Dans un communiqué publié le 2 février 2026, le ministre de la Santé publique dresse un état actualisé de l’épidémie du VIH au Cameroun.
Le Cameroun continue d’enregistrer des avancées notables dans la lutte contre le VIH/Sida. C’est le principal enseignement de la deuxième enquête Camphia 2024/2025, rendue publique par le ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie. Réalisée de septembre 2024 à janvier 2025, cette enquête nationale permet d’actualiser les indicateurs clés de l’épidémie sur l’ensemble du territoire.
Selon les résultats, l’incidence annuelle du Vih est estimée à 0,15 % chez les personnes âgées de 15 à 49 ans. Ce chiffre correspond à environ 21 000 nouvelles infections par an. Il traduit une baisse sensible par rapport à l’incidence de 0,24 % observée lors de l’enquête Camphia 2017. Toutefois, les disparités de genre restent marquées.
Les femmes sont quatre fois plus touchées
L’incidence chez les femmes atteint 0,24 %, contre seulement 0,06 % chez les hommes. Autrement dit, les femmes sont quatre fois plus touchées par les nouvelles infections. Cette tendance se confirme également au niveau de la prévalence nationale du VIH.
La prévalence est estimée à 2,6 % chez les 15-49 ans, contre 3,4 % en 2017. En chiffres absolus, environ 503 000 adultes vivent actuellement avec le VIH au Cameroun. Là encore, la féminisation de l’épidémie demeure préoccupante, avec un taux de 3,6 % chez les femmes contre 1,6 % chez les hommes.
Les disparités régionales sont tout aussi significatives. La prévalence varie de 1,5 % dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord. A 4,6 % dans le Centre, hors Yaoundé. Ces données suggèrent une circulation accrue du virus en dehors des grandes métropoles.
En matière de suppression virale, les résultats sont contrastés. Les performances sont élevées chez les personnes âgées, atteignant près de 95 % chez les 55 ans et plus. En revanche, les jeunes restent en retrait, avec des taux autour de 50 % chez les adolescents, jeunes femmes et hommes actifs.
Face à ces constats, le ministère appelle à renforcer le dépistage communautaire. Les femmes, adolescents et jeunes sont identifiés comme des cibles prioritaires. Ces efforts devront s’appuyer sur la Couverture Santé Universelle et les partenariats internationaux. Afin de rapprocher le Cameroun de l’objectif mondial d’élimination du Sida à l’horizon 2030.















