Après plus d’une décennie à la tête du Sénat, Marcel Niat Njifenji cède la présidence à Aboubakary Abdoulaye, ouvrant une nouvelle phase au sommet de l’État.
Le Cameroun enregistre un nouveau basculement institutionnel. Ce 17 mars 2026, le Sénat a également changé de visage. Après plusieurs années de présidence, Marcel Niat Njifenji a été remplacé par Aboubakary Abdoulaye, jusque-là premier vice-président de l’institution. Une transition qui s’inscrit dans un contexte marqué par l’effacement progressif de l’ancien président, affaibli par l’âge.
En effet, Marcel Niat Njifenji dirigeait le Sénat depuis sa création en 2013. Pendant plus d’une décennie, il a occupé la deuxième fonction de l’État. Une position stratégique, prévue par la Constitution en cas de vacance du pouvoir exécutif. Ingénieur de formation, ancien ministre et dirigeant d’entreprise publique, il aura incarné une certaine stabilité institutionnelle.
Evolution attendue
Cependant, son absence prolongée de la scène publique ces dernières années avait nourri des interrogations et alimenté son décès. Dès lors, l’accession d’Aboubakary Abdoulaye apparaît comme une évolution attendue. Déjà en première ligne, il assurait régulièrement l’intérim à la tête du Sénat. Son élection vient ainsi formaliser un rôle qu’il exerçait de fait.
Originaire de la région du Nord, le nouveau président du Sénat est une figure singulière. Aboubakary Abdoulaye est également lamido de Rey-Bouba, une autorité traditionnelle majeure. Héritier d’un puissant lamidat, il conjugue influence coutumière et responsabilités politiques. Une double légitimité qui renforce son poids dans les équilibres nationaux.
Par ailleurs, son parcours dans l’administration témoigne d’une expérience solide. Ancien secrétaire d’État à l’Agriculture, administrateur civil, puis sénateur nommé en 2013, il connaît les arcanes du pouvoir. À cela s’ajoute sa fonction à la tête de la Maetur, où il pilote des projets d’aménagement.
Ainsi, ce changement marque une continuité autant qu’un renouvellement. Le Sénat reste entre les mains d’une figure du Sérail, mais au profil différent. Désormais, Aboubakary Abdoulaye devra imprimer son rythme, tout en consolidant une institution clé dans l’architecture politique camerounaise.
















