pixel

Christine Banguela Soro :  « Nous sommes nées avec une force »

Date:

Pages jaunes
Trans Afrique

Christine Banguela epse Soro  est Ceo de DigieWomen School. Présente à la 4è édition du Stand Up For African Women Entrepreneurs du Club Afrique Développement. Tenue à Douala les 26 et 27 février 2026, nous l’avons approchée pour parler du leadership féminin en Afrique.

Vous avez lancé une citation, je voudrais que vous y reveniez pour nous expliquer la quintessence ?

Cette citation, est d’Hélène Johnson, ancienne présidente du Liberia, qui a dit que « si nos rêves ne nous font pas peur, alors ils ne sont pas assez grands ». En fait, elle voulait nous amener à comprendre que l’entrepreneuriat, ou toute initiative appelée à impacter à l’échelle internationale, commence d’abord par des peurs. Par ces peurs, qui ne sont pas aussi petites, mais qui sont très grandes, et parfois qui dépassent même notre esprit.

Mais ce qui pourrait constituer un blocage, une limite, un stéréotype, est en réalité une force, un moteur. Un catalyseur pour transcender justement ces stéréotypes et nous amener finalement tel un bébé qu’on voit grandir et qui demain nous fait manger les fruits de sa croissance et est capable désormais de faire notre fierté.

Donc en réalité, nous avons besoin de passer par ces peurs, aussi grandes soient-elles, pour pouvoir être ce que nous sommes, comme nouvelle version plus tard.

Est-ce que les femmes ont les mêmes priorités partout ailleurs en Afrique?

Quand on parle de l’Afrique, on a l’Afrique centrale. On a l’Afrique de l’Ouest, on n’a pas toutes les mêmes réalités. Mais pour parler de l’Afrique centrale, moi je reviens du Gabon.

Même dans un seul pays, on n’a pas toutes les mêmes réalités parce que nous ne sommes pas nés de la même manière. D’autres sont nés avec le QR très élevé. D’autres sont nés avec beaucoup de difficultés sociales, économiques et même parfois culturelles.

Mais par contre, nous avons un point commun. Qu’on soit en Afrique centrale. Afrique de l’Ouest et même mondiale, c’est que nous sommes des femmes, des femmes constituées avec un même esprit, qui n’a pas de couleur de peau, des femmes constituées avec un même cœur, avec cette même sensibilité qui nous aide justement à voir les choses en avance et à anticiper.

Des femmes qui ont ce point commun aussi sur le courage, ce courage qui se manifeste déjà dès lors où vous allez remarquer qu’une femme quand elle élève un enfant, elle n’a pas besoin d’attendre d’avoir des millions ou des milliards. Peu importe son niveau social, elle sait élever son enfant, tout comme un animal sait prendre soin, protéger et donner à manger à ses enfants.

On a tout ça en commun et en réalité, la femme africaine devrait comprendre que nous sommes nées avec une force, avec une identité capable de nous amener dans de hautes sphères, dans de hautes dimensions et faire de nous, pourquoi pas, les prochaines leaders africaines qui vont être une inspiration pour les générations futures.

Lorsque vous parlez de leaders, vous faites allusion à qui ?

Le leadership est cette personne qui inspire. Le leadership ne se définit pas par les titres, par l’argent qu’on a. On peut avoir beaucoup d’argent et ne pas être un leader. La femme qui est au marché inspire les nouvelles générations. On a eu des bons modèles de success story tout à l’heure.

C’est une femme qui rappelait qu’elle est née d’une famille pauvre. Aujourd’hui, elle a plusieurs entreprises, parmi lesquelles, une des entreprises qui a 600 membres qu’elle dirige. Mais oui, elle est un leader parce qu’effectivement, elle est un modèle.

EElle a une vision et elle sait emmener les personnes qui la suivent. Non seulement à la suivre, mais aussi à adhérer à cette vision et bien plus à l’impacter. Il y a trois mots qui soutiennent cette tradition.

On parle de connecter, on parle de commercer, on parle de croître. A quelles femmes s’adresse-t-on au juste ?

En réalité, on s’adresse à toutes les femmes. Pour ma part, en tant que professionnelle du digital, j’offre des formations dans le digital à tout type de femmes.

Très bientôt d’ailleurs, nous allons offrir des formations à plus de 50 femmes agripreneurs pour les aider à non seulement cultiver, mais bien plus à transformer, à digitaliser la chaîne de valeur et aussi à transformer.

A qui on s’adresse ?

On s’adresse à tout le monde. Quand on parle de connexion, il y a un point commun qui ressort, ou un élément central qui ressort, c’est le digital. Le digital qui n’appartient plus à une certaine élite, non. L’Internet est accessible à tous et la formation est accessible à tous. Vous savez, à l’époque, pour se former, il fallait qu’on se déplace, aller dans certains pays, avoir même des parents riches, etc.

Aujourd’hui, pour ma part, par exemple, je suis certifiée Google Marketing Digital. C’est une formation, à l’époque, qui coûtait plus de 3500 dollars. Donc, c’était les formations de Google et dans leur politique RSE, qu’ils ont décidé de les mettre à disposition gratuitement, gracieusement.

