Le gouvernement serre la vis face aux enseignants absents de leurs postes. Plus de trois mille personnels du secondaire sont sommés de se présenter sous peine de radiation du fichier solde.
La lutte contre les agents publics absents prend une nouvelle tournure. Le ministère des Enseignements secondaires a convoqué 3 442 enseignants soupçonnés d’avoir quitté le territoire sans régulariser leur situation administrative. Ils disposent de quatorze jours, à compter du 23 février 2026, pour se présenter aux services centraux, pièces justificatives à l’appui. Passé ce délai, ils seront radiés du fichier solde de l’État.
Cette décision fait suite à un recoupement de données mené par le ministère des Finances, en collaboration avec les Aéroports du Cameroun. Les vérifications ont révélé que les concernés ont effectué des voyages à l’étranger ces dernières années. L’administration veut désormais s’assurer qu’ils ont effectivement regagné leurs postes d’affectation.
Le phénomène des enseignants absents n’est pas nouveau. Depuis 2023, près de 5 000 agents auraient déserté les salles de classe. En janvier 2025 déjà, plus d’un millier d’enseignants avaient été sommés de justifier leur présence. Malgré ces rappels à l’ordre, les absences persistent.
Assainissement du fichier solde: l’Etat radie 1172 agents et fonctionnaires
Emigration vers le Canada
En toile de fond, la question de l’émigration revient avec insistance. De nombreux enseignants quittent le pays à la recherche de meilleures conditions de vie, notamment vers le Canada. Certains partent sans engager les procédures administratives requises. Résultat : des établissements se retrouvent en sous-effectif, tandis que l’État continue parfois de verser des salaires indus.
Face à cette situation, les autorités misent sur le contrôle et la digitalisation. Une mission de recensement physique et biométrique est annoncée pour les prochaines semaines sur l’ensemble du territoire. Objectif : sécuriser les fichiers du personnel et assainir la masse salariale.
Au-delà de la sanction, l’enjeu est stratégique. L’école publique fait déjà face à des classes surchargées et à un déficit d’enseignants dans certaines disciplines. Entre exigence de rigueur budgétaire et crise d’attractivité du métier, le gouvernement tente de reprendre le contrôle d’un secteur fragilisé par les départs répétés.
















