Il est environ 1 h 30, jeudi, dans un bar animé de Crans‑Montana. Des touristes, beaucoup de jeunes, prolongent la fête du Nouvel An. L’ambiance est légère, bruyante, insouciante. Puis survient le drame du Nouvel An en Suisse : un incendie brutal, fulgurant, qui embrase le sous‑sol et envahit les lieux. En quelques secondes, les flammes piègent les clients, avant même qu’ils réalisent ce qui est en train de se produire.
En quelques instants, la scène de fête se transforme en chaos. Les cris remplacent la musique. La fumée étouffe les issues. Et le bilan, terrible, s’alourdit : des dizaines de morts. Une nuit de célébration qui devient un drame national. Et un rappel brutal de la fragilité de ces moments suspendus.
Plusieurs images du drame circulent déjà sur les réseaux sociaux. Elles ont été filmées depuis l’intérieur et l’extérieur du Constellation. Des scènes brutes. Et un témoignage immédiat de la violence de l’incendie.
– Des vidéos qui révèlent l’horreur –
Sur des vidéos tournées au sous‑sol, on voit une foule compacte, en pleine fête. Plusieurs personnes lèvent des bouteilles ornées de bougies pyrotechniques. Une scène dense. Et un décor propice au drame.
Le plafond s’embrase. Une vidéo montre un jeune homme tentant d’éteindre les flammes avec un grand chiffon blanc. Autour de lui, d’autres continuent de filmer, sans paniquer. La musique tourne encore. Et l’instant bascule sans que personne ne réalise l’ampleur du danger.
Ce n’est que lorsque les flammes gagnent en intensité que la foule tente enfin de quitter la salle. Le mouvement est tardif. Et la panique commence à s’installer.
« On était au bar le Monkey’s, juste à côté. Dix minutes avant, on passait devant Le Constellation », raconte à l’AFP Elliot Alvarez, habitant de Crans‑Montana. « Une amie nous a appelés, paniquée. Elle parlait d’une détonation.» Un témoignage bref. Et la mesure de la sidération.
« Quand on est arrivés, le dispositif de secours était déjà en place. C’était impressionnant de voir des gens brûlés », raconte‑t‑il. Un choc brutal. Et l’ampleur du drame qui se révèle.
Vers 1 h 30, de la fumée est repérée au niveau du bar, en plein centre de la station. Quelques secondes plus tard, un témoin appelle la centrale d’engagement de la police cantonale valaisanne. L’alerte est donnée. Et la course contre la montre commence.
Immédiatement, les secours déclenchent l’alarme rouge pour mobiliser les pompiers. Le signal part. Et la chaîne de secours s’active sans délai.
Moins d’une minute plus tard, à 1 h 32, les premières patrouilles de police arrivent sur place. Elles sont aussitôt renforcées par un large dispositif, avec des pompiers mobilisés dans toute la région. L’intervention s’organise. Et l’urgence domine.
– Dans le piège des flammes –
À l’intérieur, les flammes dévorent le sous‑sol. La fumée envahit aussi le rez‑de‑chaussée, comme le montrent plusieurs vidéos. L’atmosphère rougeâtre paraît irrespirable. Depuis l’extérieur, on voit le feu remonter. Et la violence de l’incendie devient évidente.
Désorientés par la fumée et la panique, les jeunes pris au piège se ruent vers la porte d’entrée. La bousculade est immédiate. Et la sortie devient un goulet d’étranglement.
« Ils demandaient de l’aide, ils criaient », raconte Nathan, présent dans le bar avant l’incendie. Un témoignage bref. Et la violence de la scène qui s’impose.
« J’ai vu des gens sortir en cassant des vitres avec des chaises. Ils étaient en état délabré, ensanglantés, avec les vêtements fondus sur eux. C’était une catastrophe », témoigne Adrien, un jeune vacancier originaire de Dijon, sur TikTok. Un récit cru. Et l’horreur du drame qui se dévoile.
Certaines victimes parviennent à sortir grâce à des personnes qui forcent les portes coulissantes et transparentes autour du bar. Un geste décisif. Et quelques vies arrachées aux flammes.
« C’était très difficile. On a essayé d’aider des personnes gravement blessées, de les couvrir, de les mettre à l’abri. On a tiré dehors ceux qui étaient conscients, et ceux qui ne l’étaient plus », raconte Léandre au journal Blick. Un témoignage lourd. Et la mesure de l’urgence vécue sur place.
Selon lui, même les secouristes « étaient désemparés », tant tout s’est déroulé en quelques instants, avec des personnes grièvement touchées. Une scène d’urgence totale. Et une intervention sous pression.
« On entendait les cris des jeunes, des cris de douleur. C’était horrible à entendre », témoigne Edmond Cocquyt, un vacancier venu de Belgique. Un récit bref. Et l’écho sonore d’un chaos impossible à oublier.
– Des heures d’urgence absolue –
Les corps des personnes décédées étaient « recouverts d’un drap blanc ». Les secouristes tentaient d’installer les blessés dans les ambulances, mais « ils hurlaient tellement de douleur qu’ils n’y arrivaient pas », raconte‑t‑il. Une scène d’une extrême tension. Et l’ampleur du drame qui se mesure à chaque geste.
Les pompiers parviennent rapidement à circonscrire l’incendie et à sécuriser les lieux. Les secours évacuent les blessés dans la nuit vers plusieurs hôpitaux suisses, tandis que d’autres sont transférés à l’étranger, notamment en France et en Italie. L’opération se poursuit jusque tard, dans une atmosphère d’urgence totale.
À l’extérieur de l’hôpital de Milan, Umberto Marcucci « remerciait le ciel » que son fils Manfredi, l’un des quatre Italiens pris en charge sur place, soit encore en vie, malgré des brûlures touchant « 30 à 40 % de son corps ». Un soulagement fragile. Et la conscience de la gravité des blessures.
Selon son fils, il explique à l’AFP que « les filles ont été plus touchées car elles portaient des jupes et des collants, alors que les garçons avaient des jeans qui protégeaient leurs jambes ». Un constat simple. Et une illustration de la violence du sinistre.
À 4 h 14, les autorités ouvrent une ligne téléphonique de renseignements pour les familles. Elles déploient également un dispositif psychologique. Les autorités tentent de répondre à l’urgence humaine du drame.
Peu après 5 h du matin, l’ensemble des blessés avait été pris en charge. Les équipes médicales et les secouristes continuaient d’opérer dans la nuit, encore marquée par l’urgence et le chaos des heures précédentes.
Ce moment marque une bascule : celle où, malgré l’ampleur du drame, chaque victime a enfin un point de chute, un lieu de soins, une chance de stabilisation. Une étape essentielle dans une nuit qui n’aura laissé aucun répit.
Source: Agence France-Presse
















