La nouvelle est choquante, la tombe d’Ernest Ouandié, icône du nationalisme camerounais, a récemment été vandalisée à Bafoussam.
Depuis quelques semaines, le nom d’Ernest Ouandié fait polémique. Surtout après les déclarations d’Élimbi Lobe, le promoteur du mouvement politique Kwatal. Ce dernier a qualifié Ouandié de « bandit », une sortie qui a enflammé les débats au sein de la société camerounaise.
La réaction des Camerounais ne s’est pas faite attendre. Sur les réseaux sociaux, la déclaration d’Élimbi Lobe a suscité un torrent de réactions. Nombreux sont ceux qui défendent la mémoire d’Ernest Ouandié, fusillé en 1971 pour avoir lutté contre le régime d’Ahmadou Ahidjo. Si Ouandié a été perçu comme un ennemi de l’État à l’époque, il a été réhabilité dans les années 90, où il a été reconnu comme un « héros national ». Cette reconnaissance, inscrite dans la loi n°91/022 du 16 décembre 1991, a confirmé son rôle crucial dans la lutte pour l’indépendance et la construction du pays.
Une seconde mort pour le héros national
La profanation de sa tombe vient s’ajouter à un climat déjà tendu. Certains remettent aujourd’hui en question la figure d’Ernest Ouandié, longtemps perçue comme un symbole de résistance. Notamment ceux qui considèrent son appel à l’insurrection comme un acte de rébellion. Mais de nombreux Camerounais perçoivent ce vandalisme comme une seconde mort pour le héros national.
Au Cameroun, la longue quête de reconnaissance des victimes de la colonisation française
Ce geste a ravivé la douleur pour les descendants de Ouandié et pour tous ceux qui continuent de voir en lui un combattant de la liberté. En effet, la profanation de sa tombe soulève des interrogations sur le respect de la mémoire nationale. Pourquoi un tel acte de violence ? Est-ce le signe d’une perte de repères dans la société camerounaise ? De nombreux Camerounais s’interrogent.
















