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Belgique : Le musée refuse ses archives du Congo aux américains

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L’AfricaMuseum de Tervuren a rejeté la demande d’accès de la société américaine KoBold Metals à ses archives sur le sous-sol congolais. Le musée de Belgique souhaite d’abord partager ces données avec le service géologique national de la RDC, afin de préserver l’éthique scientifique et le contrôle public.

Les fonds d’archives du grand musée belge consacré au Congo doivent-ils être partagés avec le secteur minier? La direction de l’AfricaMuseum dit avoir décliné la requête d’une entreprise américaine soupçonnée de vouloir monnayer des données précieuses, sur fond de course aux terres rares.

« Nous ne pouvons pas permettre à une société privée, qui a potentiellement des intérêts commerciaux, de se saisir d’un fonds d’archives complet, ça serait contraire à notre éthique en tant qu’institution scientifique », a déclaré jeudi à l’AFP Bart Ouvry, directeur de l’AfricaMuseum.

La demande de la firme américaine KoBold Metals, a-t-il expliqué, portait sur l’accès à quantité de données sur le sous-sol congolais afin de les numériser. Elle a été exprimée lors d’une visite en Belgique il y a environ six mois, selon lui.

La Belgique est l’ancienne puissance coloniale du Congo (l’actuelle RDC), devenu indépendant en 1960. L’AfricaMuseum, ou musée royal de l’Afrique centrale, situé à Tervuren au sud de Bruxelles, expose des millions d’objets et spécimens zoologiques datant souvent de la période coloniale.

Des archives léguées par des sociétés belges

Il renferme aussi des archives léguées dans les années 1960-70 par des sociétés belges ayant cessé leurs activités dans l’ex-colonie, notamment des cartes géologiques. Selon Bart Ouvry, il est question d' »un demi-kilomètre d’archives », que son institution compte numériser et rendre publiques d’ici quatre-cinq ans, dans le cadre d’un partenariat avec les autorités de la République démocratique du Congo, soutenu par des fonds européens.

Et la question de leur contrôle par des intérêts privés ne peut être tranchée par le musée ni par l’État belge, elle incombe aux autorités congolaises. « Nous voulons d’abord partager ces archives avec notre partenaire congolais qui est le service géologique national, parce qu’in fine la question de l’exploration minière et du développement économique (de la RDC) c’est la responsabilité du gouvernement congolais », a insisté M. Ouvry.

Même son de cloche du côté du gouvernement belge. « La Belgique ne peut pas accorder un accès privilégié et exclusif à une société privée étrangère avec laquelle elle n’a aucun lien contractuel, ce qui impacterait la recherche et la consultation publique », a affirmé Vanessa Matz, la ministre du Numérique, également en charge des institutions scientifiques fédérales. En toile de fond figure la question de l’approvisionnement en minerais essentiels pour l’industrie.

La RDC possède l’une des terres les plus riches 

Classée parmi les 15 pays les moins développés du monde, la RDC possède l’une des terres les plus riches de la planète, notamment en cuivre, cobalt, coltan et lithium, des matériaux utilisés pour la fabrication de composants pour l’armement, les téléphones mobiles ou les voitures électriques.

L’été dernier, KoBold Metals, start-up américaine utilisant l’intelligence artificielle pour découvrir des gisements minéraux, notamment le lithium, a signé un accord de principe avec Kinshasa pour l’exploration de « 1.700 carrés miniers » (unité de mesure cadastrale représentant environ 85 ha, ndlr).

Notamment financé par Jeff Bezos et Bill Gates, la firme a également obtenu l’accord des autorités de la RDC pour exploiter sa précieuse base de données minières.

Sollicité jeudi par l’AFP sur un présumé litige avec l’ , le cabinet du ministre congolais des Mines Louis Watum n’a pas répondu dans l’immédiat.

Cité mercredi par le Financial Times, M. Watum a dit souhaiter une accélération du partage des données belges. Il a donné des instructions en ce sens au service géologique national. « Ils m’ont donné des retours très positifs, donc je n’ai pas besoin d’insister davantage », a déclaré le ministre au quotidien britannique.

Mercredi, alors qu’il participait à une conférence du secteur minier africain organisée au Cap, Louis Watum s’est défendu d’avoir « bradé » le potentiel minier de la RDC aux États-Unis dans le cadre d’un récent accord entre les deux pays.

© Agence France-Presse

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