Ultimatum lancé au Hamas. Après près de deux ans de guerre, déclenchée par l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, les États-Unis ont dévoilé un plan de paix. Ce texte, soutenu par plusieurs pays arabes et occidentaux, vise à mettre fin à un conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts et ravagé Gaza. Mais la pression monte : Washington a lancé un ultimatum au Hamas, lui donnant quelques jours pour accepter le plan. Le sort des négociations repose désormais sur la réponse du mouvement palestinien.
Dans le même temps, l’armée israélienne a poursuivi son offensive dans la bande de Gaza, assiégée et affamée, où selon la Défense civile locale 46 Palestiniens ont été tués. L’armée a affirmé viser des « cibles terroristes ».
– Washington met la pression –
La guerre dure depuis bientôt deux ans. Elle a commencé le 7 octobre 2023, après une attaque sans précédent du Hamas contre Israël. Lundi, la Maison-Blanche a publié un plan pour y mettre fin. Ce conflit a déjà fait des dizaines de milliers de morts et transformé Gaza en champ de ruines.
« Nous allons donner environ trois ou quatre jours. Tous les pays arabes sont d’accord, les pays musulmans sont d’accord, Israël est d’accord. Nous n’attendons que le Hamas (…). Et s’il n’accepte pas, cela se finira de manière très triste », a dit M. Trump.
« Il nous manque une signature, et elle expiera en enfer s’ils (le Hamas) ne signent pas. J’espère qu’ils vont signer pour leur propre bien (…) », a-t-il encore averti.
Le Hamas a commencé mardi à examiner le plan en 20 points qui prévoit un cessez-le-feu, la libération des otages retenus à Gaza, le désarmement du Hamas, le retrait par étapes de l’armée israélienne et l’installation d’une autorité de transition dont le mouvement palestinien serait exclu et qui serait placée sous la supervision d’un comité présidé par M. Trump. Et d’après le plan, « personne ne sera forcé de quitter Gaza ».
– « Plusieurs jours » –
Lundi, après sa rencontre avec le président américain, M. Netanyahu a assuré soutenir le plan tout en affirmant se réserver le droit de « terminer le travail » par les armes si le Hamas bloquait ou rejetait la proposition.
Mais mardi, il a semblé revenir sur l’une des principales dispositions du plan, en affirmant que l’armée israélienne resterait « dans la majeure partie de la bande de Gaza ».
Dès son retour à Jérusalem, M. Netanyahu a réuni son gouvernement pour l’informer du plan Trump. « Je suis parvenu à une entente avec le président Trump sur un cadre pour la libération de tous nos otages et la réalisation de l’ensemble des objectifs de guerre que nous nous sommes fixés », a-t-il dit au début de la réunion.
La mise en œuvre du plan reste très incertaine. Pourtant, le Qatar affirme que le Hamas l’examine « de manière responsable ». De plus, une réunion est prévue mardi soir avec le mouvement palestinien, en présence de la Turquie.
Selon une source proche du Hamas, les consultations du mouvement autour du plan pourraient « durer plusieurs jours ».
Jusque-là, le Hamas se disait prêt à libérer tous les otages dans le cadre d’un accord global mettant fin à l’offensive israélienne et incluant un retrait total israélien de Gaza. Le mouvement, arrivé au pouvoir à Gaza en 2007, réclamait aussi des garanties pour une fin durable de la guerre.
– « Un plan si imprécis » –
Benjamin Netanyahu se retrouve isolé sur la scène internationale. Dans son pays, les manifestations se multiplient pour réclamer le retour des otages. En parallèle, ses ministres d’extrême droite le pressent. Ils rejettent tout accord qui mettrait fin à la guerre.
L’un de ces ministres, Bezalel Smotrich, a qualifié le plan Trump d' »échec diplomatique retentissant ».
Plusieurs pays arabes et occidentaux soutiennent la proposition américaine. Pourtant, le texte reste flou. Il ne précise ni le calendrier du retrait israélien, ni le cadre du désarmement du Hamas.
Elle prévoit aussi le déploiement à Gaza d’une « Force internationale de stabilisation » à mesure que l’armée israélienne s’en retirera. Mais celle-ci maintiendra une présence « dans un périmètre de sécurité qui restera jusqu’à ce que Gaza soit sécurisée contre toute résurgence de menace terroriste ».
« Si ce plan sert de base aux négociations, le Hamas pourrait l’accepter. En revanche, s’il s’agit d’un plan à prendre ou à laisser, cela poserait problème. Le Hamas ne peut pas approuver un texte aussi imprécis », explique Hugh Lovatt, expert du Moyen-Orient au Conseil européen des relations internationales.
L’attaque du 7 octobre a entraîné côté israélien la mort de 1 219 personnes, en majorité des civils, selon un bilan établi par l’AFP à partir de données officielles. Sur les 251 personnes enlevées durant l’attaque, 47 sont toujours retenues à Gaza, dont 25 sont mortes selon l’armée.
L’offensive israélienne a tué 66 097 personnes à Gaza. La majorité des victimes sont des civils. Ces chiffres, publiés par le ministère de la Santé du Hamas, sont jugés fiables par l’ONU.
Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, a déclaré un état de famine dans certaines régions de Gaza. Il a ensuite appelé toutes les parties à accepter le plan Trump. En conséquence, il insiste sur l’urgence d’une solution commune.
© Agence France-Presse
















