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TikTok : derrière l’accord, encore beaucoup de questions

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Cession de TikTok aux États-Unis : un décret qui soulève plus de questions que de réponses. Jeudi, le président Donald Trump a signé un décret sur la cession de TikTok. L’annonce, relayée par le gouvernement américain, laisse de nombreuses zones d’ombre. Le rôle futur de ByteDance reste flou. La gestion de la plateforme n’est pas clarifiée. Et les conditions de l’accord suscitent déjà des interrogations stratégiques et politiques.

Quelle place pour ByteDance ?

Sur le papier, le géant chinois d’internet voit sa participation descendre légèrement en deçà de 20 % et vend ou loue une licence de son fameux algorithme, qui a fait le succès planétaire de TikTok.

Mais des doutes subsistent sur la capacité d’Oracle, chargé de la gestion de l’algorithme américain, à le faire fonctionner en totale autonomie, sans mises à jour de ByteDance.

Le décret assure que les utilisateurs américains pourront voir des contenus mis en ligne hors des États-Unis, ce qui nécessiterait, a priori, une interaction entre les serveurs d’Oracle et ceux de ByteDance à l’étranger.

Or, le but affiché du texte voté en avril 2024 au Congrès, qui a provoqué la vente de TikTok États-Unis, est d’empêcher tout accès aux données d’internautes américains par ByteDance et, potentiellement, aux autorités chinoises.

Président de la commission aux Affaires chinoises de la Chambre des représentants, le républicain John Moolenaar a rappelé ce point vendredi et prévenu qu’il « (effectuerait) une revue complète de cet accord ».

« ByteDance a montré à maintes reprises qu’il était un acteur malveillant », a martelé l’élu.

– Quand la sécurité nationale justifie tout –

Le décret « ne donne aucune précision sur la manière dont la sécurité nationale sera préservée », estime Carl Tobias, professeur de droit à l’université de Richmond.

Pourquoi la valeur de TikTok s’est-elle effondrée ?

JD Vance a affirmé que la version américaine du réseau social serait valorisée 14 milliards de dollars.

Espen Robak juge la valorisation trop basse. Il s’appuie sur le prix des actions attribuées aux employés. Il compare aussi les chiffres d’affaires disponibles. Selon lui, l’estimation ne reflète pas le potentiel réel. Le montant annoncé sous-évalue fortement l’actif. Et soulève des doutes sur les conditions de l’opération.

En début d’année, la start-up Perplexity, rivale de Google, a proposé 50 milliards.

Certains mettent ce coup de rabot sur le compte des conditions de la vente, forcée par le Congrès américain.

La valorisation de TikTok États-Unis reste controversée. Selon Bloomberg, ByteDance conservera au moins 50 % des bénéfices. En échange, le géant chinois fournirait l’algorithme sous licence. Ce partage limite la rentabilité du futur TikTok américain.

Il pèse sur l’estimation du capital. Et il soulève des questions sur la souveraineté technologique. Autrement dit, l’accord structurel freine la valeur perçue. Même avec des investisseurs puissants, le modèle reste dépendant.

Jeudi, JD Vance a avancé un chiffre. Mais il a aussitôt nuancé. Selon lui, seuls les investisseurs peuvent juger de la vraie valeur. La valorisation reste ouverte. Elle dépend des projections, des marges, et du contexte politique. Autrement dit, le marché tranchera.

TikTok va-t-il virer à droite ?

Oracle, Silver Lake et le fonds MGX prennent position. Chacun vise 15 % du capital. Ensemble, ils forment une participation de contrôle. Tous sont perçus comme proches de Donald Trump. Leur entrée change l’équilibre. La gouvernance pourrait basculer. La ligne éditoriale aussi. L’opération dépasse le simple rachat : elle redessine les rapports de force.

L’incertitude persiste. Les rôles restent flous. Les prérogatives ne sont pas définies. Jeudi, le président américain a élargi le casting. Michael Dell rejoint le projet. Rupert Murdoch aussi. Leur présence soulève de nouvelles questions. La gouvernance reste à clarifier.

Des investisseurs proches de Donald Trump entrent au capital. Leur influence peut orienter la ligne éditoriale. L’algorithme peut changer. La modération peut s’assouplir. Les contenus conservateurs peuvent gagner en visibilité. La plateforme risque de pencher à droite. Ce glissement peut s’accélérer après la finalisation. Tout dépend du niveau d’intervention. Et de la réaction des utilisateurs.

« Tout le monde sera traité équitablement », a assuré jeudi le chef de l’État. « Si je pouvais en faire du 100 % MAGA (« rendre à l’Amérique sa grandeur », slogan de Donald Trump), je le ferais. Mais ça n’arrivera pas. »

Contrairement à Elon Musk, qui relaie ouvertement les idées de la droite américaine sur X, les investisseurs annoncés restent discrets. À l’exception de Rupert Murdoch, aucun ne s’expose publiquement. Ils évitent les prises de position. Surtout, ils n’ont aucune expérience dans les médias. Autrement dit, leur influence ne passe ni par les tribunes, ni par les réseaux.

Source : Agence France-Presse

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