Au Mali, un homme se présentant comme marabout a été interpellé après avoir promis la victoire des Aigles à la Can. L’élimination face au Sénégal a mis fin aux incantations et ouvert un dossier judiciaire.
L’affaire a éclaté dans la foulée de l’élimination du Mali en quart de finale de la Coupe d’Afrique des nations (Can). Le 09 janvier dernier, les Aigles ont été battus par les Lions du Sénégal (1-0), réduisant à néant les promesses d’un marabout très actif sur les réseaux sociaux. Présenté sous le nom de M. Sinayogo, l’homme avait affirmé pouvoir garantir le sacre malien. D’après l’AFP, en contrepartie, il sollicitait des donations auprès de ses abonnés. Selon des sources proches du dossier, plus de 22 millions de Fcfa auraient été collectés avant la rencontre décisive.
La défaite a rapidement fait basculer l’ambiance. Dans la soirée, une foule de supporters Maliens en colère s’est rendue au domicile du marabout. La situation a nécessité l’intervention des forces de l’ordre, qui ont procédé à son exfiltration afin d’éviter des violences. Le lendemain, M. Sinayogo a été interpellé et placé en détention. Il est poursuivi pour escroquerie et a été conduit à la brigade spécialisée dans la lutte contre la cybercriminalité. Une unité choisie en raison de l’usage intensif des plateformes numériques dans ses activités.
Reconverti en marabout
Selon plusieurs témoignages, l’homme ne se présentait pas initialement comme un guide spirituel. Connu auparavant pour son engagement politique, il se serait reconverti récemment en marabout, bâtissant sa notoriété en ligne et attirant une audience croissante. Les autorités maliennes rappellent que le charlatanisme est sanctionné par la loi. Toutefois, intervenir avant l’élimination de la sélection aurait été délicat, tant la ferveur populaire autour de la Can restait intense.
Au Mali comme ailleurs, le football cristallise espoirs et frustrations, offrant parfois un terrain propice aux dérives du genre. Cette affaire relance donc le débat sur l’exploitation de la croyance dans un contexte sportif. Au Cameroun par exemple, marabouts et prophètes autoproclamés prospèrent également autour des grands rendez-vous sportifs tels que la Can.
















