouvernementales massives réprimées dans le sang — de larges groupes d’hommes ont prié sous les caméras d’État.

Source : Agence France-Presse

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