À deux jours du quatrième anniversaire de l’invasion russe, les frappes russes en Ukraine reprennent de plus belle. Missiles et drones s’abattent sur le pays. Kiev tremble sous les explosions. Lviv encaisse de nouveaux morts et blessés. Le front, lui, reste presque immobile, tandis que la tension politique explose en Europe. Budapest bloque, Moscou frappe, Kiev résiste. Une séquence dense, brutale, chargée de symboles : la guerre aborde sa cinquième année sans horizon clair, mais avec une intensité intacte.
Missiles, drones, coupures : l’Ukraine sous pression maximale
L’Ukraine vit une nouvelle nuit de sidération.
Dimanche, la Russie tire 50 missiles et 297 drones sur plusieurs régions. L’armée ukrainienne affirme en abattre 33 et 274, mais les dégâts restent lourds. Les infrastructures énergétiques et ferroviaires figurent parmi les cibles prioritaires. Les explosions secouent Kiev vers 04 h 00, puis de nouveau deux heures plus tard. Les habitants replongent dans la peur.
Volodymyr Zelensky précise les objectifs russes :
« Les cibles russes comprenaient non seulement des installations énergétiques, mais aussi des infrastructures logistiques, en particulier ferroviaires et municipales d’approvisionnement en eau », déclare-t-il.
Le message est limpide : Moscou frappe les nerfs vitaux du pays.
Les coupures de courant se multiplient dans la capitale et dans cinq régions du sud et du centre-est. Le ministère de l’Énergie appelle à utiliser l’électricité « avec parcimonie ». Une injonction devenue routine, mais qui rappelle la fragilité du réseau ukrainien après quatre ans de guerre.
Les témoignages recueillis par l’AFP renforcent la tension.
Olga, 48 ans, raconte : « J’ai senti le bâtiment trembler. Il s’agissait clairement d’un impact, et la force (de l’explosion) était importante. J’ai sursauté et mon chien a eu peur lui aussi. »
Anton, voisin, confirme : « Nous dormions. Quand le missile a frappé, nous avons entendu un sifflement – littéralement deux secondes – et il est tombé. »
Ces scènes disent l’essentiel : la guerre reste brutale, intime, imprévisible.
Lviv frappée, la sidération s’étend
À l’ouest, Lviv vit une nuit de choc.
Une explosion dans une rue commerçante du centre-ville tue une policière et fait 25 blessés. L’attaque survient avant même le déclenchement des alertes aériennes. Zelensky parle d’« attaque terroriste » et annonce l’arrestation de « plusieurs personnes ». Selon la police, une Ukrainienne suspectée d’avoir perpétré l’attaque figure parmi les interpellés.
Cette frappe, loin du front, rappelle que la guerre déborde. Le phénomène franchit les lignes, les régions, les routines. Il s’immisce jusque dans les lieux réputés sûrs. Au bout du compte, il dissout les repères.
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Côté russe, la riposte ukrainienne continue.
À Belgorod, région frontalière, deux civils meurent dans des attaques de drones ukrainiens, selon le gouverneur Viatcheslav Gladkov. Le ministère russe de la Défense affirme avoir intercepté plus de 70 drones ukrainiens, dont plusieurs au-dessus de Moscou.
La spirale est totale. Les protagonistes frappent tour à tour. Ils répliquent dans la foulée. Ils orchestrent enfin leur propre récit. Et chaque jour, la frontière entre front et arrière s’efface un peu plus.
Budapest bloque, l’Europe s’agace
Pendant que les missiles tombent, la diplomatie européenne se crispe.
La Hongrie annonce qu’elle bloquera le 20ᵉ paquet de sanctions contre la Russie. Budapest menace aussi d’empêcher un prêt européen de 90 milliards d’euros, crucial pour Kiev. Une nouvelle démonstration de force d’un pays qui entretient des relations exécrables avec l’Ukraine.
La Hongrie et la Slovaquie accusent Kiev de bloquer les livraisons de pétrole russe via l’oléoduc Droujba. Elles dénoncent un « chantage » politique.
L’Ukraine dément, mais le bras de fer s’installe.
Cette tension interne à l’UE n’est pas anecdotique.
Une telle attitude fissure l’unité européenne à un moment critique du conflit.
Elle ouvre simultanément un espace politique à Moscou.
La dynamique alourdit encore la stratégie occidentale.
Au bout du compte, l’épisode rappelle que la bataille se joue autant dans les négociations que sur les lignes de front.
Quatre ans de guerre, un front figé mais mouvant
Depuis le 24 février 2022, la Russie mène une offensive lente mais continue.
Elle occupe aujourd’hui 19,5 % du territoire ukrainien.
Les lignes bougent peu, mais elles bougent encore. Ces dernières semaines, l’Ukraine reprend quelques dizaines de kilomètres carrés dans le sud. Une première depuis 2023. Une avancée modeste, mais symbolique.
Zelensky refuse le récit de la défaite.
« On ne peut pas dire que nous perdons la guerre, honnêtement, nous ne sommes certainement pas en train de la perdre. La question est de savoir si nous allons gagner », affirme-t-il dans un entretien à l’AFP.
Il évoque aussi un élément technique : le blocage, début février, de l’utilisation par les forces russes du système Starlink. Une faille exploitée par l’armée ukrainienne pour mener ses contre-attaques.
Un détail technologique qui illustre une réalité stratégique : la guerre se joue aussi dans les réseaux, les signaux, les connexions.
Pourparlers au point mort, symbolique en surchauffe
Malgré les frappes, malgré les morts, malgré les tensions, les discussions continuent.
Trois sessions de pourparlers ont eu lieu ces dernières semaines à Abou Dhabi et Genève, sous médiation américaine. Sans avancée majeure. Le dialogue existe, mais il tourne en rond.
Mardi, la guerre entrera dans sa cinquième année.
Pour marquer cette date, Emmanuel Macron et Keir Starmer coprésideront une réunion de la « coalition des volontaires » en soutien à l’Ukraine. Certains dirigeants européens participeront depuis Kiev, aux côtés de Zelensky. Aucune participation américaine n’est prévue.
Ce choix en dit long. Il souligne la centralité européenne dans le soutien à Kiev. Il révèle aussi une redistribution des rôles diplomatiques.
Et il rappelle que la guerre, au-delà des missiles, est devenue un enjeu de leadership international.
Une guerre qui dure, une société qui tient
Quatre ans après le début de l’invasion, l’Ukraine reste debout.Les villes encaissent. Les habitants s’adaptent. Les infrastructures se réparent. Les armées s’ajustent.Mais la fatigue est immense.Les pertes sont colossales.Les réfugiés se comptent par millions.
La Russie, elle aussi, paie un prix humain et économique considérable.Mais elle avance, lentement, méthodiquement.La Russie teste les défenses ukrainiennes.
Puis elle jauge la résistance politique des alliés occidentaux.Au final, cette stratégie expose les lignes de rupture européennes.
Cette nouvelle salve de missiles, à deux jours d’un anniversaire symbolique, n’est pas un hasard.Cette séquence s’inscrit dans une stratégie de pression.
Plus encore, Moscou cherche à imposer son tempo.
En creux, la situation expose une guerre totale, multiforme, imprévisible.
















