Deux accords signés à Yaoundé relancent l’espoir d’une transformation durable de la gestion des déchets. Mais entre promesses d’investissements et réalité du terrain, de nombreuses incertitudes persistent.
Le 12 mars 2026, à Yaoundé, le gouvernement a franchi une nouvelle étape. En effet, deux mémorandums d’entente ont été signés pour moderniser la gestion des déchets urbains. À la clé, un potentiel d’investissement estimé à 856,8 milliards Fcfa. L’objectif est de transformer les ordures en ressources énergétiques et réduire l’insalubrité persistante. Aussi, ces projets s’inscrivent dans la continuité des réflexions engagées en 2025. À l’époque déjà, les autorités évoquaient une situation préoccupante dans les grandes villes. Douala et Yaoundé restent particulièrement touchées, avec des volumes de déchets en constante augmentation. Pourtant, les moyens actuels peinent encore à suivre ce rythme.
Sur le terrain, la pression est visible. À Douala, près de 2 700 tonnes de déchets sont produites chaque jour. À Yaoundé, les difficultés sont similaires, malgré des contrats importants attribués ces dernières années. Dans les deux villes, les infrastructures restent saturées et les financements insuffisants pour stabiliser durablement le service.
Filière industrielle du déchet
Dans ce contexte, les projets annoncés veulent changer la donne. Le premier, porté par Thermosun Cameroun, prévoit deux unités de valorisation. Ces installations doivent produire du biogaz, de l’électricité ou encore du compost. À terme, plusieurs centaines de milliers de tonnes de déchets pourraient être traitées chaque année.
Le second projet, mené par Blue Energy Holding, affiche des ambitions encore plus larges. Il prévoit non seulement des unités de traitement, mais aussi une production énergétique importante. À cela s’ajoutent des bus écologiques, des camions au biogaz et des milliers de bacs à ordures. L’ensemble vise à structurer une véritable filière industrielle du déchet.
Cependant, plusieurs zones d’ombre subsistent. Les modalités de financement restent floues, tout comme les calendriers de réalisation. De plus, la participation de l’État, annoncée pour une partie du projet, n’est pas encore précisée. Surtout, un défi majeur demeure, celle de la collecte. Avant toute valorisation, il faut ramasser, transporter et traiter efficacement les déchets. Or, ce maillon reste fragile aujourd’hui.
















