Au moins trente civils ont été tués jeudi lors d’une série d’attaques dans plusieurs villages de l’ouest du Niger, pays sahélien miné par des violences régulières de groupes jihadistes ou de bandits armés.
L’identité des assaillants est inconnue
« Trente martyrs sont tombés et au moins 500 têtes de bétail ont été emportées » par les assaillants, qui se sont « retirés dans un pays voisin où se trouve leur base arrière », a déclaré lundi à la radio d’Etat le gouverneur de la région de Tahoua, le colonel Souleymane Amadou Moussa. Selon le gouverneur, qui s’est rendu dimanche sur les lieux des attaques, « le secteur est sous le contrôle des forces de défense et de sécurité ». Il a invité « les populations à vaquer normalement à leurs occupations« .
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La région de Tahoua – frontalière du Nigeria – où ont eu lieu les attaques est le théâtre de violences jihadistes et abrite aussi des foyers de « bandits » armés, opérant entre les deux pays. Selon la radio d’Etat, les assaillants arrivés à moto ont ciblé trois villages isolés au milieu d’espaces montagneux du département de Birni N’Koni, tout proche du Nigeria voisin. Elle précise que 5 personnes ont été blessées.
« Les assaillants étaient venus lourdement armés sur de nombreuses motos, ont tué au moins 30 personnes et sont retournés vers le Nigeria« , a confirmé un résident de Zata, l’un des villages attaqués, sur une radio locale.
– Auxiliaires civils de l’armée –
Début mars, une attaque « terroriste », selon l’Agence nigérienne de presse (ANP, média d’Etat) a visé une base militaire de drones dans l’aéroport de Tahoua. Repoussée par l’armée, elle a fait quelques blessés parmi les soldats. Environ une semaine avant, un douanier et au moins trois civils avaient été également tués dans une attaque « terroriste » contre un poste de contrôle dans le département de Birni N’Koni, selon des sources locales.
La région de Tahoua où ont eu lieu les attaques – frontalière du Nigeria – est le théâtre de violences jihadistes et abrite aussi des foyers de « bandits » armés, opérant entre les deux pays. La région de Tahoua est également réputée pour ses routes de contrebande d’essence, de drogues et de produits pharmaceutiques de contrefaçons.
Embuscades
Par ailleurs, selon l’ONG Acled, l’Etat islamique au Sahel (EIS) a commencé à revendiquer publiquement des attaques, notamment des embuscades contre l’armée nigérienne dans cette zone. La junte à la tête du Niger depuis 2021 peine a endiguer les violences jihadistes qui minent le pays depuis près d’une décennie.
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Dans sa partie ouest, près du Burkina Faso et du Mali, elle est confrontée aux attaques récurrentes de l’EIS et du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), la branche sahélienne d’Al-Qaïda. L’EIS a même frappé l’aéroport de Niamey fin janvier. Dans le sud-est, ce sont les groupes Boko Haram et sa branche dissidente l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) qui sont actifs. Le régime militaire du Niger a annoncé vendredi la formation prochaine d’auxiliaires civils de l’armée engagés militairement, recrutés parmi d’anciens soldats et des habitants, qui devront défendre leurs territoires respectifs.
Au Nigeria, également minée dans plusieurs régions par différents types de violences, l’insurrection jihadiste qui dure depuis 16 ans a fait des dizaines de milliers de morts et deux millions de déplacés, selon l’ONU.
© Agence France-Presse
















