Dans une lettre adressée aux militants de l’Undp, Bello Bouba Maïgari tente de remobiliser son parti fragilisé par les derniers scrutins et un long silence postélectoral.
À la faveur des préparatifs des élections législatives et municipales, Bello Bouba Maïgari sort de sa réserve. Le président national de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) a adressé, le 30 janvier 2026 depuis Yaoundé, une lettre aux militants du parti. Un message attendu, après plusieurs mois de mutisme politique.
Dans ce courrier, le leader de l’Undp commence par exprimer sa gratitude. Il remercie « tous nos camarades, mais aussi tous nos amis et sympathisants » pour les efforts consentis avant la présidentielle et l’élection des conseillers régionaux d’octobre et novembre 2025. Un hommage appuyé à une base militante éprouvée par des résultats en demi-teinte.
Meilleure organisation à la base
Cependant, Bello Bouba Maïgari se veut rassurant. « Notre conviction, notre confiance et notre détermination (…) restent intactes », affirme-t-il. Le combat pour replacer l’Undp sur la scène politique nationale demeure, selon lui, une priorité. Il en précise les leviers. Identification des obstacles, nouveaux recrutements. Attention particulière aux femmes et aux jeunes, renforcement de l’engagement collectif. Meilleure organisation à la base et structuration plus efficace de la stratégie politique globale.
Les prochaines échéances électorales sont présentées comme un test décisif. Elles doivent permettre, écrit-il, de démontrer « cette détermination, cette conviction et notre confiance en l’avenir ». Le ton se veut mobilisateur. Le président national exhorte les militants à continuer de partager les mêmes valeurs.
Cette sortie intervient dans un contexte délicat. Depuis quelques années, Bello Bouba Maïgari semble avancer sans ligne de conduite définie ni visibilité à long terme. Son silence postélectoral, jugé pesant, a nourri le malaise interne. Sa présence remarquée au palais présidentiel a ravivé les spéculations sur un possible retour au gouvernement.
Figure historique, l’ancien candidat de 1992, crédité alors de 14 %, traîne une trajectoire marquée par les alliances avec le pouvoir. Après un score de 2,45 % à la présidentielle de 2025, le sentiment de déclin et d’isolement s’est accentué. La lettre aux militants apparaît ainsi comme une tentative de reprise en main, à l’heure où l’Undp cherche encore son souffle.
















