L’accumulation des ordures dans les espaces publics de Douala n’est plus seulement un problème de salubrité. Selon le pneumologue Dr Tengang Bruno, cette situation expose la population à de sérieux risques sanitaires, allant des infections aux maladies respiratoires, en passant par des pathologies liées à l’environnement.
Sur le plan sanitaire, quels sont les risques liés aux poubelles « débordantes » ?
Lorsque les poubelles ne sont pas régulièrement ramassées, elles attirent de nombreux animaux comme les rats, les souris, les chats et surtout les mouches. Ces animaux deviennent des vecteurs de microbes. Ils transportent et dispersent des bactéries et des germes responsables de maladies comme la typhoïde, les diarrhées infectieuses et d’autres infections parfois graves, voire mortelles.
En saison des pluies, le danger est encore plus important. L’humidité favorise la prolifération des microbes, qui se répandent plus facilement dans l’environnement et au contact des populations.
Comment les odeurs et les mouches peuvent-elles rendre les populations malades ?
Comme atteinte respiratoire, les odeurs émanant d’ordures vont provoquer une irritation ou brûlure des bronches. Et donc exposer la population à des infections, particulièrement les personnes les plus sensibles. Les mouches vont servir comme vecteurs.
Ainsi, les mouches vont aller se poser dans ces poubelles, pour ensuite aller contaminer les repas. Elles vont y déposer des germes, qui vont entraîner des infections multiples dans la transmission des pathologies. Elles peuvent aussi être d’ordre digestif.
Les fumées des poubelles sont-elles dangereuses pour la santé ?
Pour réduire le volume des déchets, certains riverains brûlent les ordures. Une pratique très dangereuse pour la santé. En effet, les fumées issues des poubelles sont toxiques. Elles contiennent des substances nocives qui irritent les voies respiratoires et les yeux.
Chez les personnes souffrant déjà de maladies respiratoires comme l’asthme ou les bronchites chroniques, ces fumées peuvent provoquer des crises sévères et une aggravation de leur état. Elles fragilisent aussi la protection naturelle des bronches, ce qui facilite l’apparition d’infections pulmonaires.
Quelle franche de la population est plus exposée ?
Toutes les populations ne sont pas égales face à ces risques. Les enfants et les personnes âgées sont les plus vulnérables. Leur système immunitaire est plus fragile, ce qui les rend plus sensibles aux agressions microbiennes, infectieuses et environnementales. Une simple exposition prolongée peut suffire à déclencher des maladies parfois sévères.
Quel est l’impact de ces déchets sur l’environnement?
L’accumulation des déchets ne menace pas seulement l’air. Elle peut aussi contaminer la nappe phréatique et polluer l’eau consommée par les populations. Les déchets bouchent également les drains, favorisant les inondations en saison des pluies.
Or, les inondations sont souvent suivies de maladies hydriques graves. Les animaux errants, comme les chiens, représentent un autre danger. Ils peuvent transmettre des maladies telles que la rage, mettant directement en péril la santé publique.
Quelles mesures de prévention peuvent être mises en place ?
Pour la prévention, des mesures doivent être prises par les pouvoirs publics et la population. À titre personnel, je pense que la solution la plus idoine serait de mettre en place une véritable politique régulière de ramassage des ordures publiques. Pas d’accumulation des ordures dans les espaces publics.
Mettre un centre de traitement des ordures, de leur recyclage, pour pouvoir séparer tout ce qui peut être réutilisable : les déchets, métaux, etc. En ce qui concerne la population, elle devrait souvent déposer les ordures dans les bacs et sachets prévus à cet effet. Ces sachets devraient être biodégradables. Ce sont des choses qui se font déjà ailleurs, et chez nous cela devient un réel problème de santé publique, qu’il faut régler sans délai.
















