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Attaque de Gidado : Réactions après l’assassinat de 15 personnes

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Dans la région du Nord-ouest, quinze membres d’une même famille ont été tués à Gidado le 14 janvier dernier. Cette attaque relance l’indignation des autorités et des acteurs politiques face à une violence qui frappe encore les civils.

L’aube du 14 janvier 2026 a viré au cauchemar dans la commune de Ndu, région du Nord-ouest. En effet, à 5h30, des hommes armés surgissent dans le quartier de Gidado et ouvrent le feu. En quelques minutes, quatorze personnes sont abattues. Un blessé succombera plus tard. Tous sont issus d’une même famille. Parmi eux, sept enfants âgés de 2 à 11 ans, six femmes et un homme d’une quarantaine d’années.

« La communauté Mbororo est prise pour cible »

Selon le gouverneur de la région, Adolphe Lele Lafrique, les assaillants venaient du département voisin de Bui. Leur passage laisse des traces de destruction. Des maisons, des greniers et des véhicules sont incendiés et une mosquée est criblée de balles. Quinze vaches sont abattues. Aucun groupe séparatiste n’a revendiqué l’attaque dans cette zone qui est proche de la frontière nigériane.

Le maire de Ndu, Abdou Kanfon Borno confirme que toutes les victimes appartenaient à la communauté peule Mbororo, minoritaire dans une commune majoritairement Wimboum. Il dit son inquiétude pour le vivre-ensemble car le conflit, déclenché en 2017, a fragilisé les relations locales. Les séparatistes accusent régulièrement les Mbororo de collaborer avec l’armée. « Nous ne savons pas pourquoi cette famille. La communauté Mbororo est prise pour cible depuis le début de cette crise », affirme l’édile.

Les Mbororo, minorité ethnique, revendiquent leurs droits

Acte barbare

L’attaque provoque une vague de réactions. Sur le réseau social X, le Premier ministre Joseph Dion Ngute dénonce un acte « barbare ». « Ce crime odieux est une atteinte à la paix, à l’unité nationale et à l’autorité de l’État », écrit-il. Il promet de rétablir la paix et appelle la population à coopérer avec les forces de sécurité pour que les auteurs soient arrêtés.

Dans l’opposition, Michèle Ndocki établit un parallèle avec d’autres massacres. Elle évoque « l’échec persistant de l’État camerounais à assurer le devoir le plus élémentaire […] : la sécurité de ses citoyens ». Le Social Democratic Front condamne une attaque « atroce et inhumaine » et exige des mesures urgentes. Dans une région où, selon Human Rights Watch, au moins 6 000 civils ont péri depuis le début du conflit, Gidado ravive des inquiétudes.

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