Un calme apparent est remarquable dans la localité de Yagoua après la colère des riziculteurs.
La ville est donc plongée dans le calme après les jours agités du 24 janvier 2025. Seules les images de ce fameux vendredi trottent encore dans les mémoires. Ce vendredi-là donc, rien ne présageait les bruits de casseroles dans la ville.
Mais très vite, les riziculteurs en colère, ont entamé des scènes de vandalisme, saccageant les locaux de la préfecture du département du Mayo-Danay. Le bilan n’est pas maigre. Les sources policières parlent du décès d’un jeune riziculteur et de plusieurs autres blessés. Les appels au calme ont été lancés ci et là.
A l’origine de la grogne, et suivant certaines informations recueillies sur place. C’est l’implémentation du Projet d’aménagement et de valorisations des investissements de la vallée du Logone qui a fait monter la tension. Ce projet financé par la Banque mondiale, aspire d’accroître la production de la Semry avec la réhabilitation du périmètre rizicole. Avec des conséquences inestimables. Les experts nous expliquent que, quand une parcelle est admise à la réhabilitation, elle est asséchée et ne peut plus être cultivée.
Dans leur mouvement, les riziculteurs ont formulé un fagot de revendications. Mais la plus grande, reste le payement des indemnités prévues pour compenser la prise des parcelles. C’est d’ailleurs cela qui a poussé à la révolte, et a engendré des frustrations. Aucune réaction de la part du Top management de la Semry que nous avons sollicité. Certains cadres de l’entreprise n’ont pas souhaité s’exprimer sur le sujet.
La crainte de la famine reste forte pour ces planteurs, quand on sait combien les inondations dans cette localité ont fait des ravages. Les espaces de culture ont été détruits. Les riziculteurs sont obligés de s’approvisionner sur le marché, n’ayant aucune réserve.
Un calme apparent
Un petit calme est revenu dans les rues de Yagoua. Mais la tension est perceptible. Et les esprits avertis préviennent les autorités sur le fait que : « Les riziculteurs sont des gens imprévisibles. Tout peut éclater à tout moment », nous souffle une source. Une rencontrée avec les acteurs devait se tenir.
La seule solution pour définitivement tourner la page sur cette colère des riziculteurs, c’est de mettre leurs réclamations sur la table. Jean-Lazare Ndongo Ndongo, le préfet du Mayo-Danay, a pour cela initié une réunion de sortie de crise. Elle devait se tenir le mardi 27 janvier 2025. Seulement elle a été reportée.
Aucune raison ne circule, encore moins la date de la prochaine réunion de crise envisagée par le préfet Jean-Lazare Ndongo Ndongo. Tout ce que l’on sait c’est que les maires du Mayo-Danay et les chefs des villages y feront partie. Les autorités administratives veulent jouer la carte d’apaisement.
















