pixel

Gaza: la trêve menacée mais pas sur le point de s’effondrer, selon des analystes

Date:

Pages jaunes
Trans Afrique

Cinq semaines après le début de la fragile trêve à Gaza, le refus d’Israël de libérer les prisonniers palestiniens menace l’accord de cessez-le-feu, mais celui-ci devrait malgré tout tenir, estiment des analystes, alors que Washington fait pression pour qu’il soit prolongé.

« C’est la crise la plus compliquée depuis le début du cessez-le-feu », dit à l’AFP Michael Milshtein, spécialiste des questions palestiniennes au Centre Moshe Dayan de l’Université de Tel-Aviv.

La trêve entre Israël et le Hamas, en vigueur depuis le 19 janvier, a déjà été mise à l’épreuve par des accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu et des menaces de bloquer les libérations prévues.

« Mais cette fois, c’est encore plus compliqué », souligne M. Milshtein.

Samedi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a suspendu la libération de 620 prisonniers palestiniens, qui devait suivre la libération par le Hamas de six otages israéliens.

En cause, des cérémonies jugées « humiliantes », organisées par les mouvements islamistes palestiniens qui chaque semaine ont contraint les otages, au moment de leur libération, à monter sur des podiums, saluer la foule et remercier leurs geôliers.

Des cercueils contenant les dépouilles d’otages décédés ont également été exhibés, choquant profondément l’opinion israélienne.

Dimanche, M. Netanyahu est allé plus loin, avertissant qu’Israël était prêt à « reprendre les combats intenses à tout moment » sur le territoire palestinien.

Un sommet arabe à Ryad pour répondre au projet de Trump pour Gaza

Le Hamas, à son tour, a averti que la décision d’Israël mettait en péril « l’ensemble de l’accord ». Pourtant, malgré l’escalade dans les discours, les deux parties semblent déterminées à maintenir le cessez-le-feu, observe M. Milshtein.

Le Hamas, dit-il, « veut vraiment mener à bien la première phase de l’accord, car samedi, l’armée devrait commencer à quitter le couloir de Philadelphie », un couloir stratégique longeant la frontière entre Gaza et l’Egypte.

En Israël, M. Netanyahu est empêtré « dans le même bourbier, à essayer de faire sortir les otages tout en essayant de se débarrasser des personnes qui détiennent ces otages », remarque Mairav Zonszein, analyste de l’International Crisis Group (ICG).

« Netanyahu fait ce qu’il fait le mieux, faire traîner les choses, gagner du temps, essayer de tirer profit de la rétention de ces prisonniers », poursuit-elle en rappelant que l’opinion publique israélienne fait pression pour le maintien de la trêve afin de continuer à voir des otages « sortir vivants ».

– Rôle déterminant des Etats-Unis –

« Ce n’est pas dans l’intérêt de Netanyahu de voir la trêve s’effondrer, a fortiori quand des otages sont toujours retenus à Gaza », estime Sanam Vakil, du groupe de réflexion britannique Chatham House.

« Ce à quoi nous assistons actuellement, c’est une politique de fermeté » de la part d’Israël, « qui tente de faire monter les enchères ou d’accroître la pression sur le Hamas avant la prochaine phase de négociations », selon elle.

Cette étape sera « la plus difficile » à négocier, explique-t-elle en citant des facteurs aggravants tels que « la position des Etats-Unis et l’absence de plan arabe cohérent ».

Le président américain Donald Trump avait soulevé un tollé international en déclarant que les Etats-Unis devraient prendre le contrôle de Gaza et expulser ses 2,4 millions d’habitants vers l’Egypte et la Jordanie.

Minute de silence en Israël après le retour de dépouilles d’otages de Gaza

Mais ces derniers jours, il a semblé tempérer ses propos. Son émissaire pour la région, Steve Witkoff, doit arriver mercredi en Israël pour évoquer cette deuxième étape.

Les Américains « détermineront la suite des événements », confirme Alan Mendoza, directeur exécutif du cercle Henry Jackson Society, basé au Royaume-Uni.

Rappelant que l’accord de trêve était déjà en négociations avant la réélection de M. Trump, il estime que le président américain « a fait pression et que les Israéliens et le Hamas ont accepté ses conditions ».

La prochaine phase de l’accord est particulièrement délicate: Israël exige que Gaza soit complètement démilitarisée et le Hamas éliminé, tandis que le mouvement palestinien insiste pour rester sur le territoire après la guerre.

Mais M. Mendoza juge que si M. Trump s’implique en faveur de cette phase de négociations, « alors cela se fera ».

« C’est une négociation difficile et il y a peu de chances que nous parvenions à nous mettre d’accord sur un plan de deuxième phase, mais si les Etats arabes se mobilisent (…) et s’intéressent davantage » au plan de Donald Trump, « il est possible que nous y parvenions ».

Source: Agence France-Presse

- Pub -
Pages jaunes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Partager :

spot_imgspot_img

Populaires

Dans la même catégorie
Associé

Une opération en appelle d’autres : l’escalade américaine inquiète la planète

À peine quelques jours après l’enlèvement du président vénézuélien...

La prison de tous les scandales : à l’intérieur du MDC où est incarcéré le couple Maduro

À Brooklyn, la prison de tous les scandales, où...

Traumatisés par les morts, des soignants militaires ukrainiens en thérapie dans les Carpates

Roma Zukh, soignant militaire au sein de l'armée ukrainienne,...

Maduro arrêté et transféré aux États‑Unis : le droit international pris de court

La capture de Nicolás Maduro, transféré de force aux...