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Longs séjours de Paul Biya: l’Upc-Manidem dénonce une pratique monarchique.

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Le comité directeur de l’Upc-Manidem vient de commettre une lettre ouverte à l’endroit du chef de l’Etat absent du pays depuis plusieurs jours.

Le long séjour du président de la République hors du pays inquiète l’Upc-Mabidem. Le bureau du comité directeur de cette chapelle politique vient d’adresser une lettre ouverte au chef de l’Etat pour dénoncer cette situation qui dit-il relève « d’une pratique monarchique digne des siècles obscurs en Occident ».

« Monsieur le Président de la République, Mesdames et Messieurs les autorités politiques et administratives, Au moment où nous vous adressons ce courrier, cela fait déjà près de 50 jours que le peuple kamerunais est sans nouvelles probantes du Chef de l’État. Alors que le peuple s’interroge sur la situation de celui à qui il est censé avoir délégué une partie de son pouvoir, vous, autorités administratives, le menacez de représailles, lui ordonnant de cesser d’exprimer librement ses légitimes inquiétudes et ses interrogations », écrit le comité directeur.

Pour qui « ce mépris total du peuple, que vous êtes certes habitués à lui servir depuis des décennies, ne passera pas cette fois-ci ». Selon l’Upc-Manidem, « une fois encore, mais une fois de trop, le Kamerun se trouve confronté à une crise de gouvernance, une crise qui découle du mépris constant des principes démocratiques et républicains par une élite dirigeante accrochée à ses privilèges, sourde aux aspirations du peuple et aveugle aux souffrances des couches les plus vulnérables ».

 

A lire : Paul Biya en campagne dans l’Adamaoua

 

 

Raison pour laquelle,  » nous prenons notre plume aujourd’hui pour dénoncer ces absences répétées, inexpliquées et prolongées du chef de l’État, absences qui plongent la nation dans une incertitude dangereuse, à la fois sur le plan économique international, sur la légitimité de l’exercice du pouvoir et sur la survie même de l’État kamerunais« , explique le comité directeur.

Et de penser que « dans une République, un Chef d’État, monsieur le président, n’est pas un monarque. Il est l’émanation de la volonté populaire, et à ce titre, se doit de rendre des comptes à la nation. Vos longs séjours hors du territoire national, sans explications claires, relèvent d’une pratique monarchique digne des siècles obscurs en Occident. Un tel comportement est indigne de votre fonction et incompatible avec les exigences d’un État moderne ».

Le comité directeur de l’Upc-Manidem soutient que « les populations, déjà accablées par les crises économiques, sociales et écologiques qui s’abattent sur elles du fait de vos mauvais choix depuis 42 ans, ont le droit d’être informées de manière transparente sur l’état de santé de celui à qui elles sont censées avoir confié les rênes du pouvoir. En vous dissimulant derrière des ministres qui multiplient les communiqués tardifs, contradictoires et menaçants, vous alimentez les suspicions, les rumeurs et le désordre ».

 

A lire : Débat sur la santé de Paul Biya : Jean Michel Nintcheu recadre Atanga Nji

 

Du point de vue de cette formation politique, « la République, Monsieur le Président, ne peut être gérée dans l’opacité et des silences dédaigneux ». Conséquence : « cette dérive autoritaire, orchestrée par des clans qui se disputent le pouvoir et qui ne reculent devant aucune bassesse pour préserver leurs positions, expose le pays à de graves périls. Pendant que les inondations ravagent nos villes, que la pauvreté s’étend et que la corruption mine l’appareil d’État, l’absence prolongée du chef de l’État devient le symbole de l’abandon de poste, c’est-à-dire de l’abandon d’un peuple à lui-même, dans un contexte où le népotisme et la corruption, la course à l’enrichissement des autorités et la violence sont devenus les seuls critères de gestion ».

L’Upc-Manidem qui met en garde les autorités affirme que l’Histoire est le tribunal des peuples. « Elle retiendra les noms de ceux qui auront pris part à la déliquescence de ce pays », avise l’Upc-Manidem. qui pense que « le peuple kamerunais mérite un gouvernement qui se soucie de son bien-être, qui le protège, et non un régime qui l’ignore et l’abandonne au gré des luttes de pouvoir internes ».

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