Les populations du village Bomono Ba Mbengue situé dans le département du Moungo et leur chef sont en colère.
Dans une correspondance adressée au ministre de l’administration territoriale, Paul Atanga Nji, les populations s’opposent à l’installation de sa majesté Malobe Eyombi nommé en 2016 par décision présidentielle sur les terres des Bakoko chez les Mpo’o Bati et non chez les Mpongo. Depuis de nombreuses semaines, la communauté Maka résidant l’arrondissement de Dibombari et les ressortissants de Bomomo Ba Nbengue sont sur le pied de guerre. La colère gronde et si rien n’est fait par l’administration pour solutionner le problème, la crise qui secoue ces deux communautés pourrait s’enliser.
Il faut souligner que ce qui divise lesdites communautés est, avons-nous appris, l’installation de sa majesté Malobe Eyombi Ernest, chef de la communauté Maka à Dibombari comme chef de 3ème degré du groupement Maka. Ce que contestent les habitants et originaires du village Dibombari et leur chef sa majesté Kotto Mbongo Simon-pierre.
Arrondissement de Dibombari : quand l’administration entretien le cafouillage
Nommé le 17 mars 2016 comme chef supérieur de la communauté Maka du village Bakoko dans le Moungo par le courrier n° 00419/L/CC/CAB/PR signé par Martin Belinga Eboutou, Directeur du Cabinet civil de la présidence de la République du Cameroun, sa Majesté Malobe Eyondi Stephen le chef de la communauté villageoise Maka a été installé le 9 mai 2023 dernier conformément à l’arrêté préfectoral n° 189 signé le 17 Avril 2023 par le préfet du Moungo Ndzana Yves Bertrand, administrateur civile principal , portant réhabilitation de la chefferie du village Maka , dans le Canton Bakoko du Moungo, arrondissement de Dibombari.
« La traditionnelle cérémonie consacrée à cette désignation a eu lieu sur les Berges du fleuve Wouri À Yassem, dans le Canton Bakoko du Moungo. Une cérémonie solennelle à laquelle prenait part le représentant de l’État. Notamment le sous-préfet de l’arrondissement de Dibombari Jean Philippe Ngo’o Mebe. Apres cette installation contestée par la communauté de Dibombari conduite par le chef de village, sa majesté Kotto Mbongo Simon-pierre, sa majesté Malobe Eyondi Stephen, le chef de la communauté villageoise Maka a implanté devant sa résidence à Dibombari le 20 septembre 2024 dernier une plaque indiquant la chefferie Maka à Dibombari et a hissé le drapeau dans la cour. Une chose qui a choqué tout le village », nous confient les populations.
Elles qui ont saisi toutes les autorités pour denoncer. Pour elles, «il ne saurait avoir une chefferie Maka dans le village Dibombari. C’est inadmissible clament les populations de Dibombari déjà sur le pied de guerre. Il faut que les autorités agissement vite pour stopper la saignée». Non content de ce qu’elles qualifient de « partition de leur village« , elles accusent aussi et surtout sa majesté Malobe Eyondi Stephen d’avoir , disent-elles, fabriqué des faux documents pour être installé sur leur terre. C’est cela qu’elles exigent que celui-ci aille se faire installer là où il a été nommé comme chef de village.
Car «malgré qu’il ait fabriqué des faux documents épinglés par la Commission nationale anticorruption (Conac), on a toujours manipulé l’administration pour qu’il ait un village. Dans l’arrêté on dit que le village se trouve dans le canton Bakoko. Il a été installé à Bakoko et réside et exerce ses activités à no Ba Mbengue. C’est là où nous disons non», explique sa majesté Kotto Mbongo Simon-pierre.
«Le rapport de la Conac a parlé de ce problème depuis 2021. Ce sujet devait être clos aujourd’hui. On ne sait pas pourquoi les gens veulent que la guerre éclate entre les enfants d’un même arrondissement. Il se dit qu’il a demandé que l’on matérialise le Canton Maka. Il faut le matérialiser dans le canton Bakoko», déclare courroucé, le chef du village Bomono Ba Mbengue. La redistribution des terres de la Socapalm serait-elle au centre de cette crise? » Dans la répartition des 200 hectares de terrain que la Socapalm avait retrocedé à la communauté villageoise, le village Maka s’était retrouvé seul avec une parcelle de 50 hectares. Une enquête diligentée par la Conac avait alerté le ministre des cadastres et des affaires foncières qui annulait par un arrêté cette donation.
Selon l’arreté n°0542/ MINCAF/A100 du 15 mars 2022 portant retrait du titre foncier n°14372/Moungo, établit au profit de la Collectivité Maka, représentée par Sa Majesté MALOBE Eyondi Stéphan, le ministre du cadastre et des affaires foncières Henri Eyebe Ayissi annulait le titre foncier en question. Il justifiait son action par le caractère fictif du « village Maka » qui ne figure pas dans le fichier des chefferies traditionnelles du Ministère de I ‘Administration Territoriale ; le caractère frauduleux de I ‘arrêté d’homologation dont le nommé Malobe Eyondi Stéphan se prévaut pour s’attribuer la qualité de « Chef du village Maka» qui est un faux document ; Ie défaut de base légale de la rétrocession au profit du village Maka, de I ‘immeuble rural non bâti, sis à Dibombari, au lieu-dit Bomono-Gare, d’une superficie de 26ha 55a 98ca entre autres », nous racontent les populations.
Contacté Malobe Eyondi Stéphan droit dans ses bottes confie sereinement : « Je n’ai aucun problème avec le chef de Bomono Ba Mbengue. S’il a un problème avec moi, il faut qu’il parte voir l’administration? C’est l’administration qui décide tout. Ce n’est pas moi. S’il discute quelque chose avec moi, il faut qu’il vienne avec ses documents moi je viendrais également avec mes documents ; On va confronter. Je n’ai rien à dire sur le sujet.»
Les autorités administratives interpellées. Elles qui devraient mettre tout en œuvre pour consolider la paix entre les deux communautés sœurs.
