Il revient à nous, les femmes, de pouvoir optimiser, tirer profit de notre temps passé sur Internet. Qu’est-ce que nous en faisons ? Quand on passe plus de 2 heures, plus de 3 heures avec des mégas, qu’est-ce que nous en faisons ? Est-ce qu’on sortira de là ? Nous avons tissé un lien, une relation, un partenariat. Nous avons mieux vendu.

Si nous sommes commerçants, puisque nous parlons de connecter, est-ce que nous avons tissé des connexions stratégiques capables de nous aider à quitter d’un point A à un point B ? Voilà de quoi il s’agit.

Et aujourd’hui, cette opportunité est donnée à tout le monde et plus personne n’aura raison ou pourra se justifier de son état. Vous vous tenez compte que la fracture numérique est énorme en Afrique ? Il faut poser la question à qui on renvoie la responsabilité.

Est-ce que la responsabilité revient aux femmes, aux États ?

pElle est partagée cette responsabilité. Mais je dis souvent que le premier responsable de ce que nous sommes, c’est nous-mêmes, par nos choix. Quand nous nous levons chaque matin, quel est notre objectif ? Quand nous nous levons chaque matin, où voulons-nous aller ? Quelle est la vision que nous avons sur 6 mois, sur 1 an, sur 2 ans ?

Si notre vision, nous sommes une commerçante de piments au marché principal ou même dans notre quartier. Est-ce que d’abord nous avons une vision à long terme ? C’est-à-dire, OK, aujourd’hui je vends au quartier, mais demain je veux vendre, comment on appelle le marché principal du Cameroun ? Le marché central.

Le marché central. Est-ce que de chez moi, ma vision c’est d’atteindre le marché central ? Est-ce que dans mon rêve, demain, c’est de dépasser le marché central et de me dire, bon, je vends du piment, je vends de la tomate, demain je vais la transformer pour vendre, pourquoi pas, à la diaspora ? Pour vendre, pourquoi pas, au pays d’Afrique centrale ? Envoyer des camions, des conteneurs. Donc tout dépend en fait de ce que nous avons comme matière, comme acquis.

Pour moi, la première responsabilité c’est nous. Et quand on parle de fracture sociale, justement le numérique, le digital est là pour aider à pallier justement à cette fracture sociale au travers de la formation. Et c’est tout le travail que nous faisons au sein de Digi Women’s School.

Former particulièrement les femmes dans les métiers du numérique. De sorte qu’elles ne soient plus en marge, qu’elles soient outillées. Qu’elles soient vraiment formées, qu’elles puissent avoir de la matière qui va les aider désormais à pouvoir être compétitives sur le marché et davantage croître comme la thématique nous l’a dit.

Alors on va sortir par cette question. Il y a une sorte de mimétisme parce qu’on se retrouve que dans une communauté de femmes, les femmes veulent faire la même chose à la fois. S’il y a quelqu’un qui est apprécié pour le piment, les gens vont la suivre dans ce piment-là.

Femmes dynamiques
Femmes dynamiques

Si vous avez un conseil à donner aux femmes dans leurs ‘activités, qu’est-ce que vous leur dites ?

Alors moi il y a un mot qui me conduit dans tout ce que je fais. Et c’est un conseil que je donnerais aux femmes, c’est le mot innovation. Peu importe le nombre de personnes qui font ce que nous faisons. Dès lors où nous sentons, premièrement parce que c’est un prérequis. Avoir l’appel de ce qu’on fait, parce qu’on échoue dans ce en quoi on n’est pas appelé.

Mais quand nous sommes appelés, si vous êtes appelés au journalisme, vous allez réussir dans le journalisme. Mais à quel moment, si le marché est compétitif, vous allez vous en sortir ? C’est quand vous allez intégrer l’innovation. Si je vends du piment, comprenez qu’à un moment donné, il faudra retravailler la cible.

Peut-être que le piment qui est sur le marché s’adresse à tout le monde. Et vous en ce moment, avec l’innovation, il y a beaucoup d’idées qui viendront. Vous allez vous dire, bon moi, désormais je veux vendre mon piment aux hôtels, désormais je veux vendre mon piment à une certaine classe élite. Ça veut dire que vous allez retravailler votre proposition de valeur. Et ça, ça va passer bien sûr pourquoi pas apporter des éléments comme du piment bio.

Là où on sait que sur le marché, on a des pesticides et plein d’autres choses, vous, vous allez venir avec une proposition de valeur en disant, moi c’est du bio. Moi je m’adresse au cardiaque. Et c’est là en fait qu’on se filtre pour pouvoir atteindre une cible spécifique, avant de pouvoir développer aussi la chaîne de valeur.

Parce que désormais, en plus même du piment, on pourrait se retrouver en train de vendre d’autres produits. Dérivés du piment pour pouvoir être compétitif sur le marché.

- Pub -
Pages jaunes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Partager :

spot_imgspot_img

Populaires

Dans la même catégorie
Associé

Rentrée judiciaire : La Cour suprême contre les litiges fonciers

Le président de la Cour suprême dénonce les pratiques...

Coopération: Des chefs chez l’ambassadeur d’Allemagne

L'ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne au Cameroun a...

Mouna Kadiri : « Les femmes africaines ont des leçons à donner »

Mouna Kadiri est la directrice Club Afrique Développement du...

Douala : Ville de promotion des femmes entrepreneures

La rencontre multisectorielle marquant la 4ᵉ édition du programme...