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Guerre totale au Moyen-Orient : Israël et Washington pulvérisent 2.000 cibles en Iran+

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Guerre totale au Moyen-Orient : en moins de cent heures, le conflit entre Israël et l’Iran a changé de visage. Téhéran brûle. Le détroit d’Ormuz vacille. Et la région tout entière bascule dans un embrasement dont personne ne maîtrise encore l’issue.

Une guerre qui s’accélère

Mercredi 4 mars 2026. Israël annonce le lancement d’une nouvelle « large vague de frappes » sur l’Iran. Les cibles sont précises, dévastatrices : « des sites de lancement, des systèmes de défense aérienne et d’autres infrastructures », selon l’armée israélienne. Ce n’est pas une escalade. C’est une offensive totale.

Depuis le début du conflit — samedi, avec la mort de l’ayatollah Ali Khamenei —, le tempo s’est affolé. L’amiral Brad Cooper, chef du Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), l’a formulé sans détour dans une vidéo publiée sur X : « Nous en sommes maintenant à moins de 100 heures de cette opération, et nous avons déjà frappé près de 2.000 cibles avec plus de 2.000 munitions. »

Le chiffre donne le vertige. Selon Cooper, le volume de frappes lors des premières 24 heures est « presque deux fois plus important » que celui enregistré au début de l’invasion américaine de l’Irak en 2003. Une comparaison qui dit tout de la brutalité du tempo choisi.

À Téhéran, ville fantôme, les frappes de mardi ont visé l’institution chargée d’élire un nouveau guide suprême pour succéder à Khamenei. L’ayatollah doit être enterré à Machhad, dans le nord-est du pays. Des nuages de fumée s’élèvent du centre-ville. Dans les rues désertes, une infirmière de 33 ans, Samireh, témoigne : « J’ai peur de marcher dans les rues désertes car les bombes continuent de tomber du ciel. »

L’armée israélienne affirme également avoir frappé « un centre militaire souterrain secret du programme nucléaire de l’Iran » dans la région de la capitale. Radio-télévision publique, sites de production de missiles balistiques, aéroport : Israël « continue à frapper l’Iran avec force », a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le détroit d’Ormuz, nouvelle ligne de front

La guerre ne se joue pas seulement dans les airs. Elle frappe désormais les artères économiques du monde. Les Bourses mondiales creusent leurs pertes, lestées par la flambée des prix du pétrole. Le gaz européen s’envole. La raison est simple : le Qatar a arrêté sa production de gaz naturel liquéfié (GNL), et le détroit d’Ormuz est paralysé. Par ce bras de mer transitent 20 % du pétrole et du GNL mondiaux.

Un général des Gardiens de la Révolution, Ebrahim Jabbari, a promis de « brûler tout navire » qui tenterait de franchir le détroit. Puis il a élargi la menace, annonçant des représailles contre « tous les centres économiques » régionaux.
Face à cette menace, Donald Trump a proposé que la marine américaine escorte des pétroliers « si nécessaire ». Une demi-mesure pour un conflit qui dépasse déjà toutes les frontières tracées.

Car l’Iran frappe partout. Mardi soir, une attaque de drone a provoqué un incendie près du consulat américain de Dubaï. Le Qatar a annoncé que deux missiles iraniens avaient visé son territoire : l’un a frappé la base militaire américaine d’Al-Udeid, sans faire de victime ; l’autre a été intercepté. Des drones iraniens ont touché l’ambassade américaine en Arabie saoudite, provoquant un incendie. Des installations pétrolières à Oman et aux Émirats arabes unis ont également été visées. Téhéran assure n’avoir pas encore utilisé ses armements les plus perfectionnés.

Par précaution, les ambassades américaines au Koweït et au Bahreïn ont fermé. Washington a ordonné le départ de tout son personnel diplomatique non essentiel dans six pays de la région. Quelque 9.000 Américains ont pu quitter le Moyen-Orient depuis le début des hostilités.

Trump, Rubio et la question des responsabilités

À la Maison Blanche, les langues se délient — et se contredisent. Dans un premier échange avec la presse depuis le début de la guerre, Donald Trump a démenti s’être laissé entraîner par Israël dans une confrontation avec l’Iran. La veille, son secrétaire d’État Marco Rubio avait pourtant laissé entendre le contraire.

Trump a choisi une autre version. « Compte tenu de la tournure des négociations, je pense qu’ils allaient attaquer en premier », a-t-il affirmé, en référence aux discussions en cours sur le programme nucléaire iranien. Puis il est allé plus loin : « J’ai peut-être forcé la main d’Israël », a-t-il dit, ajoutant que « presque tout a été détruit » en Iran.

L’objectif déclaré reste clair : empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique — une intention que Téhéran dément — et détruire ses capacités balistiques. Mais la question de l’après surgit déjà. Interrogé sur l’avenir politique de l’Iran, Trump a admis que la plupart des responsables envisagés par Washington pour prendre la relève étaient morts. Le « pire scénario », selon lui, serait l’émergence d’un dirigeant « aussi mauvais » que Khamenei.

Au premier jour de l’offensive, Trump avait appelé le peuple iranien à renverser la République islamique, instaurée en 1979. Un appel qui résonne désormais dans un pays meurtri, sans guide, sans cap clairement défini par ceux qui le bombardent.

Le Moyen-Orient en feu : Liban, Irak, Golfe

Le conflit dépasse largement les frontières irano-israéliennes. Le Liban est de nouveau en guerre. Le Hezbollah chiite a attaqué Israël pour « venger » la mort de l’ayatollah Khamenei. En réponse, l’État hébreu mène des bombardements massifs à Beyrouth et dans le sud du pays.

Les autorités libanaises recensent 52 morts et plus de 58.000 déplacés. Depuis lundi, Israël revendique 160 cibles du Hezbollah frappées et promet de poursuivre les opérations « avec une force considérable » jusqu’au désarmement du mouvement.

Des soldats israéliens sont entrés au Liban pour prendre le contrôle d’une « zone tampon ». En réponse, le Hezbollah multiplie les tirs de roquettes contre des bases militaires israéliennes.

En Irak, des frappes ont également eu lieu, visant les nombreux groupes militaires pro-Téhéran qui opèrent sur le territoire.

Le bilan humain s’alourdit de jour en jour. Le Croissant-Rouge iranien fait état de plus de 780 personnes tuées depuis le début du conflit — un chiffre que l’AFP n’a pu vérifier. Côté américain, six militaires ont perdu la vie selon le Pentagone. En Israël, dix personnes sont mortes dans des frappes iraniennes, d’après les services de secours.

La guerre est entrée dans une phase où les lignes s’effacent, où chaque attaque appelle une riposte, et où la diplomatie peine à trouver un point d’appui. L’Iran promet qu’il n’a pas encore dit son dernier mot. Israël frappe. Les États-Unis frappent aussi. Et dans les rues vides de Téhéran, les bombes continuent de tomber.

Source : AFP – 4 mars 2026

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