Fridolin Nke, l’expert en discernement qui jusqu’ici avait gardé le silence depuis de longs mois vient de commettre une tribune dans laquelle il s’en prend à certains universitaires et élites qui appellent à la candidature de Paul Biya en 2025.
Fridolin Nke est en colère contre ceux qui appellent Paul Biya à candidater pour la prochaine élection présidentielle. L’expert en discernement qui jusqu’ici avait gardé le silence vient de le rompre dit-il, après avoir lu les commentaires de deux professeurs d’université suite à la sortie des évêques de l’église catholique romaine du Cameroun. « Ces petits démons philosophiques sont pires que le diable en personne. On peut comprendre que les Manaouda Malachi, les Fame Ndongo, les Eyébé Ayissi et tous les autres thuriféraires du régime s’occupent au quotidien à défier leur Champion, car pour eux le nom de Paul Biya fonctionne comme un antidépresseur pour leur éviter de sombrer totalement dans l’insignifiance.
Mais que les universitaires, les « philosophes » spécialement, ceux qui sont censés éclairer la lanterne des citoyens deviennent des écrans d’obscurité pour empêcher le peuple de sentir bon, de voir clair et de penser juste, cela traduit rien de moins que le caractère profond de la crise que nous traversons et la profondeur des racines du mal-être qui nous ronge », s’offusque-t-il.
Une colère orientée vers ceux « qui sommes pompeusement considérés comme l’élite intellectuelle de ce pays, nous qui sommes supposés être la lumière de la société, nous qui sommes censés connaître la différence entre le bien et le mal, lorsque nous nous engageons ainsi à mettre la science au service de l’imposture, à soumettre la philosophie aux caprices de la méchanceté et à démettre le professorat sous la dictée de l’indignité, nous trahissons notre office sacré. Nous sommes devenus des criminels ! »
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L’enseignant d’université rappelle toutefois que depuis des siècles, ce qui maintient allumée la flamme vacillante du cierge éternel de toute République, c’est le souffle saccadé des philosophes. « Celui qui s’est frotté à la philosophie et à la littérature développe une âme de poète. L’universitaire, le philosophe en particulier, n’a pas uniquement pour vocation d’inventer et de faire réfléchir, mais surtout de faire pâlir le lecteur d’effroi et d’espoir, et tous ceux qui l’écoutent avec, afin de susciter en eux une prise de conscience systématique, de réveiller en eux l’affectivité qui sombre devant les décombres des individualités violées, des villes et villages ravagés par des sécessionnistes, des pirates et des assassins économiques nationaux et transnationaux », explique-t-il.
Et d’aviser: « Si nous cessons de faire rougir nos contemporains, si nous ne sommes pas à même de faire pleurer les concitoyens en vue d’une prise de conscience commune, pour qu’ils sentent le poids de leur responsabilité sociale devant de si retentissants crimes, si nous ne sommes plus capables de les faire éclater d’un franc rire devant le génie mimé, si nous ne sommes pas à la hauteur de l’espérance qui féconde le courage qui résiste devant le piétinement politiquement ambiant, alors nous avons échoué, alors nous ne sommes ni philosophes ni écrivains : nous sommes des traîtres, nous sommes des criminels ! ».
















