C’est le verdict de l’affaire opposant Emmanuel Leubou cadre du Minfi à l’Etat.
Le verdict est tombé comme un couperet. Emmanuel Leubou, ancien président de l’Unisport du Haut-Nkam et cadre du Minfi écope de18 ans de prison. Le Tribunal criminel spécial vient ainsi de rendre son premier verdict dans l’une des affaires concernant l’ancien chef de la cellule informatique de la direction des dépenses du personnel et des pensions du Minfi. Le Tribunal criminel spécial (TCS) a effectivement vidé sa saisine dans l’affaire de l’attribution frauduleuse des salaires consulaires à des personnels de l’Etat en service au pays.
L’ancien chef de la cellule informatique de la Direction des dépenses du personnel et des pensions (Ddpp), vedette malgré lui de cette affaire, a été frappé de 18 années de prison ferme à la suite d’une procédure judiciaire parmi les plus controversées. Le trio des juges, présidé par Mme Siewe Yvette, a vidé sa saisine dans une salle d’audience particulièrement vide selon le journal Kalara.
Dans l’affaire dite de l’attribution frauduleuse des salaires consulaires (aux taux extérieurs) à certains personnels de l’Etat, le TCS a infligé 18 ans de prison à M. Leubou Emmanuel, l’accusé le plus célèbre parmi les mis en cause. L’informaticien a préalablement été déclaré coupable, avec trois autres, de «coaction de complicité de détournement des biens publics de 320.863.422 francs». M. Panko Philippe Raoul, coaccusé de M. Leubou et inspecteur du Trésor, qui faisait office de chef de file des accusés, a été frappé pour sa part de 25 ans de prison.
Pour ce même motif, M. Zé Georges Raoul, aussi connu tantôt comme Tomo Achile, Georges Michael ou Georges Bengono, ancien militaire qui avait pris la poudre d’escampette alors que le dossier était en jugement, et M. Ousmane Boukar Maliki alias Malloum Boukar, sous-officier de l’armée marine déclaré en fuite depuis la période des enquêtes, ont reçu les condamnations pénales les plus lourdes : la prison à perpétuité.
Il faut dire que les mis en cause ont toujours clamé leur innocence. Cette affaire fait partie de bien d’autres liées aux détournements de deniers publics qui ont défrayé la chronique. Des scandales financiers à la pelle dans un pays où règnent pauvreté, paupérisation… mal gouvernance. « C’est étonnant que dans un pays où les gens mangent à peine, se soignent difficilement qu’on apprenne que des gens auraient détourné des centaines de milliards de francs », dénonce un membre de la société civile.
















