Deux poids deux mesures pour Israël — Le Qatar dénonce l’inaction internationale face aux frappes israéliennes. Dimanche, Doha a appelé à mettre fin à cette logique d’exception. À la veille d’un sommet arabe et musulman, l’émotion diplomatique monte. L’objectif : condamner l’attaque israélienne contre des responsables du Hamas à Doha, une escalade sans précédent.
La réunion se tient dans un contexte diplomatique tendu. Marc Rubio, secrétaire d’État américain, est en visite à Jérusalem. Il réaffirme le soutien des États-Unis à Israël. Pendant ce temps, plusieurs pays s’apprêtent à reconnaître un État palestinien à l’ONU. Le contraste entre ces démarches souligne la fracture géopolitique.
Le Premier ministre qatari appelle à une action internationale. Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani dénonce le deux poids deux mesures. Il exige des sanctions contre Israël pour ses crimes. Le sommet de Doha pourrait marquer un tournant diplomatique.
Il affirme que la guerre d’extermination menée par Israël ne réussira pas. Israël tente d’expulser le peuple palestinien de son territoire. Mais cette stratégie ne réussira pas. La résistance populaire et la pression internationale rendent ce projet intenable. Chaque attaque renforce la détermination des Palestiniens à rester sur leur terre. Le message se veut ferme et solidaire.
– Riposte diplomatique après les frappes israéliennes –
Le 7 octobre 2023, le Hamas a lancé une attaque sans précédent contre Israël. En réponse, l’armée israélienne a déclenché une offensive massive sur Gaza. Selon l’ONU, presque tous les deux millions d’habitants ont été déplacés au moins une fois. La bande de Gaza vit une crise humanitaire d’une ampleur historique.
Majed al-Ansari, porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, a confirmé l’ordre du jour. Un projet de résolution sur l’attaque israélienne contre le Qatar sera examiné. La réunion pourrait marquer un tournant diplomatique. Doha cherche à formaliser sa riposte sur la scène régionale.
Le président palestinien Mahmoud Abbas est arrivé dimanche à Doha. Le président iranien Massoud Pezeshkian doit participer au sommet. Le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani est également attendu. Leur présence renforcerait le poids politique de la réunion. L’axe Téhéran-Bagdad pourrait peser sur les discussions régionales.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan doit également participer à la réunion.
Mohammed ben Salmane reste attendu au sommet. Le prince héritier s’est déjà rendu au Qatar cette semaine. Ce déplacement exprimait sa solidarité avec Doha. Sa présence au sommet renforcerait le signal politique du Golfe.
– « Test décisif » –
Israël a ciblé des responsables du Hamas. L’attaque a visé un complexe résidentiel à Doha. Le Qatar joue pourtant un rôle de médiateur dans les négociations sur Gaza. Cette frappe soulève des tensions diplomatiques inédites.
Les frappes israéliennes ont tué cinq membres du Hamas. Un agent des forces de sécurité qataries a également perdu la vie. Le mouvement islamiste affirme que les responsables visés ont survécu. L’attaque soulève des questions sur ses objectifs réels.
Elles ont suscité de nombreuses condamnations, notamment des riches monarchies du Golfe, alliées des États-Unis.
Bassem Naïm, cadre du Hamas, s’est exprimé dimanche. Le mouvement attend du sommet une réponse ferme. Il espère une position arabo-islamique unifiée. Des mesures claires contre Israël sont également réclamées.
Pour Elham Fakhro, chercheuse à Chatham House, le sommet a une portée symbolique forte. Les États du CCG cherchent à afficher leur unité. Israël a violé la souveraineté d’un État membre. C’est une première dans l’histoire du Conseil. Cette attaque pousse les pays du Golfe à resserrer les rangs.
Karim Bitar, de Sciences Po, voit lui dans cette réunion un « test décisif ».
Il reconnaît une menace existentielle. Elle ne touche pas seulement les Palestiniens et les Libanais. Chaque pays est désormais concerné. Le danger dépasse les frontières régionales.
Seuls les États-Unis ont un levier réel sur Israël. Mais Washington n’agira pas sans pression. Il faudra que ses alliés du Golfe le poussent à intervenir. Sans cela, le comportement israélien restera inchangé.
Source : Agence France-Presse
















