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Ordures ménagères à Douala : Entre puanteur et fumée nocive

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Trans Afrique

Bonabéri à Douala 4ᵉ semble ravir la vedette aux autres quartiers de la ville pour ce qui est du brulage sauvage des ordures ménagères. Ici, la mode est de mettre le feu à des déchets en volume important dans les rues.

Mama Olive est une commerçante au marché du rail à Bonabéri elle a son petit comptoir où sont exposés les petits biscuits, les bonbons et autres. Non loin d’elle, un immense tas d’ordures trône. Sandra est à côté, elle est installée avec une petite table. Elle fait le pari sportif. La jeune fille, la trentaine à peine, porte un masque noir qui la quitte plus. Une toux sèche la tourmente depuis quelques jours. « Je ne respire plus depuis quelques jours, les vendeurs de pastèques ont décidé de brûler ce tas d’ordures. La fumée qui s’y dégage m’a rendu malade. Je traîne une toux sévère. Il m’a été conseillé de porter le masque pour éviter le pire. C’est surtout la nuit que cette fumée devient plus nocive. Ça me pique les yeux. Et les parieurs même s’en plaignent. Et je ne sais chez qui se plaindre ou aller puisque chacun a son espace bien délimité », déclare Sandra.

Meme don de cloche presque chez mama Olive : « ce sont les gars qui vendent les pastèques qui mettent le feu pour libérer les espaces occupés par les ordures. Ils ne peuvent plus verser leurs produits. Les populations préfèrent déverser les ordures ici et en une semaine, c’est le mont Cameroun qui se forme. Et comme les gars d’Hysacam ne viennent pas facilement, voilà le résultat. Je ne manque plus un morceau de tissu pour protéger mon visage. De jour comme de nuit, il est difficile de respirer et même d’ouvrir les yeux. Vous avez vu la jeune fille là. Elle est la plus touchée parmi nous », nous raconte-elle aussi.

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Dans les narines et les yeux

Autre lieu, autres calvaires, lieudit gare routière de Bonabéri. En pleine chaussée, les ordures occupent un bon espace. Près de 2 mètres en longueur, les populations ont choisi de mettre du feu à un bout. Une épaisse fumée  frappe les usagers  des deux côtés de la route ; « je suis obligé de lever les vitres de ma voiture à l’approche de cet endroit pour éviter que j’aspire cette fumée qui pique dangereusement dans les narines et les yeux aussi », déclare Adamou qui appelle les autorités à faire quelque chose : il faut dire aux populations de ne plus mettre du feu sur les ordures car c’est un danger pour tout le monde.

Au lieudit cimetière, par la nouvelle route toujours au quartier Bonabéri, les personnes ayant les petites activités aux environs ont souffert de la fumée : « j’avais déserté mon petit garage de motos. Je venais quand parfois Hysacam passait ramasser ces ordures pour m’éviter les problèmes respiratoires comme certains en ont eu parmi nous ici. Il a fallu l’intervention des sapeurs-pompiers pour nous tirer du calvaire», va dire, Augustin.

Le brûlage sauvage, conséquences énormes

Selon les experts en environnement, «l’incinération des ordures ménagères par les populations à l’air libre ou encore le brûlage sauvage a des conséquences graves et immédiates. On peut souligner la libération de dioxines et des furanes, pouvant causer des maladies respiratoires et des cancers. Des toxines qui polluent de l’air. Les sols et même les eaux. Sans oublier les risques d’incendies. Cette pratique nuit gravement à la santé publique et à l’environnement », explique Benjanin Ntolo.

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Conséquences sur la santé publique

Les professionnels de la santé parlent des maladies respiratoires causées pat l’émission de particules fines et de fumées toxiques à long terme, la libération de dioxines et de furanes augmente les risques de cancers et de malformations congénitales, les maladies respiratoires, le mal des yeux. Cela peut aller jusqu’à « la contamination des aliments dès lors que ces  se déposent dans l’air, l’eau et le sol. Cela va entamer les cultures et autres aliments de consommation », nous font comprendre les médecins.

Conséquences sur l’environnement

Il y a la pollution atmosphérique avec notamment l’émission de fumées toxiques et de gaz à effet de serre. Les environnementalistes parlent avec insistance de la contamination des sols et des eaux: « Les résidus de combustion, donc les cendres, contiennent des métaux lourds et des polluants persistants qui s’infiltrent dans les sols et les nappes phréatiques. Il y a la destruction de la biodiversité avec comme conséquence directe, la pollution qui affecte les écosystèmes locaux. Il ne faut pas négliger ou oublier les risques d’incendie. En effet, le brûlage sauvage peut facilement échapper au contrôle et causer des incendies de maisons ou des véhicules au passage. Pour dire vrai, le brûlage des ordures par les populations est une pratique fortement déconseillée, car elle remplace un problème de gestion de déchets par des risques sanitaires et environnementaux majeurs », explique Pierre Chekem, environnementaliste.

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