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Guerre Moyen-Orient sous deux semaines : Washington promet la victoire, les bombes continuent de tomber

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La guerre Moyen-Orient sous deux semaines, c’est le délai fixé vendredi par le secrétaire d’État américain Marco Rubio pour atteindre les objectifs de Washington en Iran. Samedi 28 mars, le conflit entre dans son deuxième mois sans aucun signe d’apaisement. Israël et l’Iran s’échangent des frappes. Les civils paient le prix le plus lourd.

Un deuxième mois de guerre sans trêve

Le conflit a éclaté le 28 février, quand des frappes américano-israéliennes ont ciblé l’Iran. Depuis, les échanges de tirs entre Tel-Aviv et Téhéran n’ont jamais cessé. Chaque nuit apporte son lot d’explosions et de destructions dans les deux pays.

Samedi à l’aube, un journaliste de l’AFP à Téhéran a entendu une dizaine de violentes explosions. Des panaches de fumée noire s’élevaient depuis l’est de la capitale. Peu après, comme lors des nuits précédentes, l’armée israélienne a annoncé être en train de « frapper des cibles du régime » dans la ville.

En Israël, au moins une personne a été tuée et deux autres blessées à Tel-Aviv. Les services de secours ont confirmé ces bilans après une alerte militaire signalant des tirs de missiles depuis l’Iran. Deux personnes supplémentaires ont été blessées par du shrapnel dans le sud du pays.

Guerre Moyen-Orient sous deux semaines : la promesse de Marco Rubio

Vendredi, Marco Rubio a pris la parole à l’issue d’une réunion du G7 organisée près de Paris. Le secrétaire d’État américain a fixé un horizon précis. « Quand nous en aurons fini avec eux, dans les deux prochaines semaines, ils seront plus affaiblis qu’ils ne l’ont été dans l’histoire récente », a-t-il déclaré devant des journalistes.

Rubio a également soutenu que Washington pouvait encore atteindre ses objectifs sans envoyer de troupes au sol en Iran. Cette affirmation contraste avec des informations simultanément publiées par le Wall Street Journal et le site Axios. Selon ces deux médias, les États-Unis envisageraient d’envoyer au moins 10 000 soldats supplémentaires dans la région.

L’émissaire américain Steve Witkoff a, de son côté, exprimé l’espoir de tenir des discussions avec l’Iran dans les jours à venir. Téhéran continue pourtant de riposter militairement.

La menace iranienne sur le prix du pétrole

Le vice-président iranien Esmael Saghab Esfahani a publié une mise en garde directe sur le réseau X. « Posez le pied sur le sol iranien, et 150 dollars deviendra le prix plancher du pétrole », a-t-il écrit. Les marchés ont déjà réagi : le cours du Brent a terminé vendredi en hausse, au-dessus de 112 dollars le baril.

Des pays du monde entier ont annoncé ces derniers jours des mesures d’urgence pour répondre à la flambée des prix de l’énergie. La distribution de gaz et de pétrole est perturbée à l’échelle internationale depuis le début du conflit.

Bouchehr frappée pour la troisième fois, l’AIEA s’alarme

La centrale nucléaire de Bouchehr, dans le sud de l’Iran, a été visée samedi par une nouvelle frappe. C’est la troisième en dix jours, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui cite des responsables iraniens. Les autorités n’ont signalé aucun dégât sur le réacteur actif ni aucune fuite radioactive.

Le directeur de l’AIEA, Rafael Grossi, a néanmoins renouvelé son appel « à une retenue militaire maximale pour prévenir le risque d’un accident nucléaire ». Chaque nouvelle frappe sur ce site ravive les craintes d’une catastrophe nucléaire non intentionnelle. La communauté internationale suit la situation avec une inquiétude croissante.

Des armes interdites frappent un immeuble résidentiel à Tel-Aviv

Le chef du commandement intérieur de l’armée israélienne, le général Miki David, a décrit les dégâts causés dans un bâtiment résidentiel de Tel-Aviv. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, il a qualifié les destructions de « considérables ». Un missile à sous-munitions en est responsable.

« L’appartement a été touché par une bombe à sous-munitions (…) qui a traversé le toit, a traversé un étage, puis a explosé au deuxième étage », a-t-il précisé.

Les armes à sous-munitions dispersent sur une zone étendue des dizaines de petites charges explosives. Une partie de ces charges n’explose pas à l’impact, causant des victimes civiles longtemps après les frappes. Une convention internationale de 2008 interdit ce type d’armement. Plus d’une centaine de pays l’ont ratifiée. Ni l’Iran ni Israël n’en font partie.

Le conflit déborde : Yémen, Liban, Arabie saoudite, Émirats

Un premier missile houthi vise Israël depuis le Yémen

Israël a annoncé avoir reçu pour la première fois un missile tiré depuis le Yémen. Les rebelles Houthis, soutenus par Téhéran, avaient peu avant menacé de se joindre au conflit. Cette frappe illustre une nouvelle extension géographique d’une guerre déjà régionale.

Le Liban entraîné dans la guerre depuis le 2 mars

Le Liban est entré dans le conflit le 2 mars, quand le mouvement chiite Hezbollah, soutenu par l’Iran, a commencé à tirer des roquettes sur Israël. Depuis, l’aviation israélienne bombarde le sud du Liban, la plaine de la Bekaa et la banlieue sud de Beyrouth, considérés comme des bastions du Hezbollah.

Le Hezbollah affirme livrer des combats « au corps à corps » dans le sud du pays. Israël y conduit une incursion terrestre profonde avec l’objectif déclaré d’élargir une « zone tampon » le long de sa frontière nord. Selon le bilan officiel publié vendredi, la guerre a fait 1 142 morts et plus d’un million de déplacés au Liban.

Soldats américains blessés en Arabie saoudite, incidents aux Émirats

Dans la nuit de vendredi à samedi, une attaque iranienne a ciblé la base aérienne Prince Sultan, en Arabie saoudite. Selon plusieurs médias américains, l’attaque a blessé au moins 12 soldats américains, dont deux grièvement. Elle a également endommagé deux avions ravitailleurs.

La République islamique a publiquement appelé les civils à s’écarter des forces américaines présentes dans la région. Téhéran a notamment déconseillé de fréquenter les hôtels accueillant des militaires américains au Moyen-Orient.

Aux Émirats arabes unis, des débris issus de l’interception d’un missile balistique au-dessus d’une zone industrielle ont déclenché samedi un incendie à Abou Dhabi. Les autorités ont recensé cinq blessés parmi les ressortissants indiens.

Guerre Moyen-Orient sous deux semaines : les civils dans l’étau

Un mois de frappes, et les populations civiles portent un fardeau de plus en plus lourd. À Téhéran, les habitants vivent désormais au rythme des bombardements nocturnes.

Ensieh, dentiste de 46 ans dans la capitale iranienne, dit « perdre un peu plus espoir chaque jour ». « Nous sommes pris en étau entre trois puissances devenues folles », soupire-t-elle. « La guerre a arraché une partie de moi », ajoute-t-elle.

Conséquences et suite attendue

La guerre Moyen-Orient deux semaines reste l’horizon officiel affiché par Washington. Sur le terrain, rien ne confirme une désescalade prochaine. Les frappes se multiplient, le cercle des belligérants s’élargit et les civils continuent de payer le prix le plus lourd.

Steve Witkoff espère engager des pourparlers avec Téhéran dans les prochains jours. L’Iran, qui riposte sans relâche, n’a donné aucun signe d’un retrait. La semaine à venir sera déterminante pour savoir si cet espoir de négociation peut se concrétiser.

Source : Agence France-Presse

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