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Israël: le pays face aux menaces de guerre avec l’Iran

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A Haïfa, le grand port du nord d’Israël, ou à Tel-Aviv, dans le centre du pays, des habitants expriment leur lassitude. Mais se disent prêts face à la menace de frappes iraniennes, devenue pour eux « une sorte de routine ».

« Quoi qu’il arrive, quoi que nous fassions, que cela nous concerne directement ou pas du tout, nous sommes en permanence sous la menace« , confie Maya Liya Cohen, une avocate qui habite Haïfa. »La menace de la guerre est pour nous une sorte de routine », dit-elle.

L’ombre de la guerre, diffuse depuis des semaines, s’est précisée ces derniers jours à mesure que grandit l’escalade entre Washington et Téhéran, et avec elle les risques de représailles iraniennes contre Israël, ennemi juré de la République islamique, en cas d’attaque américaine sur l’Iran.

Pour beaucoup d’Israéliens, ce climat de tensions ravive le souvenir de la guerre de 12 jours qui avait opposé leur pays à l’Iran en juin 2025, déclenchée par une attaque israélienne sans précédent ayant visé en premier lieu le haut commandement militaire iranien ainsi que les lanceurs de missiles et les installations du programme nucléaire.

L’Iran avait riposté en bombardant Israël avec une pluie de missiles et de drones, interceptés pour la plupart, mais qui avaient fait 28 morts et de très importants dégâts, notamment dans la région de Tel-Aviv et dans le sud du pays.

« Nous avons une pièce sécurisée, qui est toujours prête. C’est notre chambre. Nous avons de l’eau, un kit d’urgence », raconte Maya Liya Cohen.

Guerre Iran-Israël: les derniers développements

« Avant, nous étions réveillés au milieu de la nuit par une sirène et nous ne savions pas ce que c’était. Mais c’est arrivé. Et pour nous, malheureusement, c’est devenu une routine. Si nous entendons les sirènes, nous allons nous cacher », ajoute-t-elle.

L’incertitude ambiante

Shira Pinkas, écrivaine et professeure de yoga de 52 ans, qui vit à Kiryat Ono, une banlieue de Tel-Aviv, se dit « usée » par l’incertitude ambiante.

Elle vit avec ses deux filles de six ans dans son appartement situé au cinquième étage d’un immeuble et équipé d’un « mamad », une pièce sécurisée.

Shira Pinkas raconte avoir toujours une petite valise prête à portée de main. Malgré cela, elle ne se sent pas en sécurité.

« La dernière fois (en juin) à dix minutes d’ici, à Petah Tikva, des gens qui s’étaient réfugiés dans un mamad au cinquième étage ont été tués par un missile », se souvient-elle.

Pendant la guerre de juin 2025, Shira Pinkas et sa famille ont dormi dans son studio de yoga, situé en sous-sol à quelques rues de son immeuble.

« J’ai préparé mes filles à ce qu’on reparte dormir dans le studio », dit-elle.

Devenir résilient

« En janvier j’étais très stressée, j’étais sûre que nous aurions de nouveau des missiles, mais maintenant j’ai moins peur. Il y a une usure », souligne-t-elle. « Je trouve que pour survivre à des situations comme ça, quand tu ne sais pas ce que réserve l’avenir, s’il y aura ou pas une menace pour ta vie, tu dois changer ton point de vue, devenir résilient. »

L’armée israélienne « suit de près l’évolution de la situation en Iran et reste en alerte, prête à vous défendre », a déclaré vendredi son porte-parole, le général de brigade Effie Defrin, dans un message vidéo.

« Nous sommes conscients du sentiment d’incertitude et de la tension ressentis par la population à la lumière des développements régionaux », a-t-il ajouté, en soulignant que les consignes à l’intention de la population n’avaient pas changé.

« L’imminence d’une guerre » 

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé lundi que son pays vivait « des jours complexes et difficiles ». « Nul ne sait ce que demain nous réserve, nous restons vigilants, nous nous préparons à tout scénario », a-t-il lancé devant le Parlement.

Vendredi, les Etats-Unis ont recommandé au personnel non-essentiel de leur ambassade de quitter Israël, pendant qu’en Méditerranée, le plus gros porte-avions du monde, l’USS Gerald Ford, poursuivait sa route vers la région.

Pour Yehuda Goldberg, cadre dans une entreprise de communications à Haïfa, la vie continue malgré « l’imminence d’une guerre ».

« Nous sommes prêts à tout. Mais d’un autre côté, nous vivons notre vie à fond », dit-il. « Dire que c’est confortable, que c’est facile, non ». Mais « c’est notre honneur et notre devoir de défendre notre pays, de défendre notre peuple ».

© Agence France-Presse

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