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Commune de Dibombari : le Conseil communal paralysé

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Le divorce est complétement consommé entre la tête de l’exécutif de la commune de Dibombari et 17 conseillers formant la grande majorité du conseil. Ces derniers ont choisi de boycotter toutes les sessions organisées par le maire, bloquant ainsi l’adoption des comptes.

La session convoquée le 22 novembre 2024, a encore accouché d’une souris. Les 17 conseillers en rangs serrés, ont fait chaise vides dans la salle des actes de la mairie, choisissant de prendre un peu d’ombre dans l’esplanade de l’Hôtel de ville pendant que les autres conseillers se trouvaient face à l’autorité préfectorale présidant les travaux. Le temps de constater l’absence du quorum, la séance a été levée et « les comptes de l’exercice 2023 n’ont pas été adoptés, le quorum n’ayant pas été atteint », nous fait savoir un conseiller présent dans la salle.

Comme il fallait donc s’y attendre, on a vécu le second round après le cafouillage du 1er juillet 2024 avec la tenue d’une session qui a connu fortune diverse 17 conseillers avaient alors voter contre et 15 avaient voté pour. C’est alors que le chaos va s’installer jusqu’au 20 novembre 2024, où le groupe de 17 va adresser une correspondance à monsieur le maire avec pour objet : « dénonciation du caractère illégal de la session du Conseil Municipal du 22 novembre 2024 consacré à l’examen et l’adoption du Compte Administratif exercice 2023 ». La correspondance a été servie au Maire par voie d’huissier.

Commune de Dibombari: La médiation du préfet avortée

En parcourant la correspondance dont copie nous a été donnée dans les couloirs de la mairie, on parle de la violation des dispositions de la loi n° 2019/024 du 24 décembre 2019, portant collectivités territoriales décentralisées. L’article 468(1) dispose que : « le compte administratif est adopté par l’organe délibérant au plus tard le 31 mars de l’année suivant l’exercice budgétaire auquel il se rattache. Il est approuvé au plus tard le 30 avril de la même année », lit-on. Et plus loin encore que « les dispositions de l’article 123, 428 et 429 courent jusqu’à ce jour et mettent totalement hors-jeu la tête de l’exécutif la rendant impuissante et inactive de fait » et pour conclure « au regard de tout ce qui précède, nous avons le regret de vous faire savoir par voie de conséquence que nous ne saurons prendre part à cette mascarade », le ton est donc révélateur.

Des mots pour traduire le grand malaise

Herman Kingue Njoh « il y a un certain nombre d’écarts et certains nombres d’insuffisances que nous avons constatés par la tête de l’exécutif communal. Nous avions constaté qu’il y a une absence totale de délibérations. Le cas de l’aménagement du stade municipal de Dibombari. Il y a la construction du pont reliant Njuki à Bomono ba Jedu. Il y a la délocalisation du site devant abriter la cité communale. Il y a la construction d’une salle de classe à l’école publique de Nkapa, le maire a choisi délibérément de détruire un espace de jeu, laissant le site qui avait été préalablement choisi. Voilà un maire qui divise au lieu d’unir. On a vendu tous les moteurs de nos engins lourds », explique le conseiller municipal, signataire de la pétition.

Autant de griefs contre le maire : « C’est depuis 5 ans qu’on crie de la mauvaise gestion. Aujourd’hui personne ne peut dire ce qui a été fait sur le plan de développement de notre village. Rien n’a été fait qui marque les esprits, si ce n’est négativement », déclare Marthe Ndutu Eboulè

La réconciliation mise en échec

« Toutes les tentatives pour sortir de cette impasse ont échoué. Nous avons essayé en tout début de la crise avec des concertations pour que nous sortions de cette impasse. Nous avons adressé des correspondances aux autorités qui se sont déplacées pour venir ici, mais rien. La seule hypothèse maintenant c’est de mettre de côté le chef de l’exécutif municipal qui ne fait qu’à sa tête », a déclaré Anthony Nguila.

Pour Emmanuel Désiré Ngweya « nous allons toujours continuer à saisir les autorités compétentes pour que la légalité règne. Le maire ne se trouve plus dans la légalité pour convoquer une session…et donc nous n’allons plus accepter ses convocations, juste pour éviter la mascarade. C’est une session de conseil municipal hors délai. Nous dénonçant un maire qui pose des actes illégaux… le maire doit quitter la scène car sa gestion depuis quelques années génère plus de problèmes que de solutions…», a déclaré le conseiller.

Mairie de Dibombari : le préfet du Moungo à la manœuvre

 Pour M. Ebanda Songuè, « …il faut au moins que qu’on fasse avec la réglementation, aujourd’hui nous sommes là pour le conseil municipal consacré au votes des comptes communaux où déjà les délais ne sont pas respectés par rapport aux sessions. Un conseil municipal en panne, un maire contesté, des conseillers divisés. La politique locale c’est aussi une question de responsabilité le public attend des actes clairs pas de querelle sans fin pourtant la solution c’est d’appliquer la loi justement la session a eu lieu parce que le représentant de l’État Monsieur le préfet était là mais seulement on n’a pas pu mener les travaux à son terme parce que le quorum de décision n’était pas atteint. Il est quand même cocasse de constater que tous ces conseillers aujourd’hui pris dans la tourmente appartiennent à la même grande famille politique, le Rdpc. Une affaire de famille où chacun semble vouloir laver son linge sale en public mais la vraie question est de savoir pourquoi un maire censé rassembler préfère jouer au chef autoritaire plutôt qu’au médiateur. Pourquoi refuse-t-il de collaborer avec ses propres conseillers les poussant à boycotter les sessions. C’est vraiment dommage qu’une formation politique qui a 95 % des conseillers municipaux ne puissent pas faire passer le compte administratif je pense que c’est le propre des partis conservateurs ou l’intérêt particulier individuel prime sur le collectif… », a laissé longuement entendre le conseiller municipal du Manidem.

Impossible d’avoir la version de monsieur le maire. Les consignes ont été donnés de ne laisser passer aucun journaliste, aucun media n’a été autorisé d’accéder dans la salle des actes. Mêmes les véhicules portant indication des médias ont été interdits de stationner dans l’enceinte de la Mairie, un chargé de mission veillait à la loupe avec un regard de lion.

Au moment de quitter la localité, l’on nous annonce la convocation d’une nouvelle session qui risque « produire les mêmes effets… », nous a-t-on soufflé.

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