Trump défie la plus haute juridiction du pays. Vendredi, il s’en est pris violemment aux juges de la Cour suprême qui ont annulé ses droits de douane, affirmant avoir « honte » d’eux et les accusant d’être sous « influence étrangère ». Cette charge, d’une virulence exceptionnelle, a encore attisé le bras de fer entre la Maison‑Blanche et la SCOTUS, transformant un revers judiciaire en confrontation ouverte.
« J’ai honte pour certains membres de la Cour, totalement honte, parce qu’ils n’ont pas eu le courage de faire ce qui était bon pour notre pays », a lancé le président américain, qui peinait à contenir sa fureur, en s’adressant aux journalistes depuis le pupitre de la salle de presse de la Maison‑Blanche. Et cette déclaration, d’une virulence rare, a encore intensifié son offensive contre la Cour.
– Quand l’exécutif conteste ouvertement l’autorité judiciaire –
L’ancien promoteur immobilier, jusque‑là rarement freiné par le Congrès ou les tribunaux, a visé directement les six juges qui ont validé la décision. Et cette attaque frontale marque un tournant. Elle signale un bras de fer désormais ouvert avec la Cour. Une escalade. Un changement de ton qui laisse peu de place au doute.
Donald Trump a traité les juges d’« idiots » et de « caniches » au service de la gauche « radicale ». Il a même mis en cause leur « patriotisme » et leur « loyauté » envers la Constitution. Et cette attaque, d’une rare virulence, a encore durci le ton de son offensive contre la Cour.
Les progressistes Sonia Sotomayor, Elena Kagan et Ketanji Brown Jackson, rejoints par le président de la Cour John Roberts, considéré comme un conservateur modéré, ainsi que par Amy Coney Barrett et Neil Gorsuch, deux juges nommés par Donald Trump lors de son premier mandat, ont jugé « illégales » les taxes douanières dites « réciproques » imposées l’an dernier par l’ancien président. Et ce front commun, inattendu, a porté un coup sévère à sa politique commerciale.
Le vice‑président JD Vance s’est ajouté à cette offensive d’une rare violence. Sur X, il a accusé la plus haute juridiction américaine d’être « purement et simplement hors la loi ». Et cette attaque, d’une brutalité inhabituelle, a encore durci le ton contre la Cour suprême. Une escalade nette. Un signal que la confrontation s’intensifie.
– Un rappel brutal du poids des contre‑pouvoirs américains –
Institution dotée d’un immense pouvoir et d’un prestige considérable, la « SCOTUS » — son acronyme américain — est une juridiction de dernier recours. Et ses décisions sont sans appel, ce qui renforce encore son poids dans la vie politique du pays.
Elle interprète la Constitution pour trancher des dossiers majeurs : pollution atmosphérique, droit à l’avortement, immunité présidentielle. Et chaque décision pèse lourd. Chaque arrêt redessine un peu plus le paysage politique américain. Une influence constante. Une pression permanente.
Dans cette affaire, le jugement de la Cour suprême fait vaciller le programme économique et la stratégie diplomatique de Donald Trump. Et ce revers fragilise l’un des piliers de son agenda politique.
Le milliardaire de 79 ans a qualifié la décision de « ridicule », « défectueuse », « terrible ». Et cette salve d’adjectifs résume la violence de sa réaction face au revers judiciaire.
Selon le Wall Street Journal, le président américain a été informé de la décision vendredi, pendant un petit‑déjeuner avec des gouverneurs. « Donc c’est perdu ? », aurait‑il demandé, avant de critiquer ouvertement l’arrêt puis d’écourter la réunion pour préparer sa conférence de presse. Et cette réaction immédiate montre à quel point la décision l’a pris de court.
– Colère, soupçons et loyauté –
Selon une journaliste de CNN, citant une source, Donald Trump aurait explosé de colère en parlant de « ces tribunaux à la con ». Et cette fuite en dit long. Elle révèle l’intensité de sa frustration après la décision. Une tension brute. Un climat électrique qui confirme la montée d’un affrontement ouvert avec l’appareil judiciaire.
Il a accusé la plus haute juridiction américaine d’avoir été guidée par des « influences étrangères », tout en restant volontairement vague. Et cette insinuation, sans preuve ni précision, a immédiatement fait monter la tension autour de la décision.
« Vous verrez », a‑t‑il simplement répondu lorsqu’un journaliste lui a demandé s’il comptait enquêter sur ces « influences étrangères ». Et ce refus d’en dire plus a ajouté une nouvelle zone d’ombre à une affaire déjà explosive.
Donald Trump a été interrogé sur les deux juges qu’il avait nommés, Amy Coney Barrett et Neil Gorsuch. Ils ont voté contre ses droits de douane. Et sa réaction a été immédiate. Pour lui, leurs décisions sonnent comme un désaveu. Une rupture. Un rappel brutal que son influence n’est pas acquise. Et, surtout, qu’elle peut lui échapper.
« Je pense que leur décision est terrible. Je pense que c’est un embarras pour leur famille, si vous voulez tout savoir », a lancé le président américain, connu pour exiger une loyauté totale de ceux qui ont un jour bénéficié de son soutien. Et cette attaque frontale illustrait une fois de plus sa manière de traiter ses alliés lorsqu’ils s’écartent de sa ligne.
– La colère présidentielle face à une Cour qui lui échappe –
Ces attaques « gratuites et personnelles » sont plus qu’une simple violation des usages et de la courtoisie. Elles révèlent une incompréhension profonde de la séparation des pouvoirs et de la démocratie elle‑même », a réagi Steven Schwinn, professeur de droit constitutionnel à l’université de l’Illinois à Chicago. Et son commentaire sonnait comme un rappel ferme des limites que le pouvoir politique ne devrait jamais franchir.
Donald Trump n’a eu que des louanges pour les trois juges conservateurs minoritaires dans la décision de vendredi. Et en les mettant ainsi en avant, il a clairement voulu souligner leur rôle dans la bataille idéologique qui secoue la Cour.
« Je voudrais remercier et féliciter les juges Clarence Thomas, Samuel Alito et Brett Kavanaugh pour leur force et leur sagesse », a‑t‑il déclaré. Et en les citant ainsi, il a clairement voulu souligner l’influence du bloc conservateur au sein de la Cour.
Il est allé jusqu’à saluer Brett Kavanaugh pour son « génie ». Et pour le prouver, il a lu à voix haute plusieurs passages de l’opinion rédigée par le juge. Un geste calculé, destiné à souligner l’empreinte idéologique de Kavanaugh au sein de la Cour.
Le juge conservateur, nommé par Donald Trump, avait été confirmé de justesse par le Sénat en 2018. À l’époque, il faisait face à des accusations de violences sexuelles remontant à sa jeunesse. Et malgré la tempête politique, sa nomination avait été validée. Depuis, son nom reste associé à l’un des épisodes les plus explosifs de la justice américaine.
Source: Agence France-Presse
















