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Pisciculture ambulante : L’élevage de silures bat son plein à Douala

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Les bacs à silures occupent des espaces dans les lieux de rencontres et de plaisirs. New-Deido, Bonamoussadi, Carrefour Cité des palmiers et ailleurs dans la ville, c’est le même scénario.

Au quartier New-Deido, un couple fait son affaire. Ici deux demi-futs en plastique accueillent un nombre impressionnant de silures. Ils sont équipés chacun d’un trou avec un bouchon qui permet de vidanger l’eau dès que le besoin se fait sentir. «  Lorsque l’eau change de couleur et devient un peu gluante, nous procédons à la vidange. On ouvre les deux bacs qui contiennent chacun un bouchon. Et nous mettons des tuyaux qui conduisent l’eau dans les caniveaux. »

L’évacuation de ces eaux vers les rigoles

« En même temps, nous avons créé les voies pour l’évacuation de ces eaux vers les rigoles. Et ces poissons, nous en transportons une bonne quantité chaque soir dans une grande cuvette remplie d’eau. Que nous mettons à la disposition des accrocs de la braise. C’est mon mari et moi qui faisons ce travail. Nous avons aménagé un espace devant un bar. C’est de lundi à samedi dès 18h, tout est prêt », explique Chantal Bouma.

Qui semble ne pas percevoir le caractère nocif de l’eau sale issue de la vidange : «A un moment donné, il faut changer l’eau dans la cuvette qui contient ses poissons, et comme c’est un peu lourd, on pose le couvercle et on l’incline, toute l’eau salie par ces poissons sort et est absorbée par la terre. Nous sommes loin des caniveaux. »

« Des fois pour éviter les senteurs, on se sert des boites de beure pour remplacer cette eau que nous conservons dans d’autres récipients qui sont transportés par des enfants du coin que nous payons pour les jeter dans des rigoles », raconte-t-elle.

Douala : de la matière fécale dans les rigoles

Un problème de santé publique 

Au lieudit Parc de loisirs de Kondi, au carrefour Cité des palmiers. On trouve des bacs en plastique dans lesquels les silures font leur théâtre. En nombre important, ils tournent sans arrêt dans ces espaces bien réduits. Il y a une personne qui a la charge de les nourrir et de changer les eaux salies. La durée ne nous a pas été donnée.

Seulement on procède de la même manière à la vidange. On enlève le bouchon du trou d’évacuation et l’eau suit les traces des petits caniveaux. Et se jette dans les rigoles qui, elles-mêmes, vont se jeter dans la rivière Kondi. Le tout donne encore une couleur noire, signe d’un mauvais entretien ou tout au moins de pollution.

Partout où nous sommes allés voir, c’est presque les mêmes attitudes. Les mêmes pratiques. Aucune mesure n’est prise pour la gestion des eaux de vidange. Pour les experts, il y a danger. « C’est justement à ce niveau que se pose le problème de la pollution de l’environnement. Parce que cette eau issue des bacs de poisson comporte de l’azote, des nitrates, des nitrites etc… »

Une action concertée entre les ministères

Et « donc la concentration varie en fonction de l’intensité de la pisciculture. Cette eau qui coule alors dans des tuyaux abîmés, parfois dans des quartiers. Constitue un problème de santé publique », nous fait savoir Eros Ekwala, spécialiste en aquaculture de production.

Pour Oscar Money, « il faut une action concertée entre les ministères de la Santé. Celui de l’environnement et celui de l’élevage pour encadrer ces activités-là avant qu’il ne soit trop tard. Si vous partez dans certains villages, vous trouverez des fermes qui rendent la vie difficile aux populations. »

« Vous ne voyez que la pisciculture ambulante. Sillonnez aussi les villages, vous allez voir la souffrance des populations. Les gens font de l’élevage de poulets en plein cœur des villages. A partir de 17h, il devient difficile de respirer sainement. Et donc c’est un sérieux problème que vous évoquez là, monsieur le journaliste », va dire ce résident de Mbonjo, dans l’arrondissement de Fiko.

Du poisson en abondance.
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