Exécution présumée à Jénine. Jeudi, deux Palestiniens ont été abattus lors d’une opération conjointe de l’armée et de la police israéliennes. Les autorités disent examiner les circonstances, affirmant que les hommes semblaient se rendre.
Mais au-delà du fait brut, l’épisode s’inscrit dans une séquence plus large : celle d’une Cisjordanie où chaque geste, chaque mouvement, peut basculer dans la tragédie.
La scène, rapportée comme une reddition avortée, résonne comme un symbole : la fragilité des vies suspendues entre l’ordre militaire et l’aspiration à la survie. Dans ce territoire marqué par des décennies de confrontation, l’annonce officielle ne dissipe pas les doutes, elle les amplifie.
Elle rappelle que, dans Jénine et au-delà, la frontière entre soumission et mort reste mince, tendue et toujours prête à se rompre.
– Exécution sommaire –
La scène a été captée sous plusieurs angles. Un journaliste de l’AFP en a filmé des séquences. Cela s’est déroulé dans une ville considérée comme un bastion de groupes armés palestiniens.
L’Autorité palestinienne a identifié les victimes : Montasser Billah Mahmoud Abdullah, 26 ans, et Youssef Ali Assassa, 37 ans. Elle dénonce une « exécution sommaire ». Ensuite, elle accuse les forces israéliennes d’un « crime de guerre documenté et complet ».
Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l’extrême droite, affirme son soutien total. Il l’adresse aux gardes-frontières et aux soldats qui ont tiré sur des hommes présentés comme terroristes recherchés, sortis d’un bâtiment à Jénine.
Des vidéos ayant largement circulé sur les médias sociaux montrent deux hommes sortant d’un bâtiment cerné par des soldats israéliens, les bras en l’air. On les voit ensuite se coucher à terre devant les soldats avant d’être redirigés vers l’intérieur du bâtiment. Des coups de feu retentissent. Les deux hommes gisent au sol.
Les images tournées par le JRI de l’AFP montrent les deux hommes sortir du bâtiment puis y rentrer avant les coups de feu. Un immeuble placé entre le journaliste et la scène obstrue une partie de l’image. On voit ensuite des soldats évacuer un cadavre.
– « Les terroristes doivent mourir ! » –
Une fois la nuit tombée, un photographe de l’AFP a vu des Palestiniens nettoyer les lieux. Des flaques de sang maculaient encore le sol.
Dans un communiqué, l’armée et la police annoncent l’arrestation de deux hommes. Ils étaient recherchés pour des actes qualifiés de terroristes. Ensuite, les autorités précisent : jets d’explosifs et tirs contre les forces de sécurité.
L’armée rapporte que, dès leur sortie du bâtiment assiégé, des tirs ont visé les suspects. Elle précise ensuite que l’incident fait l’objet d’un examen en cours.
Le mouvement islamiste palestinien Hamas a dénoncé dans un communiqué une « exécution de sang-froid ».
« Les soldats ont agi exactement comme on l’attend », a estimé de son côté M. Ben Gvir. « Les terroristes doivent mourir! » a-t-il écrit sur son compte X.
Haaretz cite une source des gardes-frontières. L’enquête préliminaire affirme qu’un des deux hommes tués a tenté de se relever après être tombé. Ensuite, il aurait effectué un « mouvement suspect ». Ce geste a poussé les policiers et soldats à ouvrir le feu.
– « Déshumanisation » –
B’Tselem dénonce une exécution documentée. Selon l’organisation, elle découle d’un processus rapide de déshumanisation des Palestiniens. Ensuite, elle accuse le régime israélien d’avoir abandonné ses droits. Enfin, elle insiste : cette politique traduit une dérive systématique.
L’ONG exige une action immédiate. Elle appelle la communauté internationale à briser l’impunité d’Israël. Ensuite, elle demande de traduire en justice les responsables de cette politique jugée criminelle contre les Palestiniens. Enfin, elle insiste : le silence équivaut à complicité.
Les violences se sont intensifiées en Cisjordanie depuis le début de la guerre de Gaza.Le conflit a commencé le 7 octobre 2023. Ce jour-là, le Hamas a lancé une attaque sans précédent contre le sud d’Israël. Depuis, la guerre s’est étendue, nourrissant une escalade de violences.
Les violences se poursuivent malgré la trêve fragile instaurée à Gaza le 10 octobre. Mercredi, l’armée israélienne a annoncé une nouvelle opération contre les groupes armés palestiniens dans le nord de la Cisjordanie.
Depuis le 7 octobre, plus d’un millier de Palestiniens ont été tués en Cisjordanie. Le bilan, établi par l’AFP à partir des données de l’Autorité palestinienne, inclut des combattants mais aussi de nombreux civils. Les victimes ont péri lors d’opérations de l’armée israélienne ou d’attaques menées par des colons.
Dans le même temps, les autorités israéliennes rapportent la mort d’au moins 44 Israéliens. Civils et soldats figurent parmi les victimes, tués lors d’attaques palestiniennes ou au cours de raids militaires. Ce bilan officiel souligne l’ampleur des violences réciproques en Cisjordanie.
Source: Agence France-Presse
















