Huit immigrés africains, originaires du Sénégal, de Sierra Leone et d’Éthiopie, ont été expulsés des États-Unis vers le Cameroun. Ces transferts s’inscrivent dans le cadre d’accords controversés négociés par l’administration Trump pour renvoyer des étrangers vers des pays tiers. Depuis leur arrivée à Yaoundé, les personnes concernées sont retenues par les autorités camerounaises, tandis que le HCR et les ONG appellent à garantir l’accès aux procédures d’asile et à la protection internationale.
Huit immigrés africains, originaires du Sénégal, de Sierra Leone et d’Ethiopie, sont arrivés lundi au Cameroun après avoir été expulsés des Etats-Unis, a appris l’AFP mercredi de sources concordantes.
Le Cameroun s’ajoute ainsi à la liste des pays africains acceptant d’accueillir des ressortissants de pays tiers expulsés par l’administration du président américain Donald Trump, après le Ghana, l’Eswatini, le Rwanda, la Guinée équatoriale et le Soudan du Sud.
Depuis son retour à la Maison Blanche début 2025, Donald Trump a lancé une vaste campagne d’expulsions, notamment en négociant des accords controversés pour renvoyer, contre contreparties financières, des étrangers vers des pays tiers, arguant que certains Etats refusent d’accueillir leurs ressortissants expulsés.
Mais ces accords peuvent aussi permettre de contourner les protections dont bénéficient des étrangers contre un retour dans leur pays d’origine où ils sont menacés.
Cinq hommes et trois femmes
Les huit personnes, cinq hommes et trois femmes, expulsés des Etats-Unis sont depuis leur arrivée retenues par les autorités camerounaises à Yaoundé, la capitale, ont indiqué à l’AFP Alma David, avocate en droit des étrangers aux Etats-Unis et Joseph Fru Awah, avocat camerounais proche du dossier.
Cette information a été confirmée à l’AFP mercredi, sous le couvert de l’anonymat, par une source interne aux Nations unies au Cameroun. Pour la plupart protégés par la justice américaine d’une expulsion vers leur pays d’origine en raison de craintes pour leur sécurité, ces immigrés sont ainsi expulsés vers un pays tiers, ici le Cameroun, qui doit ensuite les renvoyer chez eux, selon les avocats.
Contacté par l’AFP, le ministère camerounais des Relations extérieures a affirmé ne pas avoir connaissance de l’arrivée de ces personnes. Le département d’Etat américain et l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM) n’ont pas répondu dans l’immédiat. Le bureau du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Cameroun a refusé de confirmer ces arrivées, déclarant ne pas « commenter de situations individuelles ».
« Lorsque (…) nous recevons des informations faisant état de possibles retours forcés (…), nous engageons un dialogue avec les autorités compétentes afin d’obtenir des clarifications et de veiller à ce que les personnes ayant besoin de protection puissent accéder aux procédures d’asile et aux garanties appropriées », a néanmoins précisé le HCR.
Aucun accord entre le Cameroun et les Etats-Unis encadrant ces transferts n’a été rendu public, contrairement à ceux qui ont été signés avec la Guinée équatoriale ou le Rwanda.
Un accord secret entre Yaoundé et Washington
Selon des informations du New York Times publiées samedi, ces expulsions vers le Cameroun se déroulent en vertu d’un accord secret conclu entre Yaoundé et Washington. Un vol similaire, parti d’Alexandria en Louisiane, avec à son bord neuf Africains expulsés des Etats-Unis, avait atterri à Yaoundé le 14 janvier, selon le quotidien américain.
Parmi ces neuf Africains, deux Marocaines ont ensuite été contraintes de retourner dans leur pays, assure M. Fru Awah qui a représenté plusieurs de ces personnes. Les sept autres, originaires du Ghana, de l’Angola, de la République démocratique du Congo et du Zimbabwe, sont toujours retenues au Cameroun.
En avril, les Etats-Unis avaient affirmé être « activement » à la recherche de pays prêts à accueillir des ressortissants de pays tiers.
© Agence France-Presse
















