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Algérie: ferveur populaire dans le village de la boxeuse Imane Khelif après son titre olympique

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Le village pauvre et rural de la championne olympique algérienne Imane Khelif, au coeur malgré elle d’une controverse sur le genre, a laissé exploser sa joie après sa victoire vendredi aux JO de Paris, les youyous se mêlant au nom de la boxeuse et au célèbre slogan « one two three, viva l’Algérie ».

« C’est la victoire de l’Algérie », a déclaré aux médias son père, Omar Khelif, qui a regardé le combat diffusé sur un écran géant dans le stade avec le reste du village dans une ambiance survoltée à Biban Mesbah, à environ 300 km au sud-ouest d’Alger.

Suivant la tradition du baroud, des habitants ont tiré en l’air en l’honneur d’Imane Khelif, 25 ans, victorieuse de la Chinoise Yang Liu en moins de 66 kg, alors que des enfants arboraient son nom sur le front.

« Nous sommes tous fiers de toi, championne olympique Imane, ta victoire aujourd’hui est la victoire de l’Algérie et ton or est l’or de l’Algérie… Merci #Imane_Khelif #Vive l’Algérie », a posté sur X le président algérien Abdelmadjid Tebboune, qui brigue un deuxième mandat lors de la présidentielle du 7 septembre.

La liesse a aussi pris Alger où une marée humaine a envahi le centre-ville, fêtant la victoire avec feux d’artifice et concert de klaxons.

A Biban Mesbah, localité d’environ 6.000 habitants, située à 10 km de Tiaret, des centaines de bénévoles étaient venus dès le matin participer aux préparatifs du grand soir de la finale.

– « Tous unis derrière Imane » –

Malgré des températures caniculaires (plus de 46 degrés), les hommes ont mené une vaste opération de nettoyage pendant que des dizaines de femmes s’affairaient à cuisiner un couscous géant.

« Nous nous sommes mis d’accord pour donner un nouveau visage au village et lui insuffler une nouvelle vie, avec la victoire d’Imane Khelif », a confié à l’AFP son cousin Mounir Khelif, 36 ans.

« Nous nous sommes entraidées, certaines ont apporté du couscous, d’autres de l’huile et des légumes, tandis que celles qui ne pouvaient pas aider avec des provisions, ont contribué à la préparation », a raconté Amina Saadi, 52 ans, mère de six enfants.

« Nous sommes tous unis derrière Imane Khelif qui a honoré l’Algérie, c’est le moins que l’on puisse lui offrir », a-t-elle dit.

Imane Khelif : La championne algérienne qui fait vibrer son village

 

A lire: Controverse sur le genre dans la boxe féminine aux JO: ce que l’on sait

 

 

Sur les réseaux sociaux, la boxeuse a été victime d’une campagne de haine, empreinte de racisme, la présentant comme un « homme combattant des femmes ».

« Je suis une femme forte avec des pouvoirs spéciaux. Depuis le ring, j’ai envoyé un message à ceux qui étaient contre moi », a-t-elle répondu vendredi soir après son sacre.

La controverse a éclaté à Paris quand son adversaire en 8e de finale, Angela Carini, a abandonné dès les premières secondes du match. La Première ministre italienne Giorgia Meloni a dénoncé « un combat qui n’était pas sur un pied d’égalité ». En pleine campagne présidentielle américaine, Donald Trump s’est aussi emparé du sujet.

– « Famille conservatrice » –

Les Algériens de tous bords ont affiché leur solidarité, irrités que son père soit contraint de montrer son acte de naissance aux journalistes pour prouver qu’elle était née fille.

Soutenue par le CIO, Khelif disputait ses deuxièmes JO après Tokyo en 2021, où elle s’était classée cinquième des -60 kg, et elle avait participé à de nombreux tournois féminins depuis.

La polémique a pour origine son exclusion en demi-finale des Mondiaux 2023 à New Delhi car, selon la Fédération internationale de boxe (IBA), exclue du mouvement olympique il y a un an, elle avait échoué à un test destiné à établir son genre.

Imane a raconté que son père, au début, a eu du mal à accepter sa pratique de la boxe.

« Je suis issue d’une famille conservatrice. La boxe n’était pas un sport très pratiqué par les femmes, surtout en Algérie. C’était difficile », a-t-elle déclaré en juin à la télévision Canal Algérie.

Outre les préjugés qu’elle a combattus, la jeune femme a dû trouver les moyens de financer ses tickets de bus pour aller de son village à son club de la Protection civile à Tiaret, puis vers la capitale Alger, au point qu’adolescente, elle vendait de la ferraille et sa mère du couscous préparé à la maison.

Source: Agence France-Presse

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