Pour certains, il s’agit d’une alternance au parlement. Du moins c’est la fin d’une époque. Tandis que pour d’autres, on se situe désormais à l’aube d’une nouvelle ère.
Ce 17 mars 2026, le paysage politique a visiblement changé de visage. Après des décennies de stabilité au sommet du Parlement, le verrou a sauté. A l’Assemblée nationale, Théodore Datouo (65 ans) succède à Cavaye Yéguié, qui quitte le perchoir après 33 ans de règne.
L’honorable Datouo, bâtisseur du nouveau siège de l’Assemblée, prend désormais les commandes de la Chambre basse. Au Sénat, le Lamido Aboubakary Abdoulaye devient la 2ème personnalité de l’État. Le chef traditionnel remplace à ce poste l’ancien directeur général de la Sonel. Marcel Niat Njifenji (13 ans de présidence) à la tête de la Chambre haute.
Pour le commun des Camerounais, il s’agit d’un chamboulement historique. « Ce mouvement confirme la volonté de renouvellement et de « responsabilisation ». Annoncée par le président Paul Biya. Entre rajeunissement des cadres et rééquilibre géopolitique. Yaoundé envoie un signal fort au monde », avancent de nombreux mandarins du parti au pouvoir.
Vers un grand changement ?
Qui affirment que le Cameroun s’achemine vers un grand changement. « Ce remaniement cache une révision constitutionnelle imminente. On parle de la création d’un poste de vice-président qui pourrait revenir à un anglophone », soutient une certaine opinion.
De nombreux politiciens estiment que ce vent de renouveau est un signe d’une transition générationnelle enfin en marche. « Une simple réorganisation interne du RDPC », croit l’opposition.
Vacance du pouvoir
« Un président du Sénat en cas de vacance au pouvoir, de Paul Biya, a toutes les cartes en main. Il a la force de la situation, les manigances et les manœuvres. Le nouveau président du Sénat n’est pas un enfant de cœur. Le Lamido de Rey Bouba est un baron, un fossile et un monarque redoutable. »
« Si Aboubakary Abdoulaye doit intervenir au sommet de l’État pour trouver un successeur au président Paul Biya, tout peut arriver. Paul Biya le sait. En donnant au Lamido de Rey Bouba, la gestion et l’organisation de sa succession à la magistrature suprême. Paul Biya réactive l’axe nord-sud », analyse Souley Onohiolo.
Qui se demande s’il s’agit d’un signe banal ou alors. . . Paul Biya s’est-il enfin décidé à renvoyer le pouvoir au sommet de l’État dans le Septentrion.
Pour ce conseiller de la direction de publication de Le Messager, « l’affaire-ci n’a pas encore dégagé toute sa subsistance et sa quintessence. L’effet Issa Tchiroma Bakary continue de planer. Il ne faut pas arrêter de gratter le vernis. Le président Paul Biya est un sacré veinard, un As, un stratège, très fin et habile politique. Un véritable sphinx qui a fait de l’art d’abattre ses cartes (même dans un bosquet) son sport favori ».
















