Au-delà des conjectures, la fonderie Alucam ne vaut pas seulement pour ses lingots. Mais pour sa capacité à reconfigurer la balance des paiements. Et l’utilisation du capital énergétique public.
Selon des sources dignes de foi. Une nouvelle offre de rachat des actifs de la Compagnie camerounaise de l’aluminium (Alucam) a été proposée au gouvernement. Notamment au cabinet du Premier ministre le 30 décembre 2025. Ladite offre, nous a-t-on confié, provient de Naxya Holding.
Recherches faites, ledit groupe est la maison-mère de Proalu SA. Laquelle en ce moment construit une usine de transformation de l’aluminium évaluée à près de 88 milliards Fcfa dans la cité économique.
Dans ladite offre, Naxya Holding dit inscrire sa démarche dans un projet de restructuration et de modernisation. Lui qui, soit dit en passant, est adossé à une logique de chaîne de valeur et d’accès au marché continental.
Partenariat capitalistique pour la modernisation
Voici ce que dit l’offre : « Faisant suite à notre manifestation d’intérêt. Pour une prise de participation dans la société Alucam SA, en date du 05 juin 2024. Dans le cadre des négociations relatives aux synergies de fourniture de la matière première par Alucam à Proalu. »
« Nous, Naxya Holding, maison-mère de la société Proalu, venons par les présentes faire à l’État du Cameroun. Notre offre de partenariat stratégique et capitalistique pour la restructuration et la modernisation d’Alucam, dans la perspective de faire de cette dernière la première industrie industrialisante de la sous-région sur la chaîne de valeur bauxite-alumine-aluminium……».
A y regarder de près, il se dégage un constat : « Naxya Holding ne précise pas le volume d’actions qu’elle souhaite acquérir dans le cadre de ce « partenariat stratégique et capitalistique » avec l’État du Cameroun. En revanche, la maison-mère de Proalu SA indique être disposée à injecter 100 milliards de FCFA ».
Et « plaide pour « un actionnariat mixte avec la partie publique, nécessaire pour une efficacité, une efficience stratégique et opérationnelle en cohérence avec la politique industrielle choisie par le gouvernement de la République… ».
Alimenter une filière manufacturière
Au-delà des opinions fondées sur des probabilités, des apparences, de nombreux techniciens de la métallurgie pensent que le rachat d’Alucam ne serait qu’une simple opération financière et le non le point de bascule de la trajectoire industrielle du pays.
Posant le débat en terme macroéconomiques, le Dr Teubissi Noutsa Joël analyse froidement la situation. A le croire, « la question n’est ni la nationalité du repreneur ni le prix affiché. Le véritable enjeu est systémique », conclut l’expert.
Pour sortir, il explique, arguments à l’appui, que « Alucam est le nœud stratégique capable d’absorber les excédents du barrage hydroélectrique de Nachtigal, de catalyser la transformation en alumine de la bauxite de Minim-Martap et Ngaoundal ».
Et « d’alimenter une filière manufacturière encore embryonnaire. En d’autres termes, la fonderie ne vaut pas seulement pour ses lingots, mais pour sa capacité à reconfigurer la balance des paiements et l’utilisation du capital énergétique public ».
















