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Virage vaccinal américain : la nouvelle politique vaccinale sous le feu des critiques

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Trans Afrique

Lundi, symbole du virage vaccinal américain, le ministère de la Santé mené par Robert Kennedy Jr., figure du vaccinoscepticisme, a dévoilé une réforme majeure : la réduction des vaccins recommandés pour les enfants.

Donald Trump a immédiatement salué un « calendrier bien plus raisonnable », présenté comme un retour au bon sens.

Mais cette annonce a déclenché une vague de critiques parmi les spécialistes, qui y voient un affaiblissement dangereux du système de prévention pédiatrique.

Et derrière cette confrontation se joue bien plus qu’un simple ajustement technique : c’est la bataille entre science, idéologie et communication politique qui s’invite au cœur de la santé publique américaine.

Avec cette réforme, six vaccins auparavant recommandés à tous les enfants américains ne le seront plus que pour ceux jugés particulièrement à risque. Un basculement net. Et une réduction qui inquiète les spécialistes.

Cela concerne les vaccins contre la grippe, l’hépatite A et B, les méningocoques — responsables de méningites — ainsi que les vaccins contre les rotavirus, à l’origine de gastro‑entérites.

Le vaccin contre le Covid‑19, lui, avait déjà été retiré de la liste il y a quelques mois. Une réduction nette. Et un signal supplémentaire du virage engagé.

– Une réforme vaccinale revendiquée politiquement –

Le président Donald Trump avait demandé à son ministre de revoir la politique vaccinale américaine. Et de le faire en s’inspirant des pratiques d’autres pays développés. Le Danemark était cité comme modèle par le gouvernement. Une orientation assumée. Et un choix qui interroge.

« Après un passage en revue exhaustif des connaissances, nous alignons le calendrier américain des vaccinations pédiatriques sur le consensus international », a déclaré Robert Kennedy Jr. dans un communiqué. Une justification assumée. Et un message destiné à légitimer la réforme.

« Nous adoptons un calendrier bien plus raisonnable », a écrit lundi Donald Trump sur Truth Social. Il assure que les parents restent libres de vacciner leurs enfants avec l’ensemble des doses s’ils le souhaitent. Et que les assurances continueront de les couvrir. Un message destiné à rassurer. Et une défense assumée de sa réforme.

Mais de nombreux médecins s’inquiètent. Ils redoutent les conséquences de ces choix. Et ils alertent sur un affaiblissement de la protection des enfants. Une inquiétude qui monte. Et un signal que le débat dépasse désormais le seul terrain politique.

« Le calendrier américain des vaccins infantiles est l’un des outils les plus étudiés pour protéger les enfants de maladies graves, parfois mortelles », a réagi Sean O’Leary, spécialiste en maladies infectieuses et pédiatrie. Une défense claire. Et un rappel du consensus scientifique.

« Il est crucial que toute décision soit fondée sur des preuves », a‑t‑il insisté. Et non sur des comparaisons qui ignorent les différences majeures entre pays et systèmes de santé. Une mise en garde claire. Et un rappel des exigences scientifiques.

– Un virage vaccinal américain –

Des experts de l’université du Minnesota ont récemment mis en garde. Selon eux, l’exemple du Danemark n’est pas pertinent, même si le pays recommandait jusqu’ici moins de vaccins que les États‑Unis. Une précision importante. Et un rappel que les comparaisons internationales peuvent induire en erreur.

« Le calendrier du Danemark reflète les choix d’un petit pays homogène, doté d’un système de santé centralisé, d’un accès universel aux soins et d’infrastructures sociales solides », ont‑ils écrit. Et ils ajoutent : « Ces conditions n’existent pas aux États‑Unis. Loin de là.» Une mise au point sèche. Et un rappel des réalités américaines.

La direction prise par le gouvernement de Donald Trump suscite des critiques. Et elles émergent jusque dans le Parti républicain. Une fracture visible. Et un signe de plus du malaise interne.

La décision a provoqué une réaction immédiate. Sur X, le sénateur Bill Cassidy, médecin de formation, a dénoncé une mesure « sans base scientifique » et « sans transparence ». Selon lui, elle va alimenter la peur chez les patients et les médecins. Et elle risque de rendre l’Amérique plus malade encore. Une critique frontale. Et un avertissement politique.

Désormais, seuls 11 vaccins sont recommandés pour tous les enfants américains, contre 17 auparavant. En France, 12 vaccins restent obligatoires, dont ceux contre l’hépatite B et les méningocoques.

Le vaccin contre les rotavirus est recommandé. Et ceux contre la grippe et le Covid‑19 demeurent accessibles. Un contraste marqué. Et une divergence croissante entre politiques vaccinales.

– Précédents –

La mesure s’ajoute à une série de décisions marquées par le vaccinoscepticisme. Elle confirme une tendance. Et elle renforce les inquiétudes du corps médical.

En décembre, l’Agence américaine du médicament a annoncé qu’elle enquêtait sur de possibles décès liés aux vaccins contre le Covid‑19. Et cela, alors même que de nombreuses études ont déjà documenté leur efficacité et leur sécurité. Une contradiction apparente. Et un signal qui alimente le débat public.

Également en décembre, un groupe d’experts remanié par le ministre de la Santé a tranché. Il a décidé de cesser de recommander le vaccin contre l’hépatite B pour l’ensemble des nouveau‑nés. Une rupture nette. Et un choix qui surprend une partie du corps médical.

Ces initiatives inquiètent la communauté médicale américaine. Les taux de vaccination baissent depuis la pandémie de Covid‑19. Et cette tendance fait craindre le retour de maladies contagieuses et mortelles, comme la rougeole. Une alerte de plus. Et un risque sanitaire bien réel.

Source: Agence France-Presse

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