TikTok sous pavillon américain : Pékin et Washington trouvent un compromis après deux jours de négociations à Madrid. La plateforme, au cœur des tensions technologiques entre les deux puissances, devrait passer sous contrôle américain. Donald Trump et Xi Jinping doivent finaliser l’accord vendredi. Un tournant stratégique dans le bras de fer sino-américain.
« Les grandes discussions commerciales en Europe entre les États-Unis et la Chine se sont TRÈS BIEN déroulées. (…) Un accord a été trouvé sur une entreprise très prisée par les jeunes. Washington veut la garder sur son territoire. Le compromis vise à placer TikTok sous pavillon américain. Les négociateurs saluent une avancée stratégique. Ils seront vraiment très heureux », s’est félicité le président Trump sur son réseau Truth Social.
Donald Trump annonce une rencontre. « Je vais parler avec le président Xi vendredi », déclare-t-il. L’annonce intervient à l’issue des discussions entre les délégations chinoise et américaine à Madrid. Le dialogue bilatéral se poursuit au plus haut niveau.
À Madrid, Scott Bessent précise les termes du protocole. TikTok doit passer sous contrôle américain. Washington exige un changement de propriétaire. L’objectif : limiter l’influence étrangère sur les données et les algorithmes. La pression monte sur ByteDance. Il n’a pas donné plus de détails sur l’accord entre les deux entités privées. L’opacité demeure autour des négociations.
« Le cadre vise à transférer la propriété sous contrôle des États-Unis. Mais encore une fois, je ne vais pas anticiper l’appel des dirigeants prévu vendredi », a-t-il expliqué.
– Pékin temporise et Washington exige des garanties –
Côté chinois, Li Chenggang prend la parole. Le représentant au commerce international évoque un « consensus sur un cadre général ». Ses propos sont relayés par la chaîne publique CCTV. Pékin affiche une volonté de dialogue, sans dévoiler les détails.
Le réseau social est au cœur d’un différend entre les deux pays depuis plusieurs mois. Washington fixe un ultimatum. TikTok doit être vendu à un propriétaire non chinois avant le 17 septembre. Sinon, l’application sera interdite aux États-Unis. La pression monte sur ByteDance.
Une loi votée au Congrès en 2024 place TikTok sous le coup d’une interdiction. L’application reste autorisée uniquement si ByteDance, sa maison mère, renonce à son contrôle. Washington exige une séparation nette. Le bras de fer technologique se durcit.
La date limite était fixée au 19 janvier. Le président Trump l’a déjà repoussée trois fois. Chaque report reflète les tensions persistantes autour de TikTok. Le calendrier reste incertain, malgré les pressions politiques.
Le texte vise à bloquer l’accès des autorités chinoises aux données des utilisateurs américains de TikTok. Il cherche aussi à empêcher toute influence sur l’opinion publique via l’algorithme du réseau social. À ce jour, aucun élément concret n’a été présenté pour justifier ces craintes. Une mesure préventive dans un climat de méfiance technologique.
– De nouvelles négociations en vue –
La cession reste bloquée. ByteDance n’a pas donné son feu vert. Les autorités chinoises non plus. Jusqu’ici, aucune des deux parties n’a validé l’idée d’une vente. Un obstacle majeur dans les négociations sur TikTok.
Lundi, aucun détail sur le schéma de cession n’a été communiqué. Ni Washington ni Pékin n’ont levé le voile sur les modalités. Le flou persiste autour de l’accord sur TikTok. Une opacité qui alimente les spéculations. Sollicité par l’AFP, TikTok n’a pas donné suite dans l’immédiat.
Au-delà de l’actionnariat, l’algorithme de TikTok est au cœur des tensions. C’est lui qui a propulsé le réseau social auprès de 170 millions d’Américains. Sa propriété soulève des enjeux stratégiques. Washington veut des garanties. Pékin reste flou.
Les négociations ont débuté dimanche à Madrid. Elles se tiennent au ministère espagnol des Affaires étrangères. Avant cela, les délégations s’étaient déjà rencontrées à Genève, Stockholm et Londres. Un cycle diplomatique dense entre Pékin et Washington.
Les délégations étaient menées par Scott Bessent côté américain. Côté chinois, He Lifeng, vice-Premier ministre, dirigeait les pourparlers. Lundi, il n’a fait aucune déclaration à l’issue des discussions. Un silence qui en dit long sur la tension diplomatique.
Scott Bessent salue les échanges. « Nous avons eu de très bonnes discussions », affirme-t-il après la deuxième journée des pourparlers. Les débats ont porté sur TikTok. Les négociateurs se retrouveront dans un mois, ailleurs. Un nouveau cycle de discussions est déjà programmé. Le dialogue continue, malgré les tensions persistantes.
– TikTok et Nvidia au cœur du bras de fer sino-américain –
Pékin hausse le ton face à Washington. Lundi, la Chine a accusé Nvidia de violer ses lois anti monopole. Elle annonce une enquête approfondie, sans plus de détails. Un signal clair : les tensions commerciales restent vives entre les deux géants.
Cette annonce intervient juste après un nouveau geste fort de Pékin. Le week-end dernier, la Chine a lancé des enquêtes sur les semi-conducteurs américains. Elle cible un secteur stratégique. La tension commerciale monte d’un cran.
Lundi, He Lifeng a lancé un avertissement clair. La Chine défendra ses intérêts nationaux. Elle protégera les entreprises chinoises à l’étranger. Le message est ferme, relayé par l’agence Chine nouvelle. Pékin durcit le ton dans les négociations commerciales.
En 2025, Pékin et Washington ont intensifié leur guerre commerciale. Les deux puissances ont relevé leurs tarifs douaniers à plusieurs reprises. Les tensions ont oscillé entre trêves temporaires et nouvelles escalades. Un bras de fer économique sans issue claire.
En mai, Washington et Pékin ont signé un accord. Ils ont abaissé temporairement les droits de douane. 30 % pour les produits chinois importés aux États-Unis. 10 % pour les biens américains expédiés en Chine. Une trêve fragile dans un conflit commercial tendu.
En août, les deux pays ont repoussé de 90 jours leurs hausses douanières. La trêve commerciale est prolongée jusqu’au 10 novembre. Un répit temporaire dans un bras de fer économique.
Source : Agence France-Presse
















