L’économie gabonaise est conjoncture. Elle entre dans une phase d’audit cruciale avec l’arrivée le mercredi 25 février 2026 d’une mission de collecte d’informations du FMI.
Pendant une semaine, les experts de l’institution de Bretton Woods vont confronter les discours officiels de redressement budgétaire aux réalités chiffrées des ministères de l’Économie et du Budget.
L’objectif est clair : réaliser un diagnostic chirurgical de la santé financière du pays, loin des projections optimistes. Le point de friction majeur reste la dette publique qui, oscillant entre 70% et 75% du PIB, fragilise la position du Gabon vis-à-vis des critères de convergence de la CEMAC.
Au-delà de la simple collecte de données sur les recettes et les dépenses d’investissement, cette mission doit déterminer si Libreville est prête à accepter les réformes structurelles rigoureuses qui accompagneraient un éventuel programme d’appui financier.
Entre la volonté de souveraineté économique affichée par certains cadres du gouvernement et la nécessité impérieuse d’apurer les arriérés intérieurs pour relancer le secteur privé, le Gabon joue sa crédibilité internationale. Les conclusions de cette semaine d’investigation seront déterminantes pour savoir si le pays bénéficiera du sceau de confiance du FMI, indispensable pour rassurer les investisseurs et alléger le poids du service de la dette sur le budget national.
Pressions inflationnistes
Selon l’African developpement Bank Group, en 2022, l’économie gabonaise a enregistré une croissance de 3,0 % contre 1,5 % en 2021. Cette bonne performance résulte de la bonne tenue du secteur pétrolier (+7,1 %) et de celle du secteur non pétrolier (+2,3 %).
Dans le secteur hors pétrole, les dynamismes du secteur agricole (+4,9 %), de l’industrie du bois (+6,5 %) et du secteur du transport (+4,2 %) sont les principales sources de la croissance. La remontée du prix du baril de pétrole (+45,3 %) associée à l’augmentation de la production pétrolière (+6,1 %) en 2022 explique l’essor du secteur pétrolier.
La Banque centrale (BEAC) a resserré sa politique monétaire en 2022 en relevant ses taux directeurs à plusieurs reprises pour répondre aux pressions inflationnistes et soutenir le niveau des réserves extérieures. Ainsi, l’inflation a grimpé à 4,2 % contre 1,1 % en 2021, du fait de la hausse des prix des denrées alimentaires et des retombées négatives de l’invasion de la Russie par l’Ukraine.
Accroissement des exportations de biens et services
Les opérations financières de l’État en 2022 se sont soldées par une balance excédentaire de 0,8 % contre un déficit de 1,1 % en 2021 en raison de l’augmentation des recettes pétrolières (+51,8 %). Le taux d’endettement est tombé à 52,6 % du PIB contre 66 % du PIB en 2021 avec la réduction des besoins de financement.
Les réserves, utilisées pour financer la dette, sont passées de 3,02 à 2,64 mois d’importation entre 2021 et 2022. Le solde du compte courant s’est établi à –1,2 % en 2022 avec l’accroissement des exportations de biens et services (+45,7 %).
Malgré la richesse en ressources naturelles et le niveau élevé du PIB/tête (8 017 USD courants en 2021) du Gabon, ses indicateurs sociaux restent faibles avec une incidence de pauvreté évaluée à 33,4 % et un taux de chômage élevé, estimé à 28,8 % en 2021.
















