Après plusieurs mois d’enquête et plusieurs prolongations de sa détention provisoire, la justice norvégienne franchit une nouvelle étape. Les autorités norvégiennes accusent désormais officiellement le leader séparatiste anglophone, Ayaba Cho, de crimes de guerre, en plus des soupçons de crimes contre l’humanité.
L’affaire judiciaire visant Ayaba Cho Lucas connaît un tournant décisif en Norvège. Les autorités norvégiennes détiennent le dirigeant séparatiste camerounais à Oslo depuis septembre 2024. La Norvège l’accuse officiellement de crimes de guerre. En décembre 2025, la justice avait déjà prolongé sa détention provisoire jusqu’au 9 février 2026.
Les juges avaient évoqué la complexité de l’enquête et les risques de fuite, d’influence sur des témoins ou de manipulation de preuves. À cette période, les procureurs disposaient encore d’un délai pour décider d’une éventuelle inculpation. Cette étape est désormais franchie.
Dans un communiqué publié lundi 9 février 2026, la Kripos, le service norvégien d’enquête criminelle, a fait une annonce. Un homme d’une cinquantaine d’années, détenu depuis plusieurs mois, est poursuivi pour crimes de guerre. Ces poursuites sont liées au conflit armé dans les régions anglophones du Cameroun. Sans le citer nommément, les autorités évoquent un suspect ayant joué « un rôle central » dans cette crise.
Les chefs d’accusation mentionnés incluent notamment la tentative de meurtre et la privation de liberté. Ces nouvelles charges viennent s’ajouter aux soupçons initiaux d’incitation à commettre des crimes contre l’humanité, qui avaient motivé son arrestation.
L’avocat du mis en cause, Me Morten Engesbak, a confirmé qu’Ayaba Cho Lucas est bien la personne visée par ces poursuites. Il affirme que son client rejette catégoriquement l’ensemble des accusations portées contre lui.
Une nouvelle prolongation pour huit semaines
La procureure Anette Berger a rappelé que la Norvège a l’obligation, au regard du droit international, de ne pas servir de refuge aux personnes soupçonnées de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité. Les autorités ont d’ailleurs sollicité une nouvelle prolongation de la détention provisoire pour huit semaines supplémentaires.
Cette inculpation marque une étape clé dans une procédure qui dure déjà depuis plusieurs mois. Elle ouvre désormais la voie à la préparation formelle du procès devant la justice norvégienne. Les enquêteurs poursuivent leur travail pendant que les juges prolongent la détention provisoire du mis en cause pour huit semaines.
Pour Ayaba Cho Lucas, la situation est désormais claire : l’enquête touche à sa fin et la procédure entre dans la phase judiciaire, avec la perspective d’un procès qui devra établir les responsabilités dans une affaire qui dépasse les frontières du Cameroun.
















